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    France

    Le retour de la syphilis dans le sillage des pratiques sexuelles à risque

    media Le Treponema pallidum ou tréponème pâle, la bactérie responsable de la syphilis chez l'Hmme. Getty/ SCIENCE ARTWORK/SCIENCE PHOTO LIBRARY

    Connue depuis des siècles, la syphilis est loin d’avoir disparu. Occultée par le sida, le zika et autres Ebola, la syphilis revient en force nous avertissent les épidémiologistes. En France, après quelques années de quasi-disparition, les organismes de surveillance sonnent l’alerte après avoir enregistré une multiplication des cas l’an dernier.

    Maladie « honteuse » que l’on croyait appartenir au passé, la syphilis qui avait pratiquement disparu en 1990 se rappelle à nous depuis une quinzaine d’années. En France, la déclaration obligatoire de la syphilis*, mise en place en 1942, a été abandonnée en 2000, car les cas de syphilis étaient devenus rares et exceptionnellement rapportés par les médecins, en particulier libéraux. 

    Près de 6 millions de nouveaux cas dans le monde
     
    Depuis, les praticiens ont réactualisé leurs connaissances devant la survenue de nouveaux cas. D’abord, ce retour de la syphilis a été constaté parmi les hommes homosexuels et bisexuels. Désormais, l’infection est dépistée de plus en plus fréquemment, mais en moindre proportion chez les hétérosexuels.
     
    La hausse du nombre de rapports non protégés, rapportée dans toutes les enquêtes sur la question des IST, explique la recrudescence de la syphilis comme celle des autres infections sexuellement transmissibles.
     
    En France, plus de 500 cas par an sont désormais rapportés sachant que ce nombre est probablement sous-évalué faute de déclaration obligatoire depuis 2000. Plus largement, entre 2000 et 2014, environ 8 300 syphilis récentes ont été déclarées par le réseau des cliniciens Résist en France métropolitaine, dont 38 % pour la seule région Ile-de-France (30 % en 2014).
     
    Aux Etats-Unis le phénomène est identique avec un doublement des cas entre 2005 et 2013 et un total de 16 000 personnes contaminées, selon le Centre de contrôle des maladies (CDC). Mais dans le monde, ce sont encore 5,6 millions de personnes qui seraient infectées, chaque année par le tréponème, selon l’OMS.   
     
    Cuba a éliminé la transmission mère-enfant de la syphilis     
     
    Cette infection sexuellement transmissible (IST) qu’on appelait autrefois « maladie vénérienne », est due à une bactérie, le Treponema pallidum ou tréponème pâle. On peut être infecté lors de rapports sexuels non protégés avec une personne contaminée par contact génital, oral ou anal.
     
    Comme le sida, la transmission de la syphilis peut également se produire de la mère à l’enfant au cours de la grossesse. L’OMS a fait de l’élimination de la syphilis chez la femme enceinte (1,9 million de femmes concernées) une priorité mondiale.
     
    L’enjeu est de taille puisque la syphilis est à l’origine de plus de 300 000 décès fœtaux et néonatals chaque année et expose 215 000 nourrissons à un risque accru de décès prématurés. Pourtant, l’élimination de la syphilis congénitale ne constitue une cible prioritaire pour l’OMS que depuis 2007.
     
    En 2015, Cuba est ainsi devenu le premier pays à être déclaré indemne de la transmission mère-enfant de la syphilis et du virus du sida. Douze pays sont par ailleurs reconnus par l’OMS comme « hautement prioritaires » pour l’élimination de la syphilis congénitale : la Chine, le Ghana, le Honduras, l’Indonésie, Madagascar, le Mozambique, le Myanmar, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la République centrafricaine, la Tanzanie, l’Uruguay et la Zambie.
     
    Là encore, le préservatif
     
    Il n’existe ni vaccin, ni traitement préventif contre la syphilis ; le préservatif (masculin ou féminin) est la seule protection contre l’infection, bien qu’il ne soit pas efficace à 100 %. Très contagieuse, la syphilis en fragilisant les muqueuses, a également la propriété de faciliter la contamination par le VIH/sida en cas de rapports non ou mal protégés.
     
    La syphilis se dépiste soit au microscope au tout début de l’infection ou, plus tard, grâce à une simple prise de sang. Des tests sont déjà largement utilisés y compris dans des pays à revenu faible. Ils sont fiables, faciles à administrer avec une formation minimale et les résultats peuvent être obtenus en 15 à 20 minutes.
     
    La mise sur le marché d’un double test de dépistage pour la syphilis et le VIH représente enfin un plus pour repérer et soigner la syphilis parce que les centres de lutte contre la transmission mère-enfant du virus du sida disposent de plus de moyens.
     
    Cette maladie qu’on appelait autrefois le « mal de Naples » ou encore le « mal des Français », a tué 120 000 personnes pour la seule année 1860 : heureusement, aujourd'hui elle se traite grâce à la pénicilline. Une seule piqûre débarrasse l’organisme du tréponème, mais n’offre cependant aucune protection pour d’éventuelles expositions futures. 
     
    *Après la levée en 2000 de la déclaration obligatoire de la syphilis, la recrudescence des cas a justifié la mise en place fin 2000 d'une surveillance reposant sur un réseau de centres de dépistage et de cliniciens volontaires.

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