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    France

    Il y a six mois, le terrorisme frappait Paris

    media Une rose fichée dans un impact de balle sur la vitre d'un restaurant visé lors des attentats de Paris. REUTERS/Pascal Rossignol

    Avec un bilan total de 130 morts et plusieurs centaines de blessés, les attaques du 13 novembre 2015 ont été les plus meurtrières perpétrées sur le territoire français depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce soir-là, un vendredi soir, trois commandos ont attaqué des lieux de divertissement.

    Un vendredi noir

    C'est au Stade de France que la première explosion se fait entendre. Ce soir-là, l'équipe de France de football reçoit l'Allemagne en match amical. Le président François Hollande est présent en tribune. Et vers 21h20, devant le stade, un premier kamikaze active sa ceinture explosive, suivi, quelques minutes plus tard, d'un deuxième. Le troisième membre de ce commando, lui, se fera exploser près d'une demi-heure plus tard. Outre les trois kamikazes, une personne est tuée.

    Le deuxième acte de cette nuit sanglante se déroule dans les Xe et XIe arrondissements de Paris, quartiers très fréquentés le vendredi soir. Trois hommes circulant en voiture ouvrent le feu à trois reprises sur les terrasses de bars et restaurants. L'un d'entre eux, Brahim Abdeslam, déclenchera sa ceinture d'explosifs devant un café. Le bilan est de 39 personnes abattues par les jihadistes.

    Les scènes de crime sont déjà multiples. Mais à 21h40, un troisième commando passe à l'action. Là encore, trois hommes. Ils entrent au Bataclan, célèbre salle de concert, et tirent sur les spectateurs présents. Il faudra près de deux heures aux forces de l'ordre pour neutraliser les trois terroristes. Cette scène-là fut la plus sanglante : 90 personnes ont été fauchées.

    L'enquête

    La cellule jihadiste a subi un coup dur avec l'arrestation, le 18 mars dans son quartier de Molenbeek à Bruxelles, de Salah Abdeslam, le dixième homme des commandos.

    Attentats de Paris: Salah Abdeslam mis en examen

    Mais cette arrestation, épilogue d'une longue cavale, n'a pas permis d'empêcher, quatre jours plus tard, une réplique d'un scénario jihadiste dans la capitale belge. Un double attentat, fomenté par la même cellule, fait 32 morts. Kamikazes, soutiens, complices: à ce stade, les enquêteurs ont identifié une quarantaine de personnes dans le réseau franco-belge à l'oeuvre derrière les tueries de Paris et Bruxelles.

    Une vingtaine de suspects ont été mis en examen ou inculpés en France et, pour la plupart, en Belgique, base arrière du réseau lié au groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats.

    L'identification des commanditaires reste une priorité de l'enquête française, confiée à six juges antiterroristes et assistée par une équipe commune franco-belge. Le belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, tué dans un assaut du Raid cinq jours après les attentats de novembre, est considéré comme l'inspirateur des attaques. Et le rôle de Fabien Clain, vétéran du jihadisme français parti en Syrie au premier trimestre 2015 et dont la voix résonne dans la revendication audio des attentats, pose toujours question.

    Seul membre encore vivant des commandos du 13 novembre, Salah Abdeslam doit être entendu le 20 mai par les magistrats antiterroristes. Lors de sa première comparution le 27 avril, quand il a été mis en examen pour assassinats à caractère terroriste après sa remise à la France, il a assuré au juge qu'il allait « s'expliquer ultérieurement », selon son avocat français, Me Frank Berton. Ami d'Abaaoud, il était au coeur de la logistique de l'entreprise meurtrière.

    [Portrait] Frank Berton, l’avocat de l’«ennemi public numéro 1» Salah Abdeslam

    Des rescapés témoignent

    Il était au Bataclan ce soir du 13 novembre pour assister au concert des Eagles of Death Metal. Six mois après, Emmanuel Domenach, 29 ans, vice-président de l'association Fraternité et vérité pour les victimes des attentats de 2015, se reconstruit petit à petit, mais le chemin est long.

    J'ai repris "une vie normale" : j'ai repris mon travail, j'arrive à reprendre les transports, à dépasser mes peurs en allant dans des concerts, en allant au cinéma. D'un autre côté, on comprend qu'on devra vivre avec. Que ce qu'on a vécu laissera une trace indélébile, qu'on ne sera plus jamais les mêmes, qu'on aura toujours des petites inquiétudes, des cauchemars, des peurs. On a perdu une sorte d'innocence. Je suis donc partagé : de nouveau, j'ai envie de croire à la vie et d'un autre côté, je me rends compte que le 13-Novembre sera marqué en moi toute ma vie.

    Emmanuel Domenach 12/05/2016 Écouter

    Baptiste Péan, 26 ans, est un jeune chef d'entreprise à la tête d'un restaurant dont il préfère ne pas citer le nom. Il était sur la terrasse du café la Belle Equipe visé par les terroristes. Suite à la fusillade, il a perdu ses amis, ses collègues, et l'un de ses associés. Il se confie et raconte cet événement qui a bouleversé sa vie.

    Ca a tout chamboulé. On est trois, maintenant on est plus que deux. Chaque décision, je la prends un peu avec lui encore. Je prends les choses au jour le jour. C'est beaucoup de choses à assimiler en six mois et il va falloir beaucoup, beaucoup de temps pour déterminer si je vais oublier, si je passe à autre chose.

    Baptiste Péan 12/05/2016 Écouter

    Le tourisme reste fragilisé

    Six mois jour pour jour après les attentats du 13-Novembre, le secteur du tourisme peine toujours à relever la tête.

    Six mois après les attentats de Paris, le tourisme tourne au ralenti

    Au village de Montmartre, haut lieu du tourisme de la capitale, les touristes étrangers se font rares autour de la Basilique du Sacré-Coeur. Les restaurateurs, les commerçants, les artistes du village accusent le coup.

    A l'heure du déjeuner, le pianiste joue pour une salle quasiment vide. Dans ce restaurant, sur les six derniers mois, la fréquentation a baissé de 40%. Assis en terrasse, Ilyes, l'un des serveurs attend désespérément les clients. « Il y a moins de touristes, les gens ont peur, surtout le soir. Avant, on finissait à minuit; là, c'est 21h, 22h. »

    Plus loin, sur la place centrale du village, le chevalet d'André affiche page blanche. Cela fait 42 ans qu'il est portraitiste à Montmartre. « On n'a jamais vu Montmartre avec aussi peu de monde. Il n'y a plus d'Américains, y'a plus personne... »

    Pourtant, sur les marches de l'esplanade du Sacré-Coeur, un Américain affiche un grand sourire. Mickael a payé son billet depuis le Michigan 50% moins cher. « Au départ des Etats-Unis, certains avions sont à moitié vides. J'imagine que c'est à cause des attentats. Moi ce n'est pas quelque chose qui me fait peur, même si je l'ai toujours dans un coin de ma tête. »

    S'ils n'ont pas découragé Mickael, à Montmarte, six mois plus tard, les attentats de Paris se font toujours sentir. Les commerçants comptent désormais sur l'Euro 2016 pour refaire leur retard.

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