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    France

    George Desvallières: une première rétrospective pour un peintre oublié

    media Détail de « Un coin du Moulin-Rouge », peinture de George Desvallières, réalisée en 1904. Collection particulière

    Entre art profane et sacré, entre foi et engagement militaire dans la Grande Guerre, l’artiste français George Desvallières est une figure du début du XXe siècle. Aujourd’hui, moins connu que beaucoup de ses contemporains, le Petit Palais à Paris lui consacre une première rétrospective : « George Desvallières, la peinture corps et âme ».

    George Desvallières, c’est un peu l’emblème d’une génération brisée par l’histoire. La Première Guerre mondiale va emporter dans ses tranchées tout espoir de beauté. Mais Desvallières est un artiste à part, un peintre hors-norme de cette époque. Curieux de toutes les formes d’art, son style va évoluer tout au long de ses 60 ans de carrière. Il va passer du dessin profane à la défense d’un certain fauvisme, pour se donner corps et âme à l’art sacré. Une œuvre marquée par une même quête : exprimer la lutte entre le corps et l’esprit.

    Applaudi par ses pairs

    En 90 œuvres, le Petit Palais montre chronologiquement cette incroyable évolution artistique d’un peintre qu’on avait oublié. Pourtant, à 22 ans à peine, sous l’influence de ses mentors, l’artiste symboliste Gustave Moreau et le peintre maniériste Jules-Élie Delaunay,  le jeune Desvallières est déjà applaudi par ses paires. Ses dessins au pastel, des portraits de sa famille, de ses amis pris sur le vif, se font remarquer dès 1883. Souvent très grands, imposants, colorées, ces dessins empruntent au symbolisme de ses maitres : corps musculeux, sensuels, poses guerrières, impérieuses, ses figures héroïques de l’Antiquité frappent l’imaginaire et lui ouvrent les portes du Salon d’automne du Petit Palais dès son inauguration.

    À la manière d’un Degas

    En 1903, le jeune peintre, accueilli bras ouvert par ses pairs, décide de se détacher de l’emprise symboliste et part à Londres. Il y découvre la vie nocturne des théâtres et des grands hôtels. À la manière d’un Degas ou d’un Toulouse-Lautrec, il parcourt aussi Montmartre et nous offre des portraits de femmes, de danseuses, de couples. Les femmes qu’il peint séduisent, elles sont modernes et semblent défier le monde encore en fête. Mais dans ces portraits presque irréels, on ressent déjà l’inquiétude morale du peintre, face à un monde désenchanté.

    De la peinture à la guerre

    La guerre de 14-18 va lui donner raison. Pire : elle lui prend son fils de 17 ans dès les premiers mois de bataille. À 53 ans, il abandonne la peinture et incorpore le 6e bataillon de chasseurs à pied. Jusqu’en 1918, Desvallières se bat sur le front des Vosges. Démobilisé, il reçoit la Légion d’honneur, reprend les pinceaux et est l’un des premiers artistes de l’époque à exprimer par sa peinture les épreuves de la guerre.

    Mais surtout, il retrouve la foi et défend un christianisme militant et social. À sa « conversion », il peint sans relâche des sujets religieux, mêlant sa vie familiale aux représentations du sacré. Il produit des vitraux, de grandes fresques où l’on retrouve apparitions mystiques, figure de saints et désastres de la guerre.

    Le regard sur une époque

    Peintre apôtre, il fonde même les Ateliers d’art sacré à Paris. À la fin de sa vie, un peu comme au début de sa carrière, quand il peignait des panneaux décoratifs pour l’hôtel particulier d’un de ses admirateurs ou des décors pour le théâtre du Châtelet, Desvallières décore des chapelles, des églises toujours avec ses grandes fresques où lumière et couleurs jaillissent. Des peintures qu’on prendrait aujourd’hui presque pour des couvertures de livres fantastiques. D’ailleurs sa descendance, venue en grand nombre au vernissage de l’exposition, est impressionnée de voir la modernité des œuvres de leur ancêtre. Son portrait à l’entrée de la galerie, on le retrouve dans le visage de ses multiples arrière-arrière-petits-fils, dont celui de Maximilien. Tous sont émus devant les souvenirs que représentent les œuvres de George Desvallières. Mais surtout ils sont fiers de voir qu’à travers la rétrospective des œuvres de l’artiste c’est un regard sur une époque que propose le Petit Palais.

    Détail de « La Grèce », peinture de George Desvallières, réalisée en 1910 .Huile sur toile. 143x158 cm. Collection particulière

    George Desvallières, la peinture corps et âme, rétrospective au Petit Palais, Paris, jusqu’au 17 juillet.

     

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