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    France: forte hausse du chômage en février

    media Le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant exercé aucune activité a augmenté de 1,1% en février 2016. REUTERS/Charles Platiau

    En France, le chômage est fortement reparti à la hausse en février. Le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant eu aucune activité le mois dernier a augmenté de près de 39 000 personnes, sa plus forte progression depuis septembre 2013.

    C'est un triste record que celui enregistré au mois de février 2016. Une hausse de 1,1% des demandeurs d'emploi de catégorie A, la catégorie des inscrits n'ayant exercé aucune activité professionnelle en France métropolitaine, soit 38 400 demandeurs en plus. Sur un an, le nombre d'inscrits a augmenté de 2,4% pour s'établir à 3 591 000 demandeurs en France métropolitaine, 3 852 000 en incluant les DOM-TOM. Le chômage augmente chez les jeunes de moins de 25 ans, alors que la tendance était plutôt orientée à la baisse depuis plusieurs mois. Il augmente de près de 1% aussi chez les plus de 50 ans, les seniors : près de 1% sur le mois de février.

    → A (ré)écouter : Le chômage, une exception française

    Au total et en incluant les demandeurs des catégories B et C qui ont eu une activité réduite ou partielle, on compte aujourd'hui en France 5 462 800 demandeurs d'emplois. Mais ces chiffres sont à prendre avec précaution. En effet, le mois dernier, il y avait eu un problème. Beaucoup de demandeurs n'avaient pas été comptabilisés parce qu'ils n'avaient pas mis leur dossier à jour à temps. Cette hausse pourrait être une correction des chiffres du mois de janvier, même si indépendamment de cela, la tendance reste à la hausse.

    Myriam El Khomri ne baisse pas les bras

    Nous avons besoin de réformes et ce n'est pas réformer pour réformer. C'est réformer avec un vrai projet de société, réformer pour qu'il y ait d'autres modes de régulation sociale, d'adaptation, réformer pour que les salariés aient des droits nouveaux.
    Myriam El Khomri, ministre du Travail 25/03/2016 - par Pauline Gleize Écouter

    Pour autant, cette nouvelle hausse du nombre de demandeurs d'emploi ne décourage pas la ministre du Travail. « Nous continuons à rencontrer de très fortes variations d'un mois à un autre, reconnaît Myriam El Khomri qui assure ne pas faire de « pari » ni de « pronostic » sur une inversion de la courbe du chômage tant souhaitée par le président François Hollande. « La seule pression que j'ai, poursuit-elle, c'est quand j'annonce ces chiffres, je pense à toutes ces femmes et ces hommes qui sont dans cette désespérance parfois, qui ont peur pour eux, pour leurs enfants, et qui sont aussi dans une forme de précarité ».

    « Ces résultats nous montrent aussi, au delà des mesures de court terme structurelles, que nous allons continuer à réformer notre pays jusqu'au bout », a ajouté la ministre qui en a profité pour vanter son projet de réforme du Code du travail présenté ce jeudi matin en conseil des ministres. Un texte qui vise, explique-t-elle « à développer de nouvelles réponses, à la fois pour encourager l'emploi durable, notamment l'emploi en CDI, en donnant plus de souplesse aux entreprises, la capacité de mieux s'adapter sur l'organisation du travail avec les représentants des salariés pour gagner dans la compétitivité de notre économie, mais en créant également des droits nouveaux. »

    Prudence à gauche, critiques à droite

    Chez les Républicains on regrette ces mauvais chiffres et on ne manque pas de critiquer l'action du gouvernement en la matière. « On voit qu'en tendance, sur les trois derniers mois, l'augmentation du chômage est encore malheureusement une réalité », regrette Valérie Debord, jointe par RFI. Pourtant, souligne la porte-parole des Républicains « la situation européenne et internationale est extrêmement positive. Le prix du pétrole et les taux de crédit à l'investissement devraient également nous permettre de réagir et d'avoir une situation plus positive comme l'ensemble des autres pays. Mais c'est vrai que ces chiffres sont plus qu'inquiétants. J'aimerais qu'ils fassent réagir le gouvernement par rapport aux charges et par rapport notamment à l'employabilité. Malheureusement, j'ai peur encore une fois que le gouvernement n'écoute pas et cela crée de la désespérance. »

    Côté socialiste, à l'Assemblée nationale, on ne désespère pas, même si certains restent très prudents sur l'hypothèse d'une amélioration rapide de la situation malgré les réformes engagées par le gouvernement. « La situation va rester compliquée car un certain nombre de fondamentaux de l'économie française ne sont pas encore réglés, commente le député socialiste Philippe Doucet, proche de Manuel Valls. Parce que si on est en train de s'améliorer en terme de compétitivité avec le pacte de responsabilité, on voit bien que pour ce qui est de la formation professionnelle et pour ce qui est de la qualification de ceux qui sont en recherche d'emploi, on est encore loin du compte. Quand vous regardez qui est massivement au chômage, ce sont des jeunes de moins de 25 ans qui sont sortis du système éducatif avec peu ou pas de qualifications, et des seniors. [...] Le fait qu'on ai pas par exemple avancé sur le marché du travail concernant les TPE [très petites entreprises] et PME [petites et moyennes entreprises], on le paye aujourd'hui. L'Allemagne sort plus vite en terme d'emploi parce que ses réformes elle les a fait en 2004 et 2005. »

    → Ecouter aussi : Le chômage français: mutation ou déclin?


    ■ Analyse

    Mathieu Plane, économiste à l'OFCE :

    « C'est un nouveau record qui est une mauvaise nouvelle parce qu'on se retrouve à un niveau très élevé, mais qui était en partie attendu par les bons chiffres du mois de janvier qui étaient notamment liés à un effet statistique un peu particulier, parce qu'on a eu beaucoup de sorties de pôle emploi au mois de janvier qui ne s'expliquaient pas vraiment. Ces personnes-là se sont donc réinscrites au mois de février, ce qui vient corriger le bon chiffre de janvier. Il faudrait donc plutôt regarder sur les deux mois et même sur les deux mois, même si la hausse est quand même beaucoup moins forte que ce que l'on a au mois de février, on est quand même autour de 10 000 chômeurs en plus. Après, ce sont des chiffres qu'il faut aussi regarder en tendance, parce qu'au mois le mois, on voit qu'on a quand même une volatilité très forte et qui est donc difficile à commenter. Il y a un certain nombre d'aléas statistiques autour de ça. Mais malgré tout, la tendance reste légèrement haussière. On n'est pas engagé dans une baisse durable du chômage et on voit que même s'il y a des frémissements du côté de l'activité et de la croissance, que certains signaux sont positifs du côté de l'économie, ça ne s'est pas encore traduit du côté du marché du travail, ce qui est plutôt inquiétant. »

    Chronologie et chiffres clés
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