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    Technologies

    France 24 lance Mashable FR pour séduire la génération «millenials»

    media Depuis le 8 mars, la déclinaison francophone de Mashable a fait son apparition sur la Toile. MashableFR

    Le groupe public France Médias Monde, qui regroupe RFI, France 24 et MCD, a lancé mardi 8 mars 2015 un nouveau site internet, fruit d'un partenariat inattendu, trouvé entre la chaîne de télévision France 24 et le groupe américain Mashable. Son nom : Mashable avec France 24, alias Mashable FR. Un site d'information gratuit, ciblant les recettes publicitaires, et résolument tourné vers la jeunesse peuplant les réseaux sociaux.

    « Chaque génération a besoin d’être inspirée, accompagnée par des médias dont elle fait ses emblèmes (...) Mashable aspire à devenir l’un des médias emblématiques des millenials, de la génération connectée, ou " Y " et bientôt " Z ", peu importe comment on la nomme. » Par ces quelques mots, l'adjoint au directeur de France 24 chargé des Nouveaux Médias, Sylvain Attal, a célébré mardi dans un éditorial l'avènement de « Mashable avec France 24 », ou « Mashable FR » pour faire court.

    Ce pureplayer est donc le dernier arrivant d'un paysage désormais bien rempli, celui de l'information francophone en ligne. Mais Mashable FR est aussi le fruit d'un partenariat qu'on n'attendait pas forcément à cet endroit. Ce partenariat réunit d'un côté le site américain d'information Mashable, un ancien blog geek créé en 2005 et devenu l'un des pureplayers les plus en vue aux Etats-Unis, et de l'autre la chaîne d'information française en continu France 24, télévision publique membre du groupe France Média Monde, au même titre que RFI.

    S'ouvrir à une génération plus curieuse qu'elle n'y paraît

    Sylvain Attal a supervisé ce rapprochement pour France 24. Il lui tardait donc de lancer son bébé. C'est désormais chose faite ! Mashable « vise d'abord les jeunes connectés - en gros, les 18-35 ou 40 ans, cette génération qui a grandi avec la révolution technologique du numérique, et qui depuis dix ans, est très centrée autour du mobile, du smartphone, qu'elle utilise pour pratiquement tout : se distraire, rester en contact avec sa communauté, ses amis, et aussi pour s'informer », décrypte l'adjoint au directeur de France 24, qui considère que les médias traditionnels se doivent impérativement de combler la fracture avec un public parfois mésestimé.

    « Sous prétexte que cette génération peut, tout à coup, s'intéresser à quelque chose de purement superficiel, on aurait tord de penser qu'elle est elle-même superficielle. Elle ne se met pas de barrière. Elle peut s’intéresser à quelque chose qui peut paraître superficiel, et le moment suivant se montrer intéressée par un thème de société comme les relations hommes-femmes dans l'entreprise », explique Sylvain Attal. Et d'insister sur un objectif : venir aux nouveaux lecteurs tels qu'ils sont, en leur proposant, en plus de l'information proposée par France 24 et ses différentes équipes, un cocktail multifruits qui leur correspondra sur des thèmes moins évidents pour la chaîne de prime abord.

    Se débarrasser de la règle du « mort-kilomètre »

    Concrètement, le résultat dévoilé au grand public mardi prend effectivement la forme d'un « melting pot », peut-être un peu fouilli de prime abord, mais bardé d'angles décalés, approfondis, plutôt bien écrits dans des styles et jargons accessibles à tous, et enrichis par le multimédia. Le tout sur des informations potentiellement « virales », de celles dont les utilisateurs de Facebook et consort raffolent. Pêle-mêle sur la page d'accueil, se cotoient ainsi l'actualité numérique, le digital et autres nouveautés technologiques décryptées pour ne parler que de ce qui a notamment fait le succès de Mashable.

    Mais aussi l'environnement, les rapports hommes-femmes, le monde du travail, ou encore les séries télévisées, les films, la musique, le politique, le social, le fooding... A la Une mercredi 9 mars : un suivi minute par minute de la manifestation parisienne contre l'avant-projet de loi El Khomri, doublé d'une analyse politique sur la position de Manuel Valls par rapport à la gauche. Du grand classique pour France 24. Sauf que tout autour, pléthore de contenus culturels très variés s'entremêlent. Et ce, sans la moindre frontière géographique, puisque l'un des objectifs affiché consiste à se débarasser de la règle du « mort-kilomètre », cette prime à l'actualité de proximité, face à une génération qui a désormais plus qu'un pied dans la globalisation.

    Une équipe jeune, et très majoritairement féminine

    De l'arrivée d'un maillot de football avec hijab pour les joueuses afghanes, le lecteur peut ainsi passer sans transition à la dernière tribune de l'égérie Kim Kardashian contre le body shaming. Un algorythme créé par Mashable, Velocity, se charge de faire remonter les contenus les plus prometteurs en terme de partage, et d'informer les journalistes sur ces contenus à fort potentiel qui peuplent d'autres sites. Histoire, éventuellement, de les encourager à reprendre tel ou tel sujet, telle ou telle vidéo divertissante ou instructive, parmi celles venant juste de faire leur apparition sur une plate-forme de partage.

