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    France

    France: Hollande vivement chahuté à l'ouverture du Salon de l'agriculture

    media François Hollande, avec son ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, face à Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), au Salon de l'agriculture 2016 le 27 février. REUTERS/Benoit Tessier

    Le Salon de l’agriculture a ouvert ses portes, ce samedi 27 février à Paris. A un peu plus d'un an de l'élection présidentielle, c'est un rendez-vous incontournable. D’ailleurs, il n’était pas encore 7 h du matin ce samedi que François Hollande, à peine revenu d'Uruguay, arpentait déjà ses allées. Mais le chef de l'Etat a été très chahuté, dans un contexte de crise profonde du secteur agricole français. Un incident a eu lieu sur le stand du ministère de l'Agriculture, contraignant les CRS à intervenir.

    L'Elysée s'y attendait, et ça n'a pas manqué. Ce samedi matin porte de Versailles à Paris, à l'ouverture du Salon de l'agriculture, le président Hollande a essuyé des huées, des sifflets et des insultes. Des débordements rares à cette heure matinale, dans cette partie du Salon qui n’est pas ouverte au public. Quelques dizaines d'éleveurs attendaient le chef de l'Etat à côté de vaches charolaises. Ils portaient des t-shirts noirs sur lesquels était écrit : « Je suis éleveur, je meurs. » Le problème : la chute des prix du lait imputée aux pressions du secteur de la distribution. Mais aussi ceux de la viande ou encore des céréales.

    Tentatives de jets de bouses de vache, insultes qui fusent dans le dos du président, et réplique musclée de la sécurité. Le dialogue qui a suivi s’est avéré très tendu : « Les aides du gouvernement sont insuffisantes, on va tous crever ! », a-t-on entendu. Des éleveurs, au bord de la crise de nerfs, ont crié : « Hollande démission ! » quand le président de la République s’éloignait. Peu avant cela, un agriculteur avait réussi à exposer le fond du problème au chef de l'Etat : « La situation est extrêmement grave. Aujourd'hui, dans les relations commerciales, M. le président, face à des géants industriels, face aux distributeurs M. le président, les éleveurs sont démunis. Vous pouvez, vous devez faire quelque chose ! »

    Au milieu des sifflets, François Hollande livre son sentiment sur la situation avec un éleveur 27/02/2016 - par Anissa El Jabri Écouter

    « Si je suis venu dans le Salon, ce n'est pas simplement pour consommer des produits ; c'est pas pour faire un tour ; c'est pas pour me produire ; c'est pas pour préparer une échéance. Si je suis venu dans le Salon, c'est pour entendre, y compris les cris, qui étaient des cris de douleur, qui étaient des cris de souffrance et qui pouvaient même aller au-delà », a commenté M. Hollande auprès de la presse. Et de lancer ses pistes de réflexion face à cette situation.

    Hollande propose de revoir une loi de l'époque Sarkozy

    Le président français en appelle d'abord à l'UE : « Au niveau européen, il va falloir, dans les prochains jours, prendre des décisions sur la régulation des marchés. On va être amené aussi à avoir des prix d'intervention, notamment pour le lait. Et sans doute aussi avoir l'étiquetage qui nous permette, pour les produits transformés, ceux que nous consommons tous les jours, d'avoir la certitude de l'origine France. Il va falloir se battre, et moi je me bats. »

    « Je demande aussi que l'Europe comprenne la solidarité, plaide M. Hollande. La France demande aujourd'hui non pas la solidarité à l'égard de l'agriculture française, elle demande la solidarité à l'égard de l'agriculture européenne. » « Enfin, il y a des pressions qu'il faut exercer, ici en France, sur la grande distribution », a ajouté le chef de l'Etat. « Une loi a été votée il y a quelques années, elle doit être revue », a lancé François Hollande, en référence à la LME de 2008.

