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    France

    Eurosatory 2016: les industriels de l’armement exposent près de Paris

    media Des balles exposées sur un stand du salon de l'armement Eurosatory 2016. RFI/Olivier Fourt

    Le salon de l'armement Eurosatory a ouvert ses portes au centre des expositions de Paris-Nord Villepinte. Dans un contexte troublé, lié au terrorisme et aux tensions en Europe centrale, les affaires des marchands d’armes se portent bien. Eurosatory est une vitrine convoitée par de nombreux industriels sur la planète. Les contrats, eux, se chiffrent en centaine de millions de dollars.

    Etats-Unis, Russie, Serbie, Turquie, Suisse... Il suffit d'arpenter les allées du salon pour s'en convaincre, l'édition 2016 d'Eurosatory est une nouvelle fois très tournée vers l'international. Avec plus de 1 500 exposants, 33 pavillons nationaux, 57 000 visiteurs venus de 140 pays, ce salon met en relation l'offre et la demande comme s'il s'agissait d'un business ordinaire. Stands soignés, hôtesses polyglottes, animations en 3D, les budgets de défense explosent dans le monde et la demande en armement terrestre est forte. Même en Europe de l'Ouest, les budgets commencent à remonter. Du côté des fabricants, tout le monde vient vendre ses fusils, ses blindés, ses obus. « Tout le monde fabrique, tout le monde souhaiterait fabriquer. Qui ne fabrique pas, s'y met ! [...] Après, il faut voir quelle protection est garantie aux soldats en fonction des différents constructeurs », indique Stephano Chmielewski, le directeur du Groupement des industries françaises de l'armement terrestre, qui réunit près de 200 entreprises, et assure représenter 20 000 emplois directs et... autant d'emplois indirects.

    L'Europe se renforce

    Le catalogue d'Eurosatory annonce, cette année, pas moins de 18 exposants rien que pour la Slovénie, un pays de 2 millions d'habitants ! En Europe, on compte une bonne quinzaine de constructeurs de chars et de blindés. Une industrie longtemps éclatée mais qui commence à « se consolider » avec le mariage « arrangé » l'an dernier entre le français Nexter et l'allemand Krauss Maffei Wegmann. « Ce qui se passe entre les deux entreprises est un bel exemple de coopération. La nouvelle entité, KNDS, est condamnée au succès, et je pense qu'ils ont tous les atouts pour se comprendre et s'intégrer pour constituer une société qui sera performante à l'exportation et sur le territoire européen, qui est leur terrain de chasse naturel ». Le ministre français Jean-Yves Le Drian évoquait pour sa part, lundi soir, « une société prometteuse ». Mais le nouveau géant du blindé en Europe va avancer pas à pas. Durant des années, il y aura certainement des activités redondantes. « Marier » l'entreprise publique Nexter à l'entreprise familiale KMW représente un pari sur l'avenir. Historiquement, la gouvernance des deux maisons n'a rien de commun. Chez Nexter, la CGT ne voulait pas de cette alliance. La CFDT reconnaît pour sa part qu'il va falloir se mettre au syndicalisme « à l'allemande ». Dans un communiqué, KNDS assure que l'alliance « constitue une opportunité exceptionnelle et permettra d'améliorer la compétitivité et la présence internationale des deux sociétés ».

