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    France

    Valls-Aubry, le tandem qui menace de pourrir la fin du mandat de Hollande

    media Le Premier ministre français Manuel Valls, en compagnie de l'ancienne ministre du Travail Martine Aubry, dans sa ville de Lille en 2014. PHILIPPE HUGUEN / AFP

    Avec sa tribune au vitriol dans le quotidien Le Monde, Martine Aubry a lancé l'attaque, mercredi 24 février. Depuis lors, la maire de Lille ne s’arrête plus : interviews, conférences de presse... Et toujours des mots très durs contre la politique du gouvernement, mais aussi contre son animateur, le Premier ministre Manuel Valls. Un affrontement où se mêlent sentiments personnels, et deux visions différentes de l'action politique en général, et du rôle que doit remplir le Parti socialiste en France en particulier.

    La « guerre des roses », épisode 2 337. L'affrontement entre « deux gauches » est une figure classique sur ce côté de l’échiquier politique en France. Dans le cas qui nous intéresse ces jours-ci, deux caps s'opposent au sein même de la gauche réformiste : sociale-libérale d'un côté, avec Manuel Valls ; sociale-démocrate de l'autre, avec Martine Aubry. Dans la configuration actuelle, l'affrontement se joue sur la ligne économique, on le voit tout particulièrement depuis quelques jours avec le débat virulent sur la réforme du Code du travail.

    Mais cet affrontement se joue aussi au niveau des alliances. Quand Martine Aubry veut une gauche rassemblée « rouge, rose, vert », la fameuse « gauche plurielle » des années Lionel Jospin, Manuel Valls entend de son côté dynamiter les configurations traditionnelles, regarder vers le centre et repousser toutes les oppositions et les critiques dans le camp d’une gauche qui serait « archaïque ». C’est pour cela que depuis mercredi, ses amis entonnent l’air du « Aubry-Mélenchon, même combat. » Et c’est pour cela que la maire de Lille riposte, et répète en boucle : « La gauche moderne, c’est nous. »

    Aux prémices du duel Valls-Aubry

    Ce n’est pas la première fois que ces deux-là s’affrontent sur ce sujet. En 2009, ils avaient déjà étalé leur querelle sur la place publique. Martine Aubry était alors première secrétaire du PS, quand Manuel Valls n’avait qu’une poignée d’amis au sein de l’appareil. Mais déjà, le futur Premier ministre arborait le costume du « provocateur en chef » au sein du Parti socialiste. L’ambitieux député-maire d’Evry le faisait savoir : il voulait refonder le parti et changer son nom. Le mot « socialisme », disait-il, c'est dépassé, cela sonne XIXe siècle. Un sacrilège pour la Lilloise.

    Et Martine Aurby d'écrire alors une lettre à Manuel Valls, qu’elle rendra d'ailleurs publique. Trois feuillets qui commençaient par un « Cher Manuel », et se terminaient par ces mots : « Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences, et quitter le PS. » L'intéressé avait bien sûr refusé, et avait même répondu à la patronne du parti, notamment à l'aide de cette image qu’il fera publier dans la presse : son visage avec du scotch sur la bouche. Qu'avait pensé François Hollande dans cette affaire ? Il n'avait pas pris parti, préférant lancer la formule suivante : « Je préfère ne rien dire, ni sur l'un, ni sur l'autre. »

    Le dilemme de François Hollande

    Cinq ans après cette passe d'armes, François Hollande semblait avoir fait son choix, lorsqu'en 2014, il a nommé Manuel Valls à Matignon. Mais avait-il vraiment choisi, ou était-ce une impression qu'il donnait ? En privé, les amis du président étrillent souvent le Premier ministre, l’accusent de brutaliser la majorité et de jouer sa carte personnelle. Mais une chose est sûre : le chef du gouvernement sort pour l’instant gagnant de cet épisode. Il sculpte son image de grand réformateur, que les « archaïques » veulent brider. Et reprend au passage, enfin, l’avantage sur Emmanuel Macron, son fougueux ministre de l’Economie qui semblait lui avoir volé le feu de la modernité.

    Certains des proches de Manuel Valls disent déjà que s’il n’obtient pas gain de cause, il pourrait claquer la porte de Matignon, laissant un François Hollande lessivé par le quinquennat, l’absence de résultats et l’impopularité, se fracasser sur le premier tour de l'élection présidentielle en 2017. Dans tous les cas, Martine Aubry refuse de lui laisser le champ libre ; elle ne veut pas qu’il devienne le patron incontournable de la majorité. Bref, tout se passe comme si dans cet épisode, tout le monde est déjà projeté dans « l’après ». L’après François Hollande, faut-il comprendre.

    Beaucoup de socialistes, aujourd’hui, pensent en effet que l'actuel président de la République ne fera qu’un seul quinquennat. Le chef de l'Etat, lui, est pour l'heure en déplacement à Buenos Aires, auprès de son homologue argentin récemment élu, Mauricio Macri. Donc, François Hollande se tait. Mais en son absence, l'ambiance est fébrile à l’Elysée. A lui désormais de choisir ou de temporiser. S’affranchira-t-il une bonne fois pour toutes de sa majorité avec Manuel Valls, ou tentera-t-il de se réconcilier au moins en partie avec son camp ?


    ■ Sur RTL ce jeudi, Martine Aubry a appelé Manuel Valls à débattre avec elle :

    « Je crois très franchement que dans ma vie, je me suis sali les mains. Est-ce qu’il y a quelqu’un, plus que moi, qui s’est battu pour les socialistes quand j’étais premier secrétaire pour que François Hollande réussisse ? J’ai toujours essayé de faire gagner mon camp. Et c’est encore parce que je souhaite qu’il gagne aujourd’hui.

    Certains aujourd’hui soutiennent Manuels Valls, et moi je n’ai aucun problème personnel ! Simplement, nous sommes en désaccord, nous sommes dans un parti démocratique. Vous savez, quand j’ai pris la tête du Parti socialiste, il fallait voir comme il était éclaté ! On a réussi à faire travailler tout le monde ensemble. Et pour ça, il faut accepter le débat et ne pas propager des insultes. »

    Martine Aubry « ne fait pas le début d'une proposition »

    Le Premier ministre a répondu à Martine Aubry, également dans les colonnes du Monde. Il ne manque pas de souligner que l'ex-première secrétaire du Parti socialiste ne fait pas « le début d'une proposition ».

    Manuel Valls a depuis longtemps tiré un trait sur cette gauche-là. A ses yeux, vouloir ressusciter l'ancienne « gauche plurielle » serait synonyme d'échec en 2017. Le chef du gouvernement monte donc au front tandis qu'à des milliers de kilomètres de Paris, François Hollande fait le dos rond en Amérique latine. Les rôles sont bien répartis et les deux hommes sont, sur la même ligne (sur la déchéance ou sur le Code du travail), affirme Manuel Valls.

    Finalement, toute cette affaire l'arrange bien, lui qui ne cesse de tracer sa route sociale-libérale, de rêver de bâtir ce qu'il appelle sa « maison commune », le rassemblement de « toutes les forces progressistes ».

    Aujourd'hui, ce n'est donc pas lui qui doit « clarifier » sa position, mais le chef de l'Etat : désavouer ou soutenir son Premier ministre ? Tenter de se rabibocher avec la gauche traditionnelle ou l'oublier ? Martine Aubry, quant à elle, pourra en remettre une couche ce soir. Elle doit participer, à Lille, à un débat sur une éventuelle primaire à gauche.

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