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    France

    En France, «le combat contre l’alcool est en train d’être perdu»

    media Les séances d’alcoolisation massive, appelées en anglais «binge drinking», sont en augmentation constante chez les jeunes, relève Claude Evin.. AFP PHOTO / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

    L’ancien ministre de la Santé français, Claude Evin, dont une loi contre l’alcoolisme et le tabagisme porte le nom, ne décolère pas. Dans un entretien au JDD publié le 10 janvier, il fustige les politiques qui, selon lui, ont cédé aux groupes de pression pour contourner la loi Evin adoptée en 1991.

    Il y a exactement 25 ans, la loi Evin était votée dans le but de lutter contre le tabagisme et l’alcoolisme. Aujourd’hui, l’ex-ministre socialiste de la Santé Claude Evin, dans un entretien au Journal du Dimanche, dit tout le mal qu’il pense de la nouvelle loi Santé adoptée en décembre. 

    Pour Claude Evin, « la loi Santé est un échec total sur l’alcool : elle légitime le contournement de la loi Evin ». Rappelant que l’alcool est « responsable de 135 morts par jour en France, le combat est en train d’être perdu », déplore celui qui a dirigé l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France jusqu’en septembre 2015.
     
    Information ou publicité, la confusion règne
     
    Depuis son adoption en 1991, les opposants à la loi Evin n’ont jamais cessé leurs assauts. Petit à petit, ils ont réussi à faire reculer l’interdiction de l’affichage par exemple. « Sous la pression des publicitaires et celle des viticulteurs qui dans cette affaire sont instrumentalisés, la publicité sur des affiches dans la rue a été rétablie trois ans après, celle sur Internet a été autorisée en 2009 », regrette Claude Evin.
     

    Selon la Prévention routière, l’alcoolémie positive d’un conducteur est présente dans les accidents causant 28% des tués sur la route. Getty Images / Picavet

    « La consommation excessive d’alcool tue, brise des familles (violence conjugale) et des vies (accidents de voiture), on ne peut donc pas en faire la promotion comme on le ferait par exemple d’un parfum », rappelle-t-il. Pourtant, la nouvelle loi de Santé de la ministre Marisol Touraine prévoit justement un assouplissement de la loi Evin au sujet de la publicité sur l’alcool faisant la distinction entre celle sur les boissons alcooliques, strictement encadrée, et ce que le législateur appelle l’« information œnologique ».       
     
    Claude Evin y voit un faux-semblant qui « permettra de présenter le vin ou d’autres alcools comme un produit attractif ». « Sous couvert d’oenotourisme, on pourra promouvoir n’importe quel produit. Les grands vainqueurs de ce recul sanitaire, prévoit-il, seront les publicitaires qui lorgnent ce marché gigantesque et les vendeurs de bières et d’alcools forts, qui vont s’engouffrer dans la brèche ».
     
    La santé après l’économie
     
    Le fait que nous soyons en crise a influencé le choix du gouvernement d’assouplir la loi afin de faciliter les exportations des alcools hexagonaux. Cette justification est loin de convaincre l’ancien ministre de la Santé. « C’est un faux argument, estime-t-il, encadrer la publicité ne limite pas les exportations ». Claude Evin sait bien que la « viticulture, ce sont des hommes et des femmes, de l’activité économique, une partie de l’image de la France… Mais, estime-t-il, on ne peut pas sacrifier la santé au nom de l’économie ».
     
    L’ex-ministre de la Santé estime cependant que « la politique de santé publique ne se résume pas à une loi ». Mais même en sortant de ce cadre, Claude Evin constate que le compte n’y est pas. « Pourquoi aucune action contre le "binge drinking" (beuveries), en augmentation constante chez les jeunes ? Il n’y a ni pédagogie, ni éducation sanitaire. L’alcool est un tabou en France, sans doute, pense-t-il, du fait que nous sommes un grand pays de production… et de consommation ». 

    L’alcool coûte à la France chaque année 120 milliards d’euros, selon une étude publiée en septembre 2015 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Avec près de 50 000 morts, l’alcool est la deuxième cause évitable de décès après le tabac (78 000 morts).

     

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