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    France

    Bettina Rheims: «J’ai toujours trouvé la photographie magique»

    media La photographe française Bettina Rheims. DR

    C’est un hymne aux femmes, toutes belles, très souvent célèbres, photographiées dans des poses érotiques ou troublantes. La Maison européenne de la photographie (MEP) à Paris présente jusqu’au 27 mars une vaste rétrospective de l'œuvre de Bettina Rheims. La photographe, née en 1952, à Neuilly-sur-Seine, a parfois flirté avec la pornographie, mais aborde aussi la question du genre alternant, depuis plus de trois décennies, travail de commandes pour la publicité ou les magazines et travaux plus personnels. Entretien.

    RFI : La Maison européenne de la photographie à Paris expose 180 de vos images et 35 ans de vos recherches artistiques.

    Bettina Rheims : C’est un parcours, j’aime bien ce mot, qui traverse à la fois des séries très personnelles que j’ai faites et aussi de ces images qui viennent de commandes de mode, de publicité, de cinéma, de musique, peu importe. Et de temps en temps, une des images qui était destinée à n’avoir qu’une vie très brève traverse ce miroir-là et elle devient une œuvre.

    Parmi les inédits, qu’est-ce qu’on peut voir ici ?

    Il y a une série sur Shanghai où Serge Bramly [romancier et spécialiste de la photographie, ndlr] et moi avons passé quasiment une année en 2002 quand la Chine s’ouvrait, quand Shanghai était une ville complètement folle, perdue entre la tradition - les gens en pyjama et à vélo - et les grues partout. On a fait 200 et quelques portraits de femmes à Shanghai, des plus modestes jusqu’aux plus puissantes. Puis c’est devenu un livre. Et ce travail-là a été peu montré en France.

    Tout le monde connaît peu ou prou une partie de votre travail, de vos photos qu’on a pu voir dans les magazines de mode. Vous avez même fait le portrait de Jacques Chirac en président de la République. Il y a comme un fil conducteur dans toute votre démarche artistique et dans toute cette exposition, c’est la femme puisque ce sont essentiellement des femmes qui sont photographiées. La plupart du temps, elles sont peu habillées ou nues, à la fois très sexuées et à la fois très glorieuses, glorifiées peut-être. Est-ce cela le fil conducteur de votre travail ?

    Il y a beaucoup de femmes, mais il y a aussi tout le travail sur le genre, sur la vie du Christ. Le fil rouge, c’est l’entre-deux. C’est quelque chose qui est en devenir, que ce soit des femmes - il y en a beaucoup, c’est la majorité- qui sont chaque fois entre l’extrême force, la fragilité, le bonheur et parfois aussi la tristesse ou la mélancolie; puis le passage dans la série des animaux empaillés entre la vie et la mort; le passage de ces jeunes gens qui sont en devenir d’une autre identité.

    Est-ce important que tous vos modèles soient tous très beaux ?

    La beauté dans mes photos, c’est une évidence. Elles sont belles, évidemment elles sont belles. Mais ça va plus loin. Elle est décalée. Par moment, elle est un peu distordue. Prenez la série des héroïnes, les femmes qui viennent s’abandonner sur un caillou dans le studio, sur un rocher. C’est un peu un travail sur la mélancolie. Bien sûr, ces femmes sont les plus belles du monde. Quand on parle de Tilda Swintonou de Laeticia Casta ou de Milla Jovovich, ce sont des femmes sublimes, mais elles ont accepté de jouer ce jeu qui consiste à ne plus être une star, à se perdre un peu et à perdre un peu de cette majesté pour la retrouver autrement.

    Est-ce que vous vous définiriez comme quelqu’un de provocant ?

    Je pense que ça n’a jamais été un ressort. Dérangée par moment, oui. Ouvrir des portes. Puis si des gens se sentent agressés, comme ça a été le cas quand INRI est sorti, le travail sur les Évangiles. Encore une fois, c’était un simple exercice de style auquel tous les artistes se sont livrés à la Renaissance, et après qui était de peindre la Bible. Moi, je l’ai photographiée à la manière d’aujourd’hui. Il y a des gens qui ont été heurtés dans leur foi et ce n’était profondément pas du tout notre souhait, ni notre désir. J’ai beaucoup de respect pour la foi et pour la croyance.

    Quand est-ce que vous avez su que la photographie serait votre moyen d’expression ?

    J’ai aimé la photographie quand j’étais enfant. Puis je l’ai oubliée. Mais j’aimais le tirage surtout. J’aimais le fait d’agiter ces cuves en plastique avec une espèce d’odeur un peu bizarre, chimique, de poser la feuille de papier et puis de voir apparaître l’image. J’ai toujours trouvé ça magique. La révélation absolument. Puis j’ai arrêté et le jour où j’ai recommencé, je me suis dit : voilà c’est ça que je veux faire.

    Bettina Rheims, rétrospective à la Maison européenne de la photographie à Paris, jusqu’au 27 mars.

    ► Lire aussi : Paris en Rose et en Rheims, RFI 9/4/2010

    ► Lire aussi : Les femmes photographes, toute une histoire, RFI 31/1/2015

     

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