GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 5 Décembre
Mardi 6 Décembre
Mercredi 7 Décembre
Jeudi 8 Décembre
Aujourd'hui
Samedi 10 Décembre
Dimanche 11 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Présidentielle au Ghana: le président sortant a concédé sa défaite (parti)
    Dernières infos
    France

    Le prix Goncourt Mathias Enard rêve d’«un roman pensé en odorama»

    media Le prix Goncourt Mathias Enard lors de la séance de signatures au Festival international de programmes audiovisuels (Fipa). Siegfried Forster / RFI

    Plus de 200 000 exemplaires de son roman Boussole ont déjà été vendus. Invité au Festival international de programmes audiovisuels (FIPA), le prix Goncourt Mathias Enard s’explique sur sa relation avec la télévision, son rêve d’un roman sensoriel en odorama et sur l’actualité de l’Orient.

    Votre roman Boussole raconte l'histoire d’un musicologue viennois qui parcourt l’Orient. Le livre est sorti à un moment où la France semble plutôt être « déboussolée ». Quelles étaient les réactions les plus importantes par rapport à votre livre ?

    Mathias Enard : Le fait qu’on ait une boussole ne signifie pas forcément qu’on est déboussolé. Dans la réception du livre, c’était très intéressant de voir à quel point les gens ont une réelle curiosité pour le Moyen-Orient. C’est bien sûr aussi à cause des événements tragiques, mais pas uniquement. Ils souhaitent expliquer ou comprendre la violence, mais aussi retrouver une certaine sérénité. Ils sont avides de connaissance, de savoir et aussi de plaisir esthétique en ce qui concerne ces régions et leurs rapports avec l’Europe. Lors des signatures, c’était passionnant d'entendre les gens me disant : « Moi aussi, je vais en Syrie » ; « Moi aussi, j’ai vu Palmyre », « Moi aussi, je connais Alep » ou « J’ai vécu au Caire » ou « à Bagdad », « Qu’est-ce qui se passe ? », « Qu’est-ce qu’on peut faire en ce moment ? » Le livre est vraiment devenu un objet de débat autour de la situation actuelle du Moyen-Orient et de notre rapport à ces régions.

    Boussole représente un hommage à l’Orient, le contraire d’une certaine vision d’un Orient peuplé d’islamistes radicaux. En même temps, vous êtes invité à un Festival de la télévision où ce sont justement les films sur le jihadisme qui dominent le débat. Cela vous désole ?

    Non, dans un festival qui s’intéresse aussi aux documentaires, c’est logique qu’il y ait des films sur le jihad, le salafisme et sur toutes ces questions qui sont éminemment d’actualité. Mais une chose n’empêche pas l’autre. On ne peut pas nier la violence aujourd’hui. Il faut la documenter, il faut la comprendre, mais il ne faut pas oublier que tout le Moyen-Orient ou tout le monde arabe n’est pas qu’un régiment de fanatiques armés jusqu’aux dents. Il faut les deux : à la fois documenter et comprendre la violence qui est en cours et en même temps s’intéresser aussi à d’autres sujets.

    Quelle est votre relation avec la télévision ? Êtes-vous un téléspectateur régulier avec des séries fétiches ?

    Je suis un téléspectateur tout à fait moyen. Comme tout le monde, je regarde quelques séries télévisées. C’est l'une des parties très intéressantes de la création contemporaine de retrouver ce fonctionnement sur la longue durée. Un peu comme les feuilletonistes du 19e siècle pouvaient le faire dans les journaux de l’époque. Cette idée de séries, de choses sérielles, je trouve cela fascinant. Donc, je suis spectateur de cela. Ensuite, je ne suis pas un grand spectateur de la télévision en direct. J’utilise beaucoup plus les nouvelles technologies, mon ordinateur, Netflix, que la télévision traditionnelle.

    La télévision a-t-elle déjà inspiré votre travail littéraire ?

    Sans doute. Est-ce que j’en suis conscient ? Peut-être pas. Tout est influence. Comme disait le philosophe Gilles Deleuze, quand on est écrivain, on est un animal aux aguets. Tout ce qu’on peut trouver devient une source d’inspiration et très certainement aussi la télé.

    Vous êtes aussi un gourmet, avec un restaurant libanais à Barcelone. Le FIPA a présenté la télé du futur qui prône la « narration sensuelle », avec des films à toucher, à manger, à sentir ou à renifler… Cela vous donne des idées pour une adaptation sensorielle et télévisée de votre roman Boussole ?

    Peut-être pas Boussole, mais je pourrais envisager un roman qui sera encore plus sensoriel. Un roman pensé en odorama. Un livre qu’on pourrait en même temps manger, humer, voir… Ça serait un très beau défi. Je vais y réfléchir.

    Lire aussi : «Salafistes», un documentaire choc qui fait débat au Fipa
    Lire aussi : Fipa 2016 : «La télévision est la chose la plus intime que nous ayons»

    29e Festival international de programmes audiovisuel (FIPA), du 19 au 24 janvier. Parmi les 1 300 films envoyés, issus de 70 pays, 140 œuvres ont été sélectionnées. 68 programmes sont en lice pour le Fipa d’or.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.