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    France

    Loi Travail: les manifestations d'étudiants émaillées de violences

    media Des échauffourées ont éclaté entre des CRS et des individus lors d'une mobilisation de la jeunesse contre la loi Travail, le 24 mars 2016. AFP PHOTO/DOMINIQUE FAGET

    Les jeunes ont manifesté ce jeudi 24 mars dans les rues des grandes villes de France pour manifester contre la réforme du Code du travail présenté le matin en Conseil des ministres. Des violences entre manifestants et forces de l'ordre ont émaillé les mobilisations à Paris et à Nantes. Au total, 15 personnes ont été interpellées en marge du cortège.

    Cette troisième journée de mobilisation de la jeunesse contre le projet de loi modifiant le droit du travail a dégénéré. A Paris et à Nantes, des CRS ont utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des jeunes, dont certains étaient cagoulés. Bilan : 15 personnes ont été interpellées en marge du cortège, deux policiers ont été blessés et deux voitures ont été incendiées, selon la police.

    L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices » a aussi ouvert une enquête après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant un policier assénant un coup de poing à un jeune dans les rues de la capitale.

    Environ 43 000 personnes ont manifesté selon les autorités. Plusieurs milliers d'étudiants et de lycéens, rejoints par des salariés, sont descendus dans la rue à 13h30, du quartier Montparnasse aux Invalides, derrière une banderole : « La nuit c'est fait pour baiser, pas pour travailler ».

    Sept syndicats et organisations de jeunes (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) sont à l'origine de cet appel à manifester, à Paris et en province. Pour cause : la nouvelle loi présentée en Conseil des ministres le matin du 24 mars, ils n’en veulent pas ! Le texte appelé loi El Khomri a été déjà remanié et modifié, mais pour l’UNEF, le principal syndicat étudiant, il reste inadmissible.

    En France, des lycéens et des étudiants manifestent contre le projet de loi du travail, à Paris, le 24 mars 2016. REUTERS/Benoit Tessier

    « On est en colère »

    « On est en colère contre ce projet de loi qui nous explique qu’il faut accepter de moins bonnes conditions de travail si on veut sortir de cette situation de crise où tout le monde subit un chômage de masse », a déclaré Sacha Feierabend. Le secrétaire général de l’UNEF a poursuivi : « Il y a encore tout un tas d’articles : imposer aux salariés de travailler plus longtemps, des mesures qui permettent de baisser la rémunération des heures supplémentaires, la facilitation des licenciements économiques… Il y a tout un tas de mesures qui restent, c’est pour ça qu’il faut se mobiliser jusqu’au retrait. »

    Même si la ministre du Travail parle d'un « vrai élan pour la démocratie sociale », les représentants des salariés, mis à part la CFDT, ne sont pas du tout convaincus. « Ce qui bloque pour nous c’est toute la philosophie : travailler plus pour gagner moins », a martelé Fabrice Angei. Le secrétaire confédéral de la CGT, qui demande son abandon pur et simple, a poursuivi : « C’est aujourd’hui mettre la loi au niveau des entreprises, on aura autant de Codes de travail que de salariés. On n’aura plus de loi qui protège l’ensemble des salariés. »

    « Le texte nous convient »

    De leurs côtés, la CFDT est plus mesurée. « Le texte présenté au Cnseil des ministres prend en compte beaucoup des propositions de réécritures faites par la CFDT. Donc à ce stade, le texte nous convient », a estimé Véronique Descacq. La numéro deux du syndicat a ajouté : « On estime qu’il y a encore des progrès à faire sur la partie du personnel d’activité notamment en permettant d’épargner du temps. Enfin, on veut des réécritures significatives sur la partie licenciement économique et accord national-emploi. »

    Après son passage en Conseil des ministres, la nouvelle loi du travail entamera son parcours entre l'Assemblée nationale et le Sénat. Les députés de droite comme de gauche se sont dits prêts à la voter, mais les syndicats professionnels campent sur leur position. Ils manifesteront le 31 mars pour demander le retrait complet du texte.

    (Avec AFP)


    Quelles sont les évolutions du texte ?

    La principale évolution du texte : le retrait du plafonnement des indemnités prud'homales pour licenciement abusif. Avec la première version, un employé licencié après 20 ans de service n'aurait pas pu obtenir plus de 15 mois de salaires. Finalement, le gouvernement préfère n'introduire par décret qu'un barème indicatif.

    Sur le licenciement économique : pas d'énorme changement. Les difficultés d'un groupe restent évaluées sur les filiales françaises. Mais le contrôle du juge est renforcé. Il devra vérifier que l'entreprise n'organise pas ses difficultés artificiellement pour pouvoir licencier.

    Autre modification : l'assouplissement du temps de travail a été limité. Un accord d'entreprise pourra bien permettre de travailler jusqu'à 46 heures par semaine. Mais cette dérogation ne pourra pas excéder trois mois contre quatre dans la version initiale.

    Le gouvernement n'a pas fait que retrancher, il a aussi ajouté. Le compte personnel d'activité est étoffé. Le nouveau texte prévoit un compte « engagement citoyen » qui recense notamment les activités de bénévolat pour acquérir des heures de formation en plus.

    Enfin, les jeunes n'ont pas été oubliés : la garantie jeune est généralisée. Les moins de 26 ans qui ne travaillent pas ou n'étudient pas pourront bénéficier pendant un an d'un accompagnement renforcé vers l'emploi assorti d'une allocation mensuelle d'environ 450 euros. 

    → A (RE)LIRE : Projet de loi Travail: le gouvernement tente de calmer la contestation

    REPORTAGE
    Avec cette loi on est en train de nous dire qu'on ne reconnaît par notre travail, qu'on ne reconnaît pas nos diplômes. On veut une reconnaissance de nos diplômes et de vrais salaires. C'est ça la reconnaissance du travail déjà.
    A la manifestation de Paris 24/03/2016 - par RFI Écouter

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