    Des armes pour l'Arabie saoudite

    Pour l'heure, chez Nexter-KMW, le char « Leclerc rénové » et le Léopard 2 restent donc au catalogue, même si le tank français n'est plus en production. L'Arabie saoudite a montré de l'intérêt pour les deux chars lourds ! « Le royaume est en guerre au Yémen et l'Europe ne pense qu'à lui vendre des armes ! », s'indigne Aymeric Elluin, chargé de campagne « armes et impunités » à Amnesty International. Accréditation autour du cou, dossier sous le bras, il arpente les allées du salon et connaît aussi bien les modèles présentés que les industriels chargés d'en faire la promotion ! Il explique : « Il y a deux pays qui utilisent le char Leclerc : la France et les Emirats arabes unis, plusieurs centaine de Leclerc ont été livrés aux EAU, [...] les PDG de Nexter expliquaient récemment que ce char avait fait forte impression auprès des militaires de la région dans son engagement au Yémen [...]. Donc nous avons un soutien français vis à vis d'une coalition militaire qui bafoue ouvertement le droit international humanitaire en permanence, donc est-il plus important de fournir des emplois en France ou assurer le respect de la légalité internationale, car au Yémen ce sont les populations civiles qui sont les premières touchées, des millions de personnes qui sont en train de mourir ou de dépérir ». En 2015, la France a exporté pour plus de 15 milliards d'euros d'armement dans le monde, à 80% dans la zone Proche et Moyen-Orient.

    Les guerres, vitrines des marchands d'armes...

    Sur le stand ACMAT-Renault Truck Defense, presque tous les blindés sont peints en camouflage couleur beige. Juste en face, le ministère français de la Défense a monté un décor de cinéma rappelant le milieu désertique avec sable et des buissons synthétiques. A l'entrée du stand trône le nouveau véhicule de forces spéciales françaises destiné au Sahel. Dans ses vidéos, le ministère affiche fièrement le label « combat proven », une cocarde bleu blanc rouge, décernée aux matériels ayant fait ses « preuves en opération ». « On ne va pas faire la guerre pour vendre du matériel ! L'opération Serval, puis Barkhane sont des conséquences, des nécessités pas des actions marketing ! Les produits qui ont été déployés démontrent que l'industrie française est capable de faire du matériel durable dans le temps, quarante ans parfois, [...] mais il y a eu aussi de l'intérêt, de la part d'un pays concurrent, qui a acquis du matériel d'origine française pour le céder ensuite dans le cadre de l'anti-terrorisme ». En clair, le patron du GICAT évoque l'achat par le Pentagone d'une soixantaine de blindés « bastion » fabriqués par Renault Truck Défense, livrés ensuite à des forces partenaires dont le Mali, via une société américaine. Ces blindés polyvalents ont également trouvé preneur au Burkina Faso. Un peu moins d'une centaine de véhicules aurait été commandée, selon nos informations. L'armée tchadienne avait pour sa part choisi le PATSAS-Bastion : un blindé de 10t qui avait fait son apparition en opération au début de Serval. Il est encore présenté cette année à Eurosatory hérissé de mitrailleuses de différents calibres. Un peu plus loin, c'est une délégation mauritanienne qui manipule le dernier né des fusils de la marque belge FN-Herstal. La lutte contre le terrorisme au Sahel alimente aussi un commerce lucratif.

    La Russie en veilleuse

    Habituée du Salon, la Russie a fait profil bas cette année. Pourtant, elle s'est livrée à une véritable démonstration en Syrie, particulièrement lors de la reconquête de la ville de Palmyre où des unités du génie, avec leurs véhicules blindés flambant neuf, sont entrés dans les ruines sous les caméras de télévision. L'agence d'armement russe Rosoboronextport propose toutefois son T90C, déjà vendu en Algérie ces dernières années. Amnesty dénonce cette présence : « On ne fait pas des sanctions pour ensuite autoriser la promotion de matériel de guerre sur un salon international, au titre de relations stratégiques, ou amicales, pour ne pas se froisser avec un pays ». Ce à quoi le général Duquesne, délégué général adjoint du GICAT, répond : « Ces entreprises sont dans le respect des règles, à savoir qu'elles ne peuvent pas exposer de matériels, elles peuvent présenter leurs solutions, des brochures ou des maquettes, mais pas de matériel de guerre, au titre des sanctions internationales approuvées par la France ». A y regarder de plus près, on trouve en fait beaucoup de matériels d'origine russe sur le salon, mais il s'agit surtout d'anciennes armes soviétiques de Type AK 47 ou RPG, dont la construction se poursuit dans les ex-pays de l'Est.

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