GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 20 Août
Mercredi 21 Août
Jeudi 22 Août
Vendredi 23 Août
Aujourd'hui
Dimanche 25 Août
Lundi 26 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Hong Kong: la police antiémeute a chargé les manifestants prodémocratie dans le quartier de Kwun Tong (journaliste AFP)
    • Spatial: le vaisseau «Soyouz» avec le premier robot humanoïde russe à son bord ne parvient pas à s'arrimer à l'ISS
    France

    Les pères de Raphaël, mort en Syrie, et d'Hugo, tué au Bataclan, liés à vie

    media Hugo Sarrade (g), étudiant en master informatique, est décédé au Bataclan, le 13 novembre 2015 à Paris et Raphaël Amar (d), converti à l’islam en 2010, parti en juillet 2014 en Syrie est mort dans un bombardement à Deir ez-Zor, dans l’est du pays. ©DR

    Laurent Amar, 53 ans, et Stéphane Sarrade, 51 ans, ont perdu leurs fils, respectivement Raphaël en Syrie en 2014, et Hugo, au Bataclan, le 13 novembre dernier. Aujourd’hui amis, les deux pères tentent ensemble de comprendre ce qu’il s’est passé. Ils se sont donné pour mission de faire de la prévention auprès des jeunes.

    17 octobre 2014. Raphaël Amar, jeune français converti à l’islam en 2010, puis parti en juillet 2014 en Syrie rejoindre le groupe Etat islamique, est tué lors d’un bombardement de l’armée de Bachar el-Assad à Deir ez-Zor, dans l’est du pays.

    13 novembre 2015. Hugo Sarrade, étudiant en master informatique, est assassiné par les jihadistes de la même organisation lors du concert des Eagles of Death Metal, au Bataclan, à Paris. Originaire de Montpellier, le jeune homme était venu rendre visite à son père pour le weekend.

    A priori, rien ne prédestinait leurs pères respectifs, Laurent et Stéphane, à se rencontrer puis à devenir amis.

    Echanges et prévention

    Laurent Amar et Stéphane Sarrade font connaissance en avril dernier, à l’initiative du principal du lycée Louis Feuillade de Lunel, près de Montpellier. Il les invite à venir parler devant les lycéens de l’établissement, celui-là même où Raphaël avait fait sa scolarité. « Rencontrer Laurent a été extrêmement simple, assure Stéphane Sarrade. Nous avons un point commun, nous sommes deux papas qui avons perdu leurs fils, dans des circonstances certes bien éloignées, mais au final pour moi, Raphaël et Hugo sont deux victimes ».

    Cette douleur « incommensurable », perdre un enfant, les a rassemblés. Laurent Amar abonde : « il est très difficile d’accepter cette mort, et quelque part, cet échange que j’ai eu avec Stéphane, et sûrement lui avec moi, nous permet par un effet de miroir de nous identifier l’un à la douleur de l’autre, et c’est ce qui nous a énormément rapprochés ».

    Devant les 400 lycéens venus assister à cette conférence au mois d’avril dernier, les deux pères, parlent de leurs enfants. Les similitudes entre les deux jeunes hommes sont troublantes : originaires de la même région, tous deux étaient fans d’échecs, ils jouaient de la guitare, adoraient le rock, et avaient monté leur groupe. Les lycéens écoutent, posent des questions.

    « Certains pleuraient », se souvient Stéphane Sarrade. Compréhensible lorsque l’on sait que Lunel, petite ville de 25 000 habitants, a vu en 2014 quinze de ses jeunes partir pour la Syrie.

    La nécessité de se reconstruire en donnant du sens

    Lorsqu’un adolescent demande aux deux pères « est-ce que vous avez une rancune envers la communauté musulmane ? », ils répondent que non, que cela ferait le jeu du groupe Etat islamique. « C’est ce qu’ils cherchent, à nous diviser », met en garde Stéphane Sarrade. Il refuse d’entrer dans une spirale de la haine, une « énergie négative », comme il l’écrivait en avril dernier dans les colonnes du journal Le Monde.

    Le but est donc de faire de la prévention, mais pas seulement. « On est porté par la même volonté d’engagement, de savoir ce qu’il s’était passé, de mettre du sens à cela », souligne Stéphane Sarrade. Laurent Amar poursuit : « tous les deux, on essaie de trouver un apaisement à travers des réponses aux questions que l’on se pose: comment des jeunes Français peuvent arriver à faire des actes terroristes, et quelle est la structure et le cadre idéologique qui va permettre le passage à l’acte ? ».

    Des rencontres de prévention l’an prochain

    Pour faire la lumière sur le départ de son fils, Laurent Amar a porté plainte. Depuis deux ans, il se bat pour tenter de comprendre comment Raphaël, étudiant en école d’ingénieur, où « il réussissait brillamment », a pu en très peu de temps se laisser entraîner, influencer par des personnes néfastes.

    Stéphane Sarrade a trouvé quelques réponses. « Sur la radicalisation, explique-t-il, j’ai compris que ce n’était pas uniquement des gens dans des quartiers défavorisés, dans des contextes socioéconomiques très compliqués, qui sont les seules victimes : ce n’était pas le cas de Raphaël ».

    Stéphane Sarrade en déduit que « la radicalisation peut toucher tous les milieux ». D’où l’intérêt de renforcer la prévention et l’échange. L’an prochain, les deux parents devraient retourner au lycée de Lunel pour parler avec les jeunes et poursuivre leur sensibilisation.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.