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    «L'Odorat», un film olfactif relance la narration sensorielle au cinéma

    media Après un accident de voiture, Molly Birnbaum avait perdu le sens de l’odorat. Dans «L'Odorat», documentaire réalisé par le cinéaste canadien Kim Nguyen, elle raconte sa quête de retrouver des sensations olfactives. Jupiter Film

    Une image en dit parfois plus que mille mots. Et une odeur, raconte-t-elle plus qu’un film ? À partir du mercredi 10 février, vous pouvez tenter l’expérience. À Paris, le réalisateur canadien Kim Nguyen, sélectionné en 2013 aux Oscars, propose son nouveau documentaire L'Odorat, en version « olfactive », au cinéma Publicis sur les Champs-Élysées.

    À l’écran, un chasseur de truffes italien essaie de nous faire partager les arômes enivrants de la truffe blanche d’Alba. En même temps, nous, assis dans notre siège de cinéma, nous reniflons ce parfum d’une complexité inouïe, allant de fruits doux aux sensations âcres, jusqu’à l’ail et des légumes ou de la viande en décomposition.

    « On voulait offrir aux spectateurs de retrouver un peu ce sens qu’on a oublié dans notre monde moderne. Une expérience où l’on découvre l’importance de l’odorat dans notre vie de tous les jours », explique Kim Nguyen. Le réalisateur canadien de LOdorat, très marqué par le livre culte Le Parfum de Patrick Süskind, nous propose un voyage cinématographique exceptionnel dans l’empire du sens olfactif.

    Le mystère de l’ambre gris

    Une jeune femme, obsédée par l'idée de retrouver son odorat après un accident de voiture, nous guide dans cette aventure. Avec elle, on explore les dimensions humaines, culturelles et scientifiques de ce sens souvent négligé. On découvre les mystères de l’odeur avec l’ambre gris, ce « caca » de baleine acheté à des prix astronomiques par les parfumeurs.

    On plonge dans l’énigme de l’attirance sexuelle par l’odorat aussi bien chez les plantes, les animaux et les hommes. Le tout est entrecroisé par des interviews d’experts et de scientifiques de tous genres : chef cuisinier trois étoiles, spécialistes du vin, du thé, du safran, du parfum, de l’odorat sexuel, de la mémoire olfactive des accidentés…

    Des scènes olfactives comme « sous-titres »

    Mais alors, comment transformer cette expérience purement cinématographique en une aventure réellement olfactive ? Pour réussir cet exploit au cinéma Publicis, les spectateurs sont « entourés » de six petites boîtes, des « haut-parleurs » olfactifs, conçus par Clément Jeanjean, le président de la société Scentys.

    « C’est une technologie qui utilise plusieurs points de diffusion, répartis autour de la salle. Sur chaque point de diffusion, il y a tous les parfums disponibles. Le tout est piloté en réseaux et synchronisé avec le film, comme un sous-titre », explique-t-il.

    Des molécules odorantes capricieuses

    Reste un problème de taille : les odeurs s’avèrent aussi complexes que capricieuses, témoigne Roland Salesse, chercheur en neurobiologie olfactive à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) : « On est incapable de définir une gamme d’odeurs comme on définit une gamme de notes en musique. Et la diffusion des odeurs n’est pas un problème vraiment résolu. »

    « Il s’agit de molécules matérielles portées par l’air, rappelle M. Salesse. Donc, elles diffusent très lentement, à la différence de la lumière ou du son qui arrivent quasi instantanément. Les molécules odorantes, il leur faut plusieurs secondes voire minutes pour arriver dans le nez des spectateurs. Et ensuite, pour les évacuer, c’est presque pire ! Donc, faire un spectacle olfactif est très difficile. »

    L’histoire d’un échec commercial

    Le cinéma olfactif n’est pas à son premier essai. Dès 1906, un cinéma américain en Pennsylvanie avait renforcé les sensations d’images par l’odeur d’un drap imprégné d’essence de rose diffusée par un ventilateur. Des procédés divers et variés ont été élaborés en passant par le Smell-O-Rama, la Scentovision ou l’AromaRama jusqu’à la Smell-o-vision.

    Jusqu’ici, d’un point de vue artistique et commercial, tous ont échoué. Même le système olfactif développé en 2006 pour Le Nouveau monde de Terrence Malick n’a pas fait exception à la règle, comme l’expérience « 4D » de Spy Kids en 2011, avec ses lunettes 3D et ses cartes odorantes.

    Le pouvoir du spectateur

    Malgré tout cela, le distributeur Jan Roeloffs de Jupiter Films y croit très fort pour L'Odorat. « C’est une méthode tout à fait particulière qui n’a rien à voir avec tout ce qui a été fait avant, assure-t-il. Ce qui est nouveau, c’est le fait de diffuser ces senteurs en même temps qu’elles apparaissent à l’écran. Le spectateur n’a pas à gratter un papier ou à chercher la carte numéro X, il est surpris à l’image de voir qu’on parle de la truffe et de le sentir en même temps. »

    Assistons-nous à une nouvelle alchimie entre des images et des molécules odorantes ? Les parfums du safran, du pain d’épice ou de la truffe réussiront-t-ils à déclencher de sensations inconnues et différentes chez chaque spectateur ? Maintenant, c’est au public à regarder et renifler L'Odorat en séance cinématographique pour partager ensuite ses expériences odorantes.

    Un chasseur de truffe dans « L'Odorat », documentaire réalisé par le cinéaste canadien Kim Nguyen. Jupiter Communications

    Odorat, un documentaire de Kim Nguyen, en séance olfactive au cinéma Publicis Champs-Elysées à partir du mercredi 10 février à 20 h, suivi d’un débat avec le réalisateur.

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