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    France

    Burkini: les réactions à la décision du Conseil d'Etat

    media «Mêlée» de journalistes devant le Conseil d'Etat le 26 août 2016 qui vient de rendre une décision sur le burkini, vêtement de bain islamique, qui devrait faire jurisprudence. REUTERS/Regis Duvignau

    Le Conseil d'Etat a mis vendredi 26 août un coup d'arrêt aux interdictions du burkini qui ont essaimé durant l'été, notamment dans des villes du sud-est de la France. Les élus de tout bord, les représentants d'organisations de la société civile mais aussