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    France

    La France, malade du mal-logement selon la Fondation Abbé Pierre

    media En France, 3,8 millions de personnes sont concernées par la crise du logement. AFP PHOTO JOEL SAGET

    La Fondation Abbé Pierre présente ce jeudi son rapport sur l’état de mal-logement en France. Soixante-deux ans après l’appel historique de son fondateur en faveur des sans-abri, cette année elle met en lumière les liens qui existent entre le logement et la santé.

    Une fois de plus, la Fondation Abbé Pierre tire la sonnette d’alarme. 3,8 millions de personnes en France sont touchées aujourd’hui par la crise du logement. Soit parce qu’elles n’ont pas de domicile personnel soit parce qu’elles vivent dans des conditions indignes n’ayant pas de ressources suffisantes pour payer les loyers devenus excessivement chers.

    Les conséquences de cette situation sont très inquiétantes. « Nous assistons, souligne Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, à un accroissement de l’exclusion et des inégalités, à un "décrochage" des classes populaires qui craignent de plus en plus de basculer dans la pauvreté et à une accentuation de la ségrégation territoriale entre ceux qui peuvent choisir leur ville ou leur quartier et ceux qui n’ont aucune chance de se rapprocher par exemple de leur lieu de travail ou de changer tout simplement de vie. »

    Un problème de santé publique

    Mais le mal-logement n’est pas qu’un problème social. C’est aussi un grave problème de santé publique. L’espérance de vie des personnes qui n’ont pas de domicile fixe n’excède pas 49 ans. Et selon une enquête épidémiologique de l’INSERM, elles sont 2 000 chaque année à mourir à cause de l’absence de toit.

    La France compte par ailleurs environ 600 000 logements indécents, insalubres ou dangereux qui aggravent les risques de maladie. Ce sont des appartements passoires thermiques, impossibles à chauffer l’hiver, humides, sans aucune insonorisation, infestés par des souris ou des cafards.

    Les répercussions possibles sur la santé de leurs occupants sont innombrables. Les moisissures causées par l’humidité sont toxiques et peuvent provoquer des allergies et l’asthme. Le manque de chauffage ou un chauffage insuffisant est à l’origine de bronchites à répétitions. Et même si le saturnisme infantile lié au plomb contenu dans les peintures des vieux logements a heureusement régressé, on estime que plus de 5 000 enfants en France en sont encore atteints.

    Le mal-être et le logement

    Les conséquences du mal-logement sur la santé des personnes peuvent être aussi moins visibles, plus diffuses et plus difficiles à mesurer. « Nous savons par exemple, remarque Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, que les personnes qui sont en surpeuplement dans leur logement souffrent souvent d’anxiété, de stress, de dépression, de dévalorisation de soi. Si le logement est bruyant car mal isolé, ou bien s’il y a des cafards, apparaissent des problèmes de sommeil. Et tous les médecins le disent : quand on dort mal, on vit mal. »

    Que faire ?

    Selon la Fondation Abbé Pierre, les troubles de santé causés par le mal-logement ne sont pas traités convenablement en France, les acteurs du social travaillant d’un côté et les acteurs du médical de l’autre. Et quand on règle le souci de santé sans résoudre les difficultés de logement, rien ne peut s’arranger. La Fondation Abbé Pierre préconise donc une approche globale du problème ainsi qu’une coordination efficace entre les différents services.

    Et en termes de politique de logement, une évidence s’impose : la France manque cruellement de logements, tout particulièrement de logements de qualité à loyer accessible pour les ménages modestes. En 2015, 350 000 logements ont été construits, alors que l’on en attendait 500 000. 150 000 nouveaux logements sociaux avaient été promis, seuls 110 000 ont été mis en chantier ou agréés. « Il faut donc tout faire pour relancer la construction ! Et apporter de toute urgence des solutions aux personnes qui dorment dans la rue, dans des abris de fortune ou dans des bidonvilles. La France a les moyens de résoudre ce grave problème de société et de santé publique », concluent les auteurs du 21e rapport de la Fondation Abbé Pierre.

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