    Les négociations tarifaires annuelles entre acheteurs et fournisseurs s'achèvent dans deux jours exactement. Des éleveurs ont dénoncé la teneur de ces négociations, accusant la grande distribution de faire pression sur les fournisseurs pour obtenir des baisses de prix. Selon M. Hollande, « il n'est pas possible, si dans quelques jours il n'y a pas un accord entre les grands distributeurs, et les éleveurs, notamment les producteurs laitiers (...) de garder cette loi. Elle sera modifiée. Je ne veux pas que ce soient les agriculteurs qui soient le victimes d'organisations qui font pression pour que les prix soient toujours les plus bas. »

    Stand du ministère de l'Agriculture, ce samedi 27 février. REUTERS/Benoit Tessier

    Le stand du ministère de l'Agriculture totalement saccagé

    Les déclarations du président n'ont pas suffi à calmer certains éleveurs pour autant. Plus tard, des heurts ont en effet éclaté lorsque des manifestants ont totalement démonté le stand du ministère de l'Agriculture, où le président n'était pas présent. Des CRS ont dû intervenir pour maîtriser et mettre à l'écart certains protestataires. Sur place, le dispositif de sécurité est d'ailleurs impressionnant, compte tenu des alertes attentats, explique-t-on à l’Elysée. Mais au-delà du risque terroriste, c'est bien le secteur de l'élevage qui en veut au président.

    Les CRS contraints d'intervenir au Salon de l'agriculture. REUTERS/Benoit Tessier

    Après les heurts, plusieurs dizaines de manifestants ont continué à manifester leur mécontentement à coups de sifflet. A chaque pas, l'impopularité record du président lui a sauté au visage. Visage crispé, mâchoires serrées, regard noir comme rarement, François Hollande avait l'air certes concentré ce samedi matin, mais très sec également. A un agriculteur, qui avait sorti son téléphone à son passage, il a rétorqué : « Non, cette année pas de photo. »

    Le président français François Hollande, signant un livre d'or, le 27 février 2016 au Salon de l'agriculture. REUTERS/Benoit Tessier

    Le Salon de l'agriculture est un évènement convivial, et le chef de l'Etat a donc pu continuer sa visite à travers les stands. Interrogé plus loin sur les critiques qui entourent son projet de réforme du Code du travail, François Hollande a cependant plaidé pour une distinction entre les sujets : « Il ne faut pas confondre toutes les colères. Là, il y a une production, des éleveurs qui sont non pas en difficulté, mais pour certains d'entre eux au bord de la disparition (...) Si les agriculteurs viennent à disparaître, si les exploitations viennent à fermer, c'est tout le pays qui aura à en souffrir. »

    La plus courte visite du président depuis 2012

    Mais François Hollande a tout de même répondu : « Il y a des réformes qu'il faut faire, des équilibres qu'il faut trouver, mais il faut aussi faire avancer la France, trouver la souplesse nécessaire pour être compétitif, et la sécurité. Ça vaut pour les agriculteurs, ça vaut pour les travailleurs. Et moi, mon rôle, c'est de ne jamais être dans l'idée que le mieux à faire, c'est de ne rien faire. » Martine Aubry, les co-signataires de sa tribune violente contre la politique du gouvernement et les socialistes sont prévenus : le président a bien l'intention de continuer ses réformes, y compris contre son camp.

    Au total, M. Hollande aura passé six heures auprès des exposants agricoles cette année, quittant la porte de Versailles à la mi-journée. C'était la visite la plus courte qu'il ait effectuée sur place depuis le début de son quinquennat. « Ce 53e salon est sans doute l'un des plus durs à vivre pour les agriculteurs », a lâché le chef de l'Etat, dans un entretien à la chaîne Campagne TV, juste avant la fin de sa visite. C'est, à tout le moins, le plus dur Salon qu'il ait vécu lui-même en tant que chef de l'Etat.

    Xavier Beulin plaide pour l'étiquetage «origine France» dans les rayons 27/02/2016 - par Anissa El Jabri Écouter

    Le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Xavier Beulin, en est conscient : « C'est pas une visite comme les autres, c'est pas un Salon comme les autres, les difficultés sont là, elles sont durables, elles sont profondes. Il y a beaucoup de colère, il y a beaucoup de désespoir, il y a beaucoup de désespérance. Oui, ce matin, on a raison d'être en colère. Il se trouve qu'il y a eu un incident, on l'a réglé, c'est la vie syndicale, c'est la vie de tous les jours », a-t-il expliqué.

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