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    France

    Jacques Rivette, «le cinéaste de la femme» est mort

    media Le réalisateur Jacques Rivette, ici en 2009, est décédé le 29 janvier 2016, à l’âge de 87 ans. DAMIEN MEYER / AFP

    Avec « La Religieuse », il avait provoqué la censure et la polémique dans les années 1960. Ce vendredi 29 janvier, le réalisateur français Jacques Rivette, l’une des figures emblématiques de la Nouvelle Vague (« L’Amour fou », « La Belle Noiseuse »), est décédé à l’âge de 87 ans.

    L’image qui reste après la trentaine de films tournés ? Peut-être celle qui avait rendu célèbre Emmanuelle Béart dans le rôle de l'objet de désir, La Belle Noiseuse, en 1991, aux côtés de Michel Piccoli et Jane Birkin. Mais il y a aussi sa Jeanne d’Arc Sandrine Bonnaire dans le diptyque Jeanne la Pucelle, réalisé en 1994.

    L’énigme Jacques Rivette

    Même après sa mort à l’âge de 87 ans, Jacques Rivette reste une énigme. Maître de messages codés, des images subliminales, il s’agit d’un réalisateur mystérieux qui n’a jamais cherché la provocation. Malgré lui, il s’est retrouvé dès son deuxième film en 1966 frappé par la censure avec La Religieuse (« Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot »). L’Eglise catholique et des associations de parents d’écoles avaient crié au « film blasphématoire » à cause d’un récit où une jeune fille mise de force dans un couvent refuse de prononcer ses vœux.

    Et comme aujourd’hui Claude Lanzmann pour Salafistes (« un chef d’œuvre »), à l’époque, c’était Jean-Luc Godard qui défendait, dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Culture, avec audace (« ministre de la Kultur »), mais finalement sans succès La Religieuse contre la censure. Deux ministres avaient refusé le visa d’exploitation avant que cette fresque cinématographique sorte finalement un an plus tard, assorti d’une interdiction aux moins de 18 ans. La vraie « réhabilitation » du film n’interviendra qu’en 1975 par une décision du Conseil d’Etat d’annuler la censure pratiquée.

    Fondateur de la Gazette du cinéma

    Né le 1er mars 1928 à Rouen, ce fils de pharmacien aiguise son regard d’abord en tant que critique de cinéma. Tout avait commencé à Paris, en 1949. Rivette a 21 ans et croise au ciné-club du Quartier Latin Maurice Schérer, le futur Éric Rohmer. Avec ce dernier et Jean-Luc Godard, il crée en 1950 la Gazette du cinéma, mais écrit aussi pour les Cahiers du cinéma.  Entre 1963 et 1965, il occupe même le poste de rédacteur en chef de la plus prestigieuse revue cinématographique avant de passer totalement derrière la caméra.

    Assistant pour « French Cancan »

    Assistant de Jacques Becker et de Jean Renoir (French Cancan), en 1956, il crée la surprise avec son court métrage Le Coup du Berger, tourné dans l’appartement de Claude Chabrol. Paris nous appartient, son premier long métrage, fut un échec commercial total et raconte justement son époque à travers d’une jeune troupe de théâtre en manque d’argent essayant quand même de monter une pièce de Shakespeare. La distribution réunit une brochette de futures stars du cinéma français : de Jean-Claude Brialy en passant par Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Jacques Demy, jusqu’à Jacques Rivette lui-même…

    Oser l’improvisation

    Sa nature de réalisateur était toujours imprégnée d’une envie d’expérimenter, d’oser l’improvisation, d’explorer l’inconnu, franchir les normes, interroger la relation entre film et spectateurs. Avec une durée de plus de quatre heures, L’Amour fou (1969) est son premier film-fleuve, avant de récidiver avec Noli me tangere dont la version originale s’approche des treize heures.

    Sans surprise, il ne trouvera pas de distributeur, mais sa façon d’élaborer un film et de créer ses personnages avec les acteurs séduit de plus en plus de comédiennes devenues célèbres : de sa muse Bulle Ogier (présente dans sept longs métrages de Rivette), Anne Karina et Géraldine Chaplin jusqu’à Sandrine Bonnaire, Jeanne Balibar et Emmanuelle Béart…

    « Je n’ai que toi »

    L’incarnation de La Belle Noiseuse fera une réapparition impressionnante dans l’Histoire de Marie et Julien, sortie en 2003. Ce drame psychologique laisse libre cours aussi bien à la beauté absolue qu’aux pulsions destructrices, à la force des secrets comme à la magie de l’amour. « Je ne veux pas te perdre. Je n’ai que toi », murmure Emmanuelle Béart à l’écran. Jacques Rivette, le cinéaste de la femme, nous hantera encore longtemps.

    ► Lire aussi : Jacques Rivette, «Jeu de pistes»

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