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    France

    2015, cette «annus horribilis» qui a relancé François Hollande

    media Le président Hollande, photographié le 10 janvier 2016 place de la République à Paris lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats de 2015. REUTERS/Charles Platiau

    2015, «l’année terrible», comme l'a appelée François Hollande, restera comme l'année qui a changé le visage du quinquennat en cours. Nous sommes le 11 janvier, un an jour pour jour après cette manifestation inédite de chefs d'Etat du monde entier, et cette foule immense à Paris, symbole de la fameuse unité nationale prônée à ce moment-là par le président français.

    Cette unité, François Hollande en parle pour la première fois le 7 janvier 2015, jour de l'attentat contre l'équipe de Charlie Hebdo, lors de la première allocution d’une longue série. Le visage figé, la voix blanche, le président de la République s’adresse aux Français en ces termes :

    « La France est grande quand elle est capable, dans une épreuve, de se mettre au meilleur niveau. La France a toujours vaincu ses ennemis quand elle a su faire bloc autour de ses valeurs. Le rassemblement, le rassemblement pour tous, sous toutes ses formes : voilà quelle doit être notre réponse. »

    Et Hollande parla d'une extension de la déchéance de nationalité

    Rassembler le pays, cela veut dire, en ce mois de janvier 2015, le protéger bien sûr, mais aussi penser au « vivre ensemble ». Juste après les attentats, Manuel Valls fustige par exemple ce qu'il appelle alors « l’apartheid social ». Mais au sein de l’exécutif, on ne pense pas qu’à la gestion des événements de janvier. Très vite, dans les semaines qui suivent, le sommet de l’Etat garde en tête que de nouveaux attentats peuvent se produire.

    François Hollande aurait rapidement, selon un conseiller, demandé au chef du gouvernement, à ses ministres de l'Intérieur et de la Défense, ceux qu’on appelle aujourd’hui ses « faucons », quelles mesures prendre en cas de nouveaux attentats. Mesures immédiates de protection, mesures politiques aussi.

    Le 16 novembre, quand le président s’exprime devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, après une deuxième vague d'attaques à Paris et Saint-Denis, le virage sécuritaire est amplifié. Mais il était depuis bien longtemps dans les cartons. Ceux de ses ministres qui le connaissent bien ne sont donc pas surpris de l’entendre reprendre à son compte des mesures prônées jusque-là par la droite et l’extrême-droite, comme la déchéance de nationalité pour faits de terrorisme.

    A chaque attentat, Hollande remonte dans les enquêtes d'opinion

    Père de la nation au centre du jeu, applaudi debout par toute la représentation nationale ; pour cette image inédite, ce statut incontesté d'artisan et bénéficiaire d’une unité nationale à forger de toutes pièces, François Hollande est donc allé plus loin que Nicolas Sarkozy l’avait jamais fait. Et dans l’opinion, ça lui réussit. C'est ce qu'explique David Revault d’Allonnes, grand reporter au journal Le Monde et auteur de l'ouvrage Les guerres du président :

    « Il y a eu deux moments, dans le quinquennat, où François Hollande a regagné des points de façon significative. Ce sont les semaines qui ont suivi les attentats de janvier et celles qui ont suivi les attentats de novembre. François Hollande prend 20 points de plus, selon les différents instituts. C'est quelque chose qui n'est jamais arrivé dans l'histoire de la Ve République. »

    Et le journaliste d'ajouter : « Finalement, pour lui, la seule façon de regagner du crédit, du terrain et de la présidentialité -qui lui étaient jusqu’ici très contestés-, ce sont les situations de guerre et de terrorisme. François Hollande, en fin tacticien, en fin politique, a évidemment parfaitement pris la mesure de ce que pouvait lui apporter la guerre et le terrorisme. Et donc, évidemment, il en joue. La séquence que nous vivons actuellement, avec la réforme constitutionnelle et la déchéance de nationalité, relève de cette logique. »

    Un appel pour une primaire à gauche lancé dans les pages de Libé

    Sauf que pour se remettre en selle politiquement, piéger la droite, l’addition est lourde. Avec la déchéance de nationalité, François Hollande a mis le feu aux poudres dans son camp. A l'instar de Christiane Taubira, garde des Sceaux, tout le monde doute, et certains très ouvertement.

    C'est même vrai parmi les plus proches du président, comme chez le socialiste Julien Dray. La semaine dernière sur BFMTV, il déclarait encore : « Tout le monde sait que ce n’est pas comme ça qu’on va lutter contre le terrorisme. Le problème de cette mesure, c’est qu’elle devait rassembler les Français et qu’en fait, elle va les diviser encore plus. C’est ubuesque. »

    A l'arrivée, un François Hollande prônant sans cesse l’unité nationale devient le diviseur en chef de son camp. Conséquence : si le débat sur le leadership du chef de l'Etat était clos, il reprend. Et avec lui, l’idée d'une primaire à gauche, qu’on croyait enterrée, revient. En témoigne cet appel d'intellectuels et de personnalités de gauche signé ce lundi 11 janvier 2016 dans les colonnes du journal quotidien Libération.

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