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    France

    Procès de la filière de Strasbourg: la parole à la défense

    media Les sept amis étaient partis en Syrie entre décembre 2013 et avril 2014. Ils risquent entre huit et dix ans de prison. BENOIT PEYRUCQ / AFP

    Le procès des sept jihadistes strasbourgeois revenus de Syrie s’est clôturé ce mardi 7 juin avec les plaidoiries de leurs avocats devant le tribunal correctionnel de Paris. La veille, le procureur avait requis les peines maximales pour quatre d’entre eux, soit dix ans de prison, et huit ans pour les trois autres.

    Au tribunal correctionnel de Paris, David Thomson

    Dans leurs plaidoiries, les avocats ont tous dénoncé des réquisitions sévères, guidées par la peur. Entre huit et dix ans de prison pour deux à quatre mois passés en Syrie : « ces réquisitions auraient-elles été les mêmes avant le 13 novembre ? » interroge une avocate. « Vous êtes des magistrats de l’état d’urgence », s’insurge-t-elle. « Ce ne sont pas individus pour vous, mais des potentialités d'attentats ». Le fantôme de Foued, kamikaze du Bataclan et frère de son client, plane sur ce procès, dit-elle.

    L’un de ses confrères analyse quant à lui les ressorts du jihadisme français. « Pourquoi nos enfants partent-ils en Syrie ? », demande-t-il. Selon lui, c’est pour aider et vivre dans un pays conforme à leur religion. Un autre évoque le besoin de combler la frustration du prolétaire d’origine marocaine dans un pays capitaliste et l’appel d’une transcendance religieuse que les sociétés occidentales ne créent plus.

    « Ce sont des victimes de la propagande », ose un autre avocat pour qui rien dans le dossier ne matérialise l’acte terroriste. Ces sept jours d’audience n’ont en effet livré que peu de preuves, essentiellement fondées sur des écoutes téléphoniques.

    Une fois les plaidoiries terminées, les prévenus soufflent un dernier mot dans le box. Les réquisitions ont été un coup de massue. « Je ne suis pas un terroriste », dit l’un. Tandis que le frère du kamikaze du Bataclan lance cette question au tribunal : « C'est quoi le plus dangereux : trois mois en Syrie ou huit ans derrière les barreaux ? »

    La décision a été mise en délibéré jusqu’au 6 juillet.

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