Réécouter
Ecouter Paris, écouter les villes du monde
Ecouter Bobo-Dioulasso avec les enfants
Ecouter les villes du monde
 
GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 24 Mai
Mercredi 25 Mai
Jeudi 26 Mai
Vendredi 27 Mai
Aujourd'hui
Dimanche 29 Mai
Lundi 30 Mai
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    France

    Riad Sattouf: «Esther existe vraiment»

    media Riad Sattouf est l’auteur de nombreuses bandes dessinées (« Retour au collège », « Pascal Brutal », Fauve d’or 2010, ou « La Vie secrète des jeunes ») et cinéaste (« Les beaux gosses », César du meilleur premier film ; « Jacky au royaume des filles »). Olivier Marty

    Le jeune bédéiste Riad Sattouf a connu un succès international avec son autobiographie en bande dessinée, le récit de son enfance en Syrie : « L’Arabe du futur ». Riad Sattouf revient en librairie avec le premier tome des « Cahiers d’Esther ». Cette fois, il recueille les confidences d'une petite fille. Entretien.

    RFI : Cette Esther, âgée de 9 ans, existe-t-elle réellement ?

    Riad Sattouf : Oui, Esther existe vraiment. Elle va bientôt avoir 11 ans. C’est la fille d’un couple d’amis à moi. Je l’avais rencontrée au moment où j’étais en train de faire ma bande dessinée L’Arabe du futur dans laquelle j’étais en train de raconter ma propre enfance. Entretemps, cette petite fille avait beaucoup grandi. Elle s’est mise à me parler de son enfance à elle, donc de comment elle voyait le monde, ses copains de son école, des trucs qui l’intéressaient, comment elle voyait le futur… J’ai eu tout de suite envie de mettre en perspective ce qu’elle me racontait avec les propres souvenirs de ma jeunesse, ce que je racontais d’une jeunesse au Moyen-Orient dans L’Arabe du futur.  Avec Les Cahiers d’Ester, j’ai eu envie de raconter une jeunesse en France en 2016.

    Avant L’Arabe du futur il y avait eu Retour au collège et Les Beaux Gosses. Qu’est-ce qui vous séduit et travaille autant dans le fait de rapporter le quotidien des jeunes ?

    Plus que le quotidien des jeunes je crois que j’aime beaucoup le point de vue sur le monde pris à partir de l’enfance. Le grand maître de cette démarche était le Petit Nicolas de Goscinny. Il montrait le monde des adultes à travers le regard d’un enfant. Et soudain il y a énormément de choses qui deviennent complètement absurdes. C’est un point de vue que j’aime beaucoup et qui correspond aussi vraiment à une réalité, parce que la vraie Esther, quand elle a essayé de m’expliquer des choses qu’elle ne comprend pas du tout, des choses du monde des adultes, elle a une manière un peu désarmante de raconter ça. En effet, il y a des choses qui deviennent complètement absurdes. Et c’est très drôle, je trouve.

    En plus, Esther est une petite fille. Donc c’est peut-être aussi un monde nouveau pour vous. C’est en tout cas différent pour le petit garçon que vous étiez.

    Oui, c’est vrai. Quand la vraie Esther s’est mise à me raconter ses goûts musicaux, quels étaient les critères pour un garçon pour être beau, quels étaient les critères pour une fille pour être séduisante, combien d’enfants elle voulait avoir, etc., je me suis dit que c’était un monde très différent du monde des garçons que j’avais connu. Et comme je suis très intéressé par la façon dont se construit l’identité sexuelle, l’identité de genre des gens, ça m’intéressait beaucoup de savoir où elle trouvait ses références et de comment lui venaient les conventions de la société.

    Je suis très intéressé par le fait de décrire le monde secret des enfants. Je garde vraiment en souvenir de mon enfance ce double monde, ce monde parallèle des adultes où les enfants au contact des adultes se comportent d’une certaine manière et dès que les adultes ne sont plus là, il y a autre chose. Donc voilà, il y a un ordre des enfants, ils ont des comportements qu’ils ne laissent pas voir aux adultes. Et ce monde-là, la vraie Esther m’y a donné accès et j’étais très heureux de pouvoir l’observer aujourd’hui.

    Est-ce qu’il y a des points communs avec les souvenirs que vous gardez de votre propre enfance ?

    Ça m’a étonné parce que, en effet, il y a beaucoup de points communs qu’on ne pourrait pas croire, entre une école privée à Paris et une petite école d’un village pauvre en Syrie à côté de Homs dans les années 1980. Mais le principal point commun c’est que les garçons et les filles ne parlent pas.

    C’est marrant, ces choses-là évoluent, parce que ce sont des conventions qu’elles semblent s’imposer les unes aux autres et que les garçons s’imposent les uns aux autres. Il y en a toujours qui ne sont pas dans ces conventions-là, mais ils sont un peu exclus. D’ailleurs, Esther me racontait l’histoire d’un petit garçon qui s’appelle Mitchell, qui détestait le foot et qui était amoureux des filles. Il allait les voir en leur disant : je t’aime. Sauf qu’en fait il se faisait frapper par les filles tout le temps ! Il était ultra-malheureux parce qu’il ne s’inscrivait pas dans l’ordre des choses de cette école-là. Donc il était très malheureux, très exclu. Et j’aime bien raconter et observer ces choses-là.

    Dans Les Cahiers d’Esther, cette fille a donc 9-10 ans. Allez-vous la suivre tous les ans pour en faire la chronique de son passage à l’âge adulte ?

    C’est le but de ce projet. J’aimerais la suivre jusqu’à ses 18 ans, parce que c’est la majorité, c’est le début de l’âge adulte. Je vais essayer d’en faire un album par an et la voir grandir, de voir comment évoluent ses références, ses valeurs morales, sa conception de la société… Après il faut qu’elle soit encore intéressée par me raconter des histoires, ce qui n’est pas sûr et certain. Quand elle sera ado, elle en aura peut-être ras-le-bol et me dira d’aller me faire voir.

    ► Les Cahiers d’Esther, roman graphique de Riad Sattouf, éditions Allary, 56 pages. 16,90 euros.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.