GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 27 Mai
Samedi 28 Mai
Dimanche 29 Mai
Lundi 30 Mai
Aujourd'hui
Mercredi 1 Juin
Jeudi 2 Juin
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    France: premières unités de déradicalisation dans les prisons

    media pour l'instant, seules les personnes poursuivies ou condamnées pour un acte déjà commis seront transférées dans ces quartiers dédiés à la déradicalisation. REUTERS/Charles Platiau

    C'est ce lundi 25 janvier 2016 qu'était donné le coup d’envoi du programme de déradicalisation dans les prisons françaises. Deux unités spécifiques devant accueillir les détenus radicalisés ou en voie de radicalisation ont ouvert dans les départements du Val d'Oise et du Nord. Le programme avait été lancé il y a plusieurs années et avait connu une brusque accélération il y a un an.

    L’enquête sur les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, les 7 et 9 janvier 2015, alerte les services de l’Etat français sur l’urgence à agir. Il apparaît rapidement que les auteurs des attaques ont été en contact alors qu'ils étaient en prison. C'est le cas notamment pour Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi mais, avant eux, Mohamed Merah et Medhi Nemmouche avaient, eux aussi, été approchés par des islamistes radicaux lors de séjours en prison.

    Mi-janvier 2015, le gouvernement français décide donc d’accélérer son programme de déradicalisation des centres de détention. Il s’agit d’abord de recruter des agents pénitentiaires chargés de détecter les détenus à risque. En 2012, les prisons françaises comptaient 7 agents de renseignement formés à reconnaître les détenus en voie de radicalisation. Ils sont aujourd'hui près de 160 et devraient être au nombre de 185 d'ici quelques mois.

    Ensuite, il s’agit de prendre en charge ces détenus. C'est l’objectif des quartiers dédiés qui ont commencé à ouvrir leurs portes ce lundi. Ils sont deux, pour l'instant, mais le programme en prévoit cinq d'ici à la fin du mois de mars avec une capacité d'accueil d’une vingtaine de détenus chacun, soit un total d'un peu plus de cent personnes jugées  « radicalisées » ou  « en voie de radicalisation ».

    Le problème, c'est que personne ne s’accord vraiment sur la définition du terme « radicalisé » ni sur les méthodes ou les critères de détection des détenus susceptibles de rejoindre une cause terroriste au nom d’une religion. « L’outil d’évaluation n’est pas encore stabilisé », justifie Géraldine Blin, fraîchement nommée directrice du projet de lutte contre la radicalisation en milieu carcéral.

    Ce qui est évident lorsque le détenu à commis un acte  « en lien avec une entreprise terroriste » (pour reprendre le terme judiciaire) l’est effectivement beaucoup moins lorsqu'il s'agit de déterminer qui est  « en voie de radicalisation ». Du coup, pour l'instant, seules les personnes poursuivies ou condamnées pour un acte déjà commis seront transférées dans ces quartiers, qu’elles se soient rendues en Syrie pour combattre aux côtés des djihadistes ou que, restées sur le sol français, elles se réclament ouvertement d'un mouvement terroriste islamiste.

    Quel fonctionnement pour ces unités ?

    Le placement en unité dédiée devrait durer au moins six mois avec, d'abord, une période d'évaluation de deux à six semaines. Maintenus en cellules individuelles, les prisonniers seront « triés », en quelque sorte. Les plus endurcis seront maintenus à l'isolement ; ceux qui sont considérés comme pouvant avoir une influence néfaste sur les autres détenus resteront dans les unités dédiées ; les autres retrouveront le régime ordinaire de détention, mais tous devront obligatoirement suivre un programme intensif de déradicalisation : quatre demi-journées, par semaine, d'enseignement général et de séances de travail en groupe avec l'aide d'intervenants extérieurs (victimes de terrorisme, djihadistes repentis, psychologues…) L'objectif, assure Géraldine Blin, est « d’amener ces détenus à se désengager de la violence, pour prévenir la récidive ».

    Tout ce processus est expérimental. La centaine d'agents pénitentiaires déjà affectés à ce programme l’ont rejoint sur la base du volontariat. Leur formation de trois semaines a commencé le 7 janvier dernier et vient de s’achever avant leur déploiement dans les premières unités dédiées. Une centaine d'agents, alors que l'on estime le nombre de détenus radicalisés ou en voie de radicalisation à entre 700 et 2 000, en France.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.