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    France

    1936-2016:de la gauche unie du Front populaire aux frondeurs du parti socialiste

    media La manifestation de Paris avait débuté dans le calme, ici le cortège du syndicat Force Ouvrière. Reuters/Charles Platiau

    Le 3 mai 1936, l’union des gauches françaises remportait les élections législatives. Grâce à ce Front populaire soudé, la gauche peut enfin défendre le prolétariat. C’est le début des conquêtes sociales en France. 80 ans plus tard, le Parti socialiste donne l’impression d’oublier ce qui avait fait la force de la gauche à l’époque : l’unité.

    En 1935 la France subit de plein fouet le krach boursier de 1929 venu des Etats-Unis. Les ouvriers, qui représentent un tiers de la population active, soit 6 millions de Français, sont les premiers touchés. Sans aucune protection sociale, des centaines de milliers sont licenciés du jour au lendemain. Pas d’assurance chômage pour ceux qui perdent leur emploi. Pas de salaire minimum ni de règles d’hygiène et de sécurité pour ceux qui continuent de travailler. La colère monte mais la droite au pouvoir depuis presque toujours réprime fermement les manifestations. La gauche est éclatée, incapable de se rassembler pour représenter le prolétariat et renverser le gouvernement. 

    L’union contre le fascisme

    Au milieu des années 1930, trois forces de gauche s’opposent. La plus extrême d’entre elle, le Parti Communiste, est affiliée au grand frère soviétique de Moscou. Pour Maurice Thorez, son chef de file, la révolution populaire doit se faire sans les « petits bourgeois socialistes ». Ceux qu’il qualifie ainsi, ce sont les membres de la SFIO. La Section Française de l’Internationale Ouvrière, deuxième force de gauche en présence dont fait partie Léon Blum. Enfin, plus au centre, les Radicaux attirent à la fois les classes moyennes et une partie de la petite bourgeoisie.  

    Pour Jean Vigreux, historien et auteur de l’Histoire du Front populaire, l’échappée belle, c’est « la peur de la montée du fascisme » qui va unir les gauches. « Il ne faut pas oublier qu’en 1933 Hitler vient d’arriver au pouvoir de façon légale en Allemagne. En France, les gauches ont aussi eu peur avec l’émeute du 6 février 1934 devant la Chambre des députés, considérée alors comme une tentative de prise de pouvoir de l’extrême droite. Tout cela ajouté à la crise économique majeure ». Les partis de gauche décident alors de s’unir pour lutter par tous les moyens contre l’ennemi fasciste.

    La semaine des deux dimanches
     
    Le Front populaire est né. Le 3 mai 1936 il remporte les élections législatives et un mois plus tard, le 4 juin 1936, Léon Blum devient chef du gouvernement. Véritable figure du Front populaire dont il n’était pourtant pas le Secrétaire général. « C’était un homme taillé pour le débat et le combat politique à la Chambre », souligne Jean Vigreux. « Député de Narbonne, dans le sud de la France, il a été membre du Conseil d’Etat. C’est un homme de culture avec beaucoup de personnalité ». Une force de caractère qui lui permettra, le 7 juin, aux côtés de la CGT et du patronat, de signer les accords de Matignon.

    Après un mois de grève générale que Simone Weil qualifiera de « grève de la joie », les premiers acquis sociaux sont lus aux ouvriers dans leurs usines. Parmi ceux-ci, la réduction du temps de travail avec deux jours de repos hebdomadaire. Bien avant l’apparition du mot week-end, les salariés l’appelleront la semaine des deux dimanches. Les salaires augmentent, les délégués syndicaux représentent le prolétariat. Et surtout, chacun a désormais le droit à deux semaines de congés payés par an. C’est l’essor des stations balnéaires, jusqu’alors réservées à une riche élite. Léon Blum savoure l’œuvre accomplie et déclare « Il est revenu un espoir, un goût du travail, un goût de la vie ».
    Mais très vite la crise économique rattrape les avancées sociales et en 1938, l’arrivée au pouvoir du Radical Edouard Daladier marque la fin du Front populaire.

    L’héritage en 2016
     
    80 ans ont passé depuis l’arrivée de l’union des gauches au pouvoir. Aujourd’hui, selon Jean Vigreux, l’héritage du Front populaire est multiple. « Il y a bien sûr les acquis sociaux, les représentants syndicaux et les congés payés, mais pas seulement. Le Front populaire c’est aussi la preuve que par la lutte ouvrière, on peut obtenir de nouveaux droits. Et cette philosophie irrigue encore les syndicats d’aujourd’hui. Enfin depuis 1936, la gauche a compris que si elle veut remporter une élection elle doit être unie », termine l’historien avec un rictus.

    En 2016, certains se demandent justement si cette leçon fondamentale des « années Front populaire » a bien été assimilée. Ils en veulent pour preuve l’hommage –très discret- rendu par le président de la République sur la tombe de Léon Blum samedi dernier dans les Yvelines, sans aucun journaliste. François Hollande, président socialiste, est critiqué au sein de son propre parti. Aussi bien par des ténors de la rue de Solferino que par la base. « Cette mobilisation contre la loi travail, le mouvement Nuit debout… Tout cela concourt, je crois, à retrouver l’esprit de 36 », interprète un manifestant d’une soixantaine d’années rencontré dans le cortège parisien du 1er-Mai.  « Mais cette fois, c’est l’esprit du Front populaire contre un gouvernement de gauche, et contre sa loi travail qui va totalement à l’opposé des acquis », précise-t-il.
    Le chef de l’Etat est-il en train de renier l’héritage du Front populaire avec des ambitions trop libérales ?  C’est tout le débat qui agite la gauche française d’aujourd’hui.

     

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