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    France

    Filière jihadiste de Strasbourg: pourquoi les accusés sont-ils rentrés de Syrie?

    media L'arrestation d'un jihadiste présumé, le 13 mai 2014 dans le quartier de Meinau, à Strasbourg. REUTERS/ VINCENT KESSLER

    Au quatrième jour du procès des sept strasbourgeois partis en Syrie, le tribunal de Paris cherche à comprendre les raisons et les conditions de leur retour en France en 2014. Par grappes, comme ils étaient partis fin 2013, tout le groupe est rentré à Strasbourg début 2014.

    Avec notre envoyé spécial au tribunal correctionnel de Paris,  David Thomson

    En revenant de Syrie, la bande d’amis alsaciens jihadistes présumés pensait reprendre une vie normale. « Je me suis inscrit aux allocations chômage, j’ai fait une déclaration de perte de papiers d'identité au commissariat, je dormais dans ma chambre à Strasbourg », explique l’un d’eux. « Je savais que tôt ou tard, j'allais devoir rendre des comptes. Mais de là à faire 27 mois de prison pour un mois et demi en Syrie, non ». Le jeune homme de 25 ans venait de fuir dans des conditions rocambolesques l’organisation Etat islamique en Irak et au Levant.

    Les autres membres de l’équipe suivront son chemin du retour en France par leurs propres moyens entre février et mars 2014. Tous sauf deux tués dans les combats entre rebelles en Syrie, et un qui se fera exploser au Bataclan, le 13 novembre à Paris. Ils expliquent avoir été choqués par la réalité des combats entre groupes rebelles, eux qui pensaient se battre uniquement contre le régime syrien.

    Mais une fois en France, aucun ne se rend directement à la police qui viendra les arrêter chez eux au petit matin devant les caméras de télévision en mai 2014. « Lors de votre interpellation, vous avez essayé de fuir par la fenêtre », s’étonne la présidente du tribunal. « S’ils avaient toqué poliment à la porte, je les aurais accueillis avec plaisir », répond un prévenu. Pour ces deux à quatre mois dans les rangs du groupe Etat islamique en Irak et au Levant, ils encourent aujourd’hui jusqu’à 10 ans de prison.

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