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    «Murmures à la jeunesse», le livre surprise de Christiane Taubira

    media L'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira publie aux éditions Philippe Rey un livre dans lequel elle critique l'extension de la déchéance de la nationalité. philippe-rey.fr

    Il y a cinq jours à peine, Christiane Taubira quittait le gouvernement pour cause de « désaccord politique majeur ». L'ex-ministre de la Justice revient au centre des attentions avec la publication mardi 2 février d'un livre intitulé Murmures à la jeunesse (Editions Philippe Rey). Un essai d'une centaine de pages, écrit alors qu'elle était encore garde des Sceaux, et dans lequel elle critique longuement la déchéance de nationalité défendue par le gouvernement. Quarante mille exemplaires sont mis en vente.

    Christiane Taubira a bien préparé sa sortie. La désormais ex-garde des Sceaux a rédigé dans le plus grand secret un ouvrage publié ce lundi 1er février. Cet essai, titré Murmures à la jeunesse, est un véritable coup d’éclat politique habilement élaboré.

    On appelle ça un « livre sous X », c’est ainsi qu’il a été présenté aux libraires pour éviter les fuites. Un ouvrage d’un peu moins de 100 pages, imprimé en Espagne, acheminé sur des palettes opaques et tiré à 40 000 exemplaires.

    Un livre surtout écrit à toute vitesse. L’éditeur a été contacté le 10 janvier, le bouquin a été achevé le 18 janvier. Christiane Taubira ne voulait pas traîner. La parution intervient ainsi quelques jours avant le débat parlementaire sur la déchéance de nationalité.

    Au sommet de l’Etat, seul François Hollande était au courant et a lu l’œuvre de son ancienne ministre. Le président de la République a reçu les épreuves le vendredi 22 janvier, soit la veille de son entretien avec la garde des Sceaux et leur décision commune, dit-on, d’un départ de Christiane Taubira.

    Autrement dit, le chef de l'Etat a reçu l'ouvrage cinq jours avant l'officialisation de la démission de sa ministre, au retour de son déplacement en Inde. Signe que tout s’est fait dans la précipitation : sur la quatrième de couverture, l’auteur y est encore présentée comme « garde des Sceaux et ministre de la Justice ».

    Réquisitoire contre la déchéance de nationalité

    Arrivant quatre jours avant le début de l’examen du projet de loi constitutionnelle à l’Assemblée nationale, ce livre devrait peser sur les discussions. Constitutionnalisation de l’Etat d’urgence, déchéance de nationalité, ce texte divise la majorité depuis des semaines et Christiane Taubira apporte ici de l’eau au moulin des contestataires.

    Si son livre ne se réduit pas à cela - le premier tiers est consacré au péril terroriste en général -, vingt pages vont être lues avec une attention maximale. Vingt pages de réquisitoire contre la déchéance de nationalité, une mesure inefficace dans la lutte antiterroriste et pas dissuasive, considère l’ex-garde des Sceaux qui s’en prend surtout au symbole.

    « Osons le dire : un pays doit être capable de se débrouiller avec ses nationaux. Que serait le monde si chaque pays expulsait ses nationaux de naissance considérés comme indésirables ? Faudrait-il imaginer une terre-déchetterie où ils seraient regroupés ? », interroge-t-elle.

    « Ce symbole, c’est une proclamation qu’être binational est un sursis, ajoute l'ancienne ministre. Et une menace : celle que les obsédés de la différence, les maniaques de l’exclusion, les obnubilés de l’expulsion feront peser sur ceux qu’ils ne perçoivent que comme la cinquième colonne. »

    Murmures à la jeunesse est une plaidoirie véhémente, forcément lyrique de la part de Christiane Taubira qui n’a pas lésiné sur le réservoir à citations littéraires. Pas besoin d’avoir beaucoup d’imagination pour deviner l’usage qu’en feront les opposants à la mesure lors du débat parlementaire.

    Hollande et Valls s’en sortent indemnes

    Avec ce livre, l’égérie de la gauche ne cherche pas à descendre en flamme le couple exécutif. Il n’a rien à voir par exemple avec les pages très dures pour François Hollande et son gouvernement de l’ex-ministre écologiste du Logement Cécile Duflot. Pas un mot pour Manuel Valls et pourtant, c’est peu dire que ces deux-là ne s’aiment pas et qu’ils se sont souvent affrontés.

    A peine quelques critiques voilées, à fleurets mouchetés. Christiane Taubira écrit : « Il faut refuser de capituler intellectuellement, il faut comprendre pour anticiper. » Une réponse en creux à la phrase du chef du gouvernement : « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. »

    Quant au président de la République, il a droit à un hommage appuyé dans la postface du livre. Mme Taubira salue son attitude dans les heures et les jours qui ont suivi les attentats de novembre 2015. On est donc bien loin du règlement de compte, bien loin, jure aussi Christiane Taubira, de la rampe de lancement pour une primaire à gauche.

    Est-ce pour autant un premier jalon en vue d’une candidature à la tête de l’Etat ? Il y a un précédent, note-t-on à Matignon. En 2002, quand Lionel Jospin était éliminé dès le premier tour de la présidentielle.

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