    Pour composer son patchwork, la nouvelle équipe de Mashable pourra se nourrir de plusieurs sources. D'abord, des contenus issus des différents sites anglophones de Mashable dans le monde : aux Etats-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, en Australie, en Inde et à Singapour. Ces derniers seront traduits, adaptés à un public francophone, et enrichis. Le nouveau site récupèrera par ailleurs quelques contenus issus des rédactions de France 24, et notamment ses rédactions internet. Enfin, l'équipe de Mashable FR, une petite dizaine de personnes très jeunes - et très majoritairement des femmes -, se chargera aussi de dénicher des contenus sur internet et de rédiger ses propres articles.

    « Travailler avec les plus jeunes fait de moi un meilleur journaliste »

    Exemples d'articles « maison » déjà disponibles sur le site : cette enquête fouillée sur la place des femmes dans le milieu du hacking, ou cette analyse un peu gonzo sur le rapport des hommes aux robots à mesure que la science progresse en matière d'humanoïdes. Deux papiers réalisés par des nouvelles venues de l'équipe de Mashable FR, installée au sein des locaux de France 24 à Issy-les-Moulineaux, autour du non moins jeune Steven Jambot, rédacteur en chef adjoint. Ce dernier sera donc chargé d'animer les troupes autour des thématiques retenues, dont celles ayant fait le succès de Mashable aux Etats-Unis.

    De passage à Paris pour le lancement du nouveau site, le directeur opérationnel et responsable éditorial du groupe Mashable, Jim Roberts, se veut enthousiaste : « Je me suis toujours senti vraiment chanceux de travailler avec des jeunes. A partir d'un certain âge, on réalise qu'il y a encore tant de choses qu'il nous faut encore apprendre. Et les jeunes m'apprennent continuellement de nouvelles manières de s'exprimer, d'atteindre les gens. Je ne peux pas m'arrêter de parler de ça, de la manière dont travailler avec des personnes plus jeunes fait de moi un meilleur journaliste », explique cet ancien du quotidien The New York Times.

    Des transferts de technologie et d’expérience

    Avec ce nouveau partenariat surprenant, de son côté, le groupe américain pourra bénéficier d'une mine considérable de vidéos issues de la rédaction anglophone de France 24. « C'est très intéressant pour nous, car nous pensons que le futur de la communication, ce sera la vidéo », confirme M. Roberts, satisfait par ailleurs de voir Mashable mettre les pieds dans un monde en constante évolution, à savoir la Francophonie, avec sa démographie prometteuse. « Il est grandement question d'atteindre une audience qui a de l'esprit, des gens que nous sentons proches de nous dans leur manière de penser, dans leurs valeurs, dans leurs intérêts », décrypte le journaliste américain.

    Reste la question des recettes. La première année, le site Mashable FR percevra de quoi couvrir son budget de fonctionnement. Cet argent, le site internet l'a obtenu via le Fonds Google-AIPG pour l’innovation numérique de la presse (FINP), dont la vocation est d'aider au lancement de plates-formes d'information en ligne. Pour la suite, la cible, ce sont les recettes publicitaires. « On vise l'équilibre au bout de la troisième année », dit Sylvain Attal.

    « Nous pourrions trouver ici des opportunités commerciales »

    Les déficits, s'il y en a, seront, selon le plan d'affaires, assez limités et seront supportés à 50% par Mashable et à 50% par France 24. L'adjoint au directeur de France 24 estime ces dépenses justifées du point de vue de FMM, car il mise sur l'expérience réussie de Mashable et de ses services commerciaux pour pérenniser le modèle en France. Et particulièrement dans le groupe. Sylvain Attal retient par ailleurs que le média public français, et le groupe FMM tout entier, trouveront leur compte dans cet « investissement sur l'avenir ». « Il va y avoir des bénéfices en termes de transfert de technologies, en termes de transfert d'expériences. Le site il est entièrement " made in France ", ce sont entièrement les équipes de France Médias Monde qui l'ont conçu, elles ont déjà beaucoup appris », assure-t-il.

    Ces derniers mois, le lancement de Mashable FR a suscité le début d'une polémique dans les colonnes du journal Libération, qui s'est étonné que des fonds publics puissent venir financer l'installation d'un acteur privé américain sur un marché concurrentiel où des entreprises françaises s'arrachent déjà, entre elles, des recettes publicitaires loin d'être infinies. Mais le service public a-t-il vocation à perdre éternellement de l'argent sans chercher des pistes vers l'innovation ? La question n'est pas nouvelle. En attendant qu'elle trouve sa réponse, Jim Roberts assume être venu chercher des profits :

    « Nous sommes une entreprise commerciale, construite sur le modèle de la publicité, et les annonceurs vers lesquels nous pensons nous tourner sont, dans bien des cas, des producteurs de biens de consommation susceptibles d'être utilisés par des gens à travers toute l'Europe. Je pense que nous pourrions trouver ici des opportunités commerciales. Cela fait plus sens ici que dans d'autres parties du monde. Nous pourrions par exemple vendre de la publicité à l'une de ces grosses industries de l'automobile allemande, qui vend des voitures au Royaume-Uni, en France, etc. »

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