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    Une Palme d’or et beaucoup de surprises au palmarès du Festival de Cannes

    media Ken Loach, Palme d'or 2016 pour « Moi, Daniel Blake » REUTERS/Eric Gaillard

    La Palme d’or pour « Moi, Daniel Blake » du Britannique Ken Loach était loin d'être la seule surprise du palmarès du 69e Festival de Cannes. Une édition largement dédiée au cinéma réel et social. Ce dimanche 22 mai, deux films parmi les plus sifflés du festival ont reçu des prix pendant que les plus ovationnés, à l’image de « Toni Erdmann », sont repartis les mains vides. Beaucoup parmi les favoris ont été écartés par le jury présidé par « Mad Max » George Miller. Les Prix de l’interprétation masculine et féminine ont été décernés à Shahab Hosseini pour le film iranien « Le Client » et à Jaclyn Jose dans la fiction documentaire philippine « Ma’Rose ».

    Envoyé spécial à Cannes,

    « Un autre monde est possible et nécessaire » a déclaré un Ken Loach combatif sur la scène du Palais des Festivals de Cannes en recevant sa deuxième Palme d’or après Le Vent se lève en 2006. Son film poignant Moi, Daniel Blake est certainement celui qui a ému aux larmes le plus de spectateurs. Sans glamour et paillettes, il raconte une histoire simple qui brise le cœur, digne des Misérables de Victor Hugo. Ken Loach y explore les rouages d’une pensée néolibérale broyant les gens éjectés du système. Devant nos yeux surgit toute la panoplie des humiliations prévues par une société sans morale.

    « Recevoir la Palme d’or est un peu curieux. Il faut se rappeler que les personnages qui ont inspiré le film sont les démunis de la cinquième nation du monde. Il faut s’en souvenir. Le monde dans lequel nous vivons se trouve dans une situation dangereuse. C’est un monde néolibéral qui risque à nous emmener à la catastrophe… a affirmé Ken Loach, connu pour défendre un cinéma de protestation. Un cinéma qui défend le peuple contre les puissants. »

    Shahab Hosseini sonde les côtés sombres de l'âme humaine

    Ce monde au bord du basculement est aussi au cœur du rôle de l’acteur iranien Shahab Hosseini, prix de l’interprétation masculine. « Ce prix, je le dois à mon peuple. Avec tout mon cœur, c’est à lui à qui je le rends. » Le Client d’Asghar Farhadi raconte l’histoire d’un jeune couple de la classe moyenne mis à l’épreuve dans un immeuble à Téhéran. Une chronique aussi bien théâtrale que cinématographique sur la société iranienne. Dans son rôle d’Emade, Shahab Hosseini sonde les côtés sombres de l’âme humaine. Obsédé par trouver le coupable qui a agressé sa femme, Emade devra bientôt décider du sort d’un homme.

    Le Prix de l’interprétation féminine a été décerné à Jaclyn Jose dans Ma’Rosa du réalisateur philippin Brillante Mendoza. L’actrice philippine de 54 ans, très populaire dans son pays, était tellement émue à l’annonce de son prix qu’elle pouvait à peine avancer vers la scène. Et pourtant, dans le film tourné dans un quartier pauvre de Manille, elle incarne une femme forte dans une société corrompue et désespérante.

    « J'ai envie de danser »

    Une Amérique pur sucre, mais sans rêves, dépeinte par la Britannique Andrea Arnold a reçu le Prix du Jury. American Honey raconte l’histoire d’une jeune fille qui quitte sa famille pour partir avec une bande de jeunes faisant du porte-à-porte. Largement critiquée pour la longueur de son film, la réalisatrice éclatait de joie : « J’ai envie de danser. C’est incroyable ce qui m’arrive. Ce film a nécessité de très grands efforts. C’était une très grande aventure. Ce prix appartient à toute l’équipe. »

    Le Prix du scénario a distingué le réalisateur iranien Asghar Farhadi pour Le Client, déjà récompensé avec un prix d'interprétation. « Mes films ne sont pas connus d’être joyeux. Avec ce prix je peux apporter de la joie à mon peuple. » Depuis le 11-Septembre, on connaît la puissance symbolique d’une tour effondrée. Dans Le Client, Asghar Farhadi se contente d’un immeuble fissuré qui menace de s’écrouler en raison d’importants travaux. Ce déménagement forcé brise le bonheur du jeune couple et met en lumière plein de points sensibles de la société iranienne.

    Partager son émotion avec les autres

    C'est un Un Xavier Dolan visiblement ému qui a reçu le Grand Prix du Festival. Lors de son discours au bord des larmes, il a philosophé sur la signification de son adaptation Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce. « Il n’est pas toujours facile de partager son émotion avec les autres. La violence est souvent un cri au secours. Tous ce qu’on fait dans la vie, on le fait pour être aimé, être accepté. Plus je grandis, plus je comprends qui je suis. »

    « Baccalauréat » et « Personal Shopper »

    Le Prix de la mise en scène a été attribué ex aequo à deux films. Dans Baccalauréat, Cristian Mungiu raconte l’histoire d’une élève modèle qui risque de rater son bac après une agression. L’action se déroule dans une cité banale d’une petite ville de Transylvanie, mais touche à l’universel. Avec un réalisme effroyable, Mungiu filme les soubresauts de l’ordre moral collectif. Quant à Olivier Assayas, son histoire mystérieuse d’une jeune Américaine (Kristen Stewart) à Paris, Personal Shopper, figurait parmi les plus sifflés du festival. En revanche, le réalisateur français pouvait compter sur le jury. « C’est la première fois que je reçois un prix au Festival de Cannes. »

    La Caméra d’or a été décernée à une « cinéaste engagée, à un film avec des dialogues puissantes et divines », Houda Benyamina pour Divines. Pour la réalisatrice, « Cannes est aussi à nous. Il faut mettre plus de femmes dans les comités de sélection ! Avant de souligner : On fait un métier de l’amour. On n’a pas le droit d’être fatigué. »

    « Timecode », symbole de la liberté

    La Palme d’or du court métrage a été remise à un film aussi drôle que surprenant et original. Timecode de l’Espagnol Juanjo Gimenez raconte l’histoire de deux gardiens de nuit dans un parking. Ces agents à première vue banals échangent bientôt des pas de danse sous l'oeil des caméras de surveillance. Le timecode, symbole d’une société surveillée, se trouve transformé en clé de la liberté.

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