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    France

    Le camp de migrants de Grande Synthe s'apprête à déménager

    media Un migrant passe à cotés de tentes enlisées dans la boue, dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe, le 12 janvier 2016. REUTERS/Benoit Tessier

    Les 2 500 réfugiés présents dans le camp de Grande-Synthe, dans le nord de la France, devraient déménager courant février vers un site qui répond aux normes internationales. L’Etat, d’abord réfractaire à cette initiative du maire de la ville, vient finalement de donner son accord.
     

    Le maire de la commune de Grande-Synthe l’appelle « le camp de la honte ». Un terrain à moitié boisé, à moitié marécageux sur lequel sont installées des centaines de tentes de camping, les arceaux plantés directement dans plusieurs centimètres de boue. Certaines, déchirées, gisent au beau milieu des flaques, entre les lambeaux de poussettes, les restes de nourritures, et les chaussures trop usées. C’est ici que vivent 2 500 personnes, dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre.

    « Je n’ai pas pris de douche depuis un mois »

    En début de matinée, le camp s’éveille doucement. Au bord du chemin principal, une odeur pestilentielle pique le nez. Un agent de la mairie vide et nettoie la vingtaine de toilettes chimiques. Emmitouflés dans des écharpes, les migrants qui passent devant les sanitaires se couvrent le nez et se raclent la gorge.

    Les 2 500 hommes, femmes et enfants du camp doivent se partager 48 douches. « On arrive à fournir entre 200 et 250 douches par jour. C’est largement insuffisant pour un camp de cette taille », s’insurge Mathieu Baltazar, infirmier et chef de projet adjoint chez Médecins sans frontières.

    Alan, venu d’Irak, n’a pas pour habitude de les utiliser. « Elles sont sales, et l’eau est froide, je n’ai pas pris de douche depuis un mois ». Il montre ses mains, couvertes de plaques rouges. Pendant la conversation, Alan s’éclipse. Son ami dit en souriant « Il va aux toilettes… enfin dans la jungle ». Alan et ses amis n’utilisent pas non plus les toilettes du camp « immondes, et puants ». Depuis des semaines, ils vont faire leurs besoins dans les bois, à l’écart de la tente.

    Un camp devenu « ingérable »

    Le camp de Grande-Synthe n’a jamais été dans un tel état. Les premiers exilés désireux de partir en Grande-Bretagne s’y sont installés en 2006 à cause de sa proximité avec une station-service près de l’autoroute. Les camions stationnés leur permettaient alors de multiplier leurs chances de grimper dans les remorques direction Calais, puis l’Angleterre. « A cette époque, ils restaient 24 ou 48 heures, pas plus », se souvient Damien Carême, maire EELV de Grande-Synthe depuis 2001.

    Depuis l’été 2015 et la politique de sécurisation de la frontière franco-britannique, les réfugiés ont de plus en plus de difficultés à passer en Angleterre, mais ils sont toujours aussi nombreux à arriver. A peine quelques dizaines au mois de juillet, ils sont aujourd’hui 2 500. « C’est devenu ingérable », admet Damien Carême.

    « C’est pire qu’à Calais », reconnaît de son côté Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants, une association historique qui aide depuis des années les migrants en transit dans cette région. « A Calais, nous avons pu construire des cabanes, aujourd’hui encore nous en avons construit 20 ou 30. A Grande-Synthe, ça ne sont que des tentes de camping », regrette-t-il.

    Un migrant tient ses bottes couvertes de boue devant un graffiti où il est écrit «bienvenue dans la jungle». REUTERS/Pascal Rossignol

    Le déménagement approche

    Le camp de Grande-Synthe n’a pas vocation à durer. Les 20 hectares accueilleront bientôt un éco-quartier. Au mois de novembre 2015, en lien avec Médecins sans Frontières, le maire de la ville a accéléré le projet de déménagement des réfugiés vers un camp qui réponde aux normes sanitaires internationales.

    Mais alors qu’à la même époque, le gouvernement français lance les travaux pour la création d’un centre d’hébergement provisoire à Calais, Damien Carême et MSF se heurtent au refus de l’Etat, inquiet des risques sécuritaires liés à l’action des passeurs et à la proximité de l’autoroute du futur terrain.

    Après des semaines de négociations, et face à l’hiver moins clément des derniers jours, la préfecture du Nord a finalement annoncé lundi 11 janvier qu'elle ne s'’opposait pas au projet. Sans grand enthousiasme. « La position de l’Etat n’est pas de réinstaller un camp à Grande-Synthe, mais bien de trouver des solutions individuelles, l'asile, ou le transfert vers des centres d'accueil et d'orientation », a précisé Jean-François Cordet, préfet de la région Nord Pas-de-Calais-Picardie.

    500 tentes chauffées de 5 places chacune

    Avec cette ultime étape franchie, les travaux débuteront dans les jours prochains. Les équipes de Médecins sans Frontières sont déjà à pied d’œuvre. Le bail du terrain signé, il s’agit désormais de démarrer le vaste chantier pour installer au plus vite les 500 tentes chauffées de 5 places chacune, ainsi que les raccordements d’eau et les installations sanitaires.

    Le travail doit aussi se faire dans le camp de Grande-Synthe, auprès des migrants. Beaucoup craignent de devoir donner leur empreinte pour accéder au futur camp. « Mais c’est faux, le camp est absolument ouvert, nous n’avons pas vocation à construire une prison », précise Michel Janssens, chef de mission à Médecins sans Frontières. Les équipes de l’ONG iront à la rencontre des hommes, des femmes et des familles présents sur le camp. Il va falloir faire vite, car les délais sont courts. Le nouveau camp doit ouvrir dans un mois.

    Une peluche pour enfant abandonnée dans la boue. REUTERS/Pascal Rossignol

     

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