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    Ce qu’il y a de Mitterrand en Hollande

    media A gauche, François Mitterrand après sa victoire aux présidentielles en 1981, à droite, François Hollande après celle de 2012. PATRICK KOVARIK, DOMINIQUE FAGET / AFP

    Vingt ans après la mort de François Mitterrand, François Hollande sera ce vendredi 8 janvier à Jarnac pour déposer une gerbe sur la tombe du premier président socialiste de la Vème République. Dans la conquête du pouvoir et dans son exercice, François Hollande est bien l’héritier de Mitterrand.

    Il y a d’abord François, ce prénom si français. En mars 2015, François Hollande est en visite à Tunis et le président Béji Caïd Esebsi salue son homologue français, « Monsieur François Mitterrand ». Rires dans l’assistance. Et sourire de François Hollande. « Je m’excuse, cher ami », se rattrape le vieux raïs tunisien, 88 ans, en embrassant son homologue français : « C'est celui que je connaissais de mon âge ». Ils sont nombreux, les dirigeants de la planète, croisés par François Hollande depuis son élection, a avoir fait le lapsus, d’Angela Merkel au Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

    Au-delà de la singularité des deux seuls présidents socialistes que la France a connus, Hollande et Mitterrand ont quelques points communs. De longues années à diriger le parti socialiste, d’abord. Ils entrent à l’Elysée la même année, en 1981, Mitterrand comme président, Hollande comme conseiller, recruté par Jacques Attali avec Ségolène Royal et Jean-Louis Bianco, le futur secrétaire général de l’Elysée. « Il avait une force que j’ai sentie dès cette époque, se souvient celui qui a partagé son bureau pendant un an, rue de l’Elysée, juste en face du palais présidentiel. Ce jeune homme bourré de talents qui a l’audace en 1981 de se présenter aux législatives en Corrèze contre Jacques Chirac, ça montrait une ténacité et une confiance en soi qui laissaient présager qu’il pouvait avoir un destin. »

    Le jeune énarque n’a pas 30 ans, échoue face à Jacques Chirac, mais se forge, comme son modèle Mitterrand, un ancrage local, une terre, un terroir d’élection. La Nièvre pour Mitterrand, la Corrèze pour Hollande. « J’étais venu au lendemain d’une victoire ici en Corrèze, lâchait en 2012 le candidat socialiste à la tribune d’un meeting dans sa ville de Tulle, penché vers son auditoire, main agrippée au pupitre, comme le faisait François Mitterrand. Permettez-moi de partir de la Corrèze avec une victoire. Nous aurons bouclé la boucle, et j’aurais fait mon devoir. »

    Les leçons de 1981

    Dans les pas de Mitterrand, le mimétisme est plus ou moins conscient. Pendant la campagne de 2012, qui n’a pas pensé, en écoutant François Hollande au Bourget dénoncer son « véritable adversaire (…), le monde de la finance », à la célèbre tirade de François Mitterrand sur « les puissances d’argent » ?

    Mais Hollande, lui, n’a jamais promis de « changer la vie », l’un des slogans de Mitterrand. Héritier de Jacques Delors, davantage que de Mitterrand, plus social-démocrate que socialiste, François Hollande avait théorisé l’exercice du pouvoir, avec le tournant de la rigueur de 1983 en contre-modèle absolu. « Tout ne viendra pas tout de suite, disait-il pendant la campagne de 2012. Nous ferons peut-être l’inverse de ce qui a été fait dans notre histoire, celle de la gauche, où nous dépensons d’abord et nous redressons ensuite. Là il faudra redresser d’abord, et redistribuer ensuite ».

    Et pourtant, dans l’exercice du pouvoir, il y a quelques similitudes. Mitterrandisme et hollandisme seraient d’abord un pragmatisme. Mitterrand avait fustigé les institutions de la Ve République dans Le Coup d’Etat permanent, avant d’incarner la figure du monarque républicain pendant quatorze ans, un record. François Hollande, lui, avait tenté d’être un « président normal », avant d’être rattrapé par les institutions, et après avoir perdu une bonne part de son crédit.

    Autre point commun des deux hommes, des procès régulièrement intentés par les gardiens du temple socialiste. En cause, le tournant de la rigueur pour Mitterrand en 1983, et le pacte de responsabilité pour Hollande, sa politique pro-entreprises en 2014. Des virages opérés chacun moins de deux ans après leur élection. « Au pouvoir, et comme d’autres dirigeants européens sociaux-démocrates, tous les deux se sont rendus compte que les recettes classiques du parti socialiste pour créer de l’emploi et de la croissance ne marchaient pas, analyse le politologue Gérard Grunberg, spécialiste du parti socialiste. De ce point de vue-là, on peut dire qu’ils se sont éloignés d’un socialisme "traditionnel". Ils ont fait des compromis avec le libéralisme économique, c’est incontestable ».

    « La France unie »

    Dans l’exercice du pouvoir, Hollande, comme Mitterrand, devient de moins en moins socialiste. Avec une prime à la transgression pour l’actuel président – en témoigne l’affaire de la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux : au nom de l’unité nationale, en reprenant une proposition de la droite et de l’extrême droite, François Hollande hérisse sa majorité.

    « Il faut dépasser les clivages politiques », disait-il lors de ses vœux aux Français le 31 décembre. Comme un écho à « la France unie », le slogan que François Mitterrand avait choisi pour sa réélection en 1988. « Je pense qu’il a cela en tête, confirme Jean-Louis Bianco, l’ancien secrétaire général de l’Elysée sous Mitterrand. Avec les circonstances difficiles que nous traversons, le chômage de masse qui persiste, les attentats qui ont ensanglanté le pays en janvier et en novembre, les Français attendent de leurs dirigeants qu’ils sachent s’unir et se rassembler. Mais bien entendu que ça peut aussi servir ses intérêts électoraux ». « La France unie », pour Hollande en 2017, à une différence près, et de taille : François Mitterrand, lui, était assuré de se qualifier pour le second tour.

    ►A (RE)LIRE : Mitterrand l'Africain, entre conservatismes et ruptures

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