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    France

    Festival d’Avignon 2016: Olivier Py et «le pari de l’exigence»

    media Le directeur Olivier Py le 25 mars 2016 lors de la présentation du 70e Festival d'Avignon qui aura lieu entre le 6 et le 24 juillet 2016. Siegfried Forster / RFI

    Du drame à la performance, de Damas à Téhéran, de la Cour d’honneur au spectacle itinérant, pour sa 70e édition, le Festival d’Avignon s’affiche ambitieux. « Face au désespoir du politique, le théâtre invente un espoir politique », a proclamé le directeur Olivier Py lors de la présentation du programme ce vendredi 25 mars, à Paris. Entre le 6 et 24 juillet, le plus grand festival de théâtre en Europe proposera au public 40 spectacles de théâtre, de danse et interdisciplinaires. Entretien.

    RFI : Le 70e Festival d’Avignon, est-ce une édition spéciale pour vous ?

    Olivier Py : Oui. Elle ressemble aux précédentes, mais c’est une édition anniversaire. Il y a beaucoup de grands noms, beaucoup de découvertes, un focus sur le Moyen-Orient qui est un monde en souffrance, un équilibre entre la danse, le théâtre, les expositions et puis les spectacles « interdisciplinaires » dont on ne sait pas s’ils sont de la danse, du théâtre ou de la performance. Tout cela donne une unité en essayant de trouver aussi une proportion égale entre artistes français et étrangers.

    C’est votre troisième Festival en tant que directeur. Qu’avez-vous appris des deux précédentes éditions ?

    J’ai appris qu’il faut toujours faire confiance aux spectateurs. Le public d’Avignon est extraordinaire. D’abord j’ai lu beaucoup d’enquêtes que nous avons faites sur le public. Il réclame toujours plus d’exigence artistique. Quelques fois, il réclame plus de texte. Il aime découvrir les artistes qu’il ne connaît pas. Donc quand on fait le pari de l’exigence, il répond présent.

    Le focus sur le Moyen-Orient réunit des spectacles d’artistes iraniens, syriens, libanais, égyptiens, israéliens… Le théâtre en France, a-t-il suffisamment pris sa place par rapport au bouleversement de cette région du monde ?

    Oui, je le crois. La spécificité du théâtre français est qu’il est universaliste et depuis de nombreuses années, il est international. Il n’est pas du tout franco-français, encore moins national ou nationaliste. Donc, il est toujours un écho du monde. Quand on accueille une troupe syrienne, une autre troupe venant de Téhéran, un artiste libanais… évidemment, ils nous donnent un écho de la situation dans leur pays.

    Vous recevez, entre autres, le Syrien Omar Abusaada, un metteur en scène de Damas ayant travaillé dans des villages reculés de la Syrie, mais aussi avec des jeunes détenus ou dans des prisons et des camps de réfugiés. Que présentera-t-il au Festival d’Avignon ?

    Sa pièce s’appelle Alors que j’attendais, l’histoire d’un jeune homme plongé dans le coma, un coma étant un peu à l’image de la Syrie, un pays à la fois mort et vivant. Dans ce coma, il rencontre – dans son inconscience – tous les personnages qui représentent la situation aujourd’hui en Syrie.

    Le premier spectacle dans la Cour d’honneur donne souvent le la du Festival. Les Damnés, d’après le film de Visconti, mise en scène par le Belge Ivo van Hove avec la Comédie-Française, ouvre cette année la programmation. En quoi le sujet de la montée du nazisme fait écho à notre époque ?

    Il y a beaucoup de spectacles qui parlent de la montée du nationalisme et du populisme en Europe. Tristesses, de la Belge Anne-Cécile Vandalem, par exemple, est un spectacle sur la montée du nationalisme. Ceux qui errent ne se trompent pas, écrit par Kevin Keiss et mis en scène par Maëlle Poésy, parle d’une révolution dans les urnes où l’on découvre que quatre-vingt-trois pour cent des électeurs ont voté blanc. Donc cette pièce interroge aussi l’impuissance politique, une chose très présente dans beaucoup de spectacles. Les Damnés de Visconti ouvre cette thématique à la fois de l’impuissance politique et en même temps du retour des idéologies nationalistes.

    Il y a le livre 2084 de Boualem Sansal, vous programmez au jardin Ceccano un feuilleton théâtral de La Piccola Familia proposant les chroniques du Festival d’Avignon de 1947… à 2086. Et Julien Gosselin met en scène le livre du Chilien Roberto Bolaño, 2666. La science-fiction est-elle devenue le symbole, le moteur de la résistance artistique ?

    Non, ce sont deux pièces qui n’ont pas grande chose à voir. Le spectacle de La Piccola Familia raconte l’histoire du Festival. Il fait aussi de la science-fiction, il veut parler de demain pour ne pas rester dans l’aspect commémoratif. Et puis Julien Gosselin adapte avec 2666 un roman de Roberto Bolaño. C’est un très long spectacle, presque douze heures. Ce roman pose la question de l’Europe aujourd’hui. Est-ce que les atrocités du XXe siècle peuvent revenir au XXIe siècle ? Donc un sujet très lié aux thématiques que j’évoquais.

    Beaucoup de collectifs seront présents au Festival d’Avignon. Que révèle cela sur la situation des comédiens et du théâtre ?

    Il y a une volonté de réinventer, à partir du théâtre, une sorte de micro-utopie. C’est notamment le cas avec le Raoul Collectif (Rumeurs et petits jours), de Bruxelles, dans lequel on voit les personnages inventer une petite utopie pour eux-mêmes. Qu’est-ce qui se passe quand la révolution est devenue impossible, quand le vent de l’Histoire ne souffle plus dans le sens du grand changement ou la révolution ? Eh bien, il y a au théâtre un lieu où les idées et les espoirs politiques, la dignité, se réfugient. Et il est possible que cette mode - mais c’est peut-être plus qu’une mode - des collectifs partout en Europe préfigure une autre manière de faire de l’art et peut-être de faire de la politique.

    Le programme du 70e Festival d’Avignon, du 6 au 24 juillet 2016
    ► Au sein du 70e Festival d’Avignon, RFI présentera pour la quatrième fois son cycle de lectures en public Ça va, ça va le monde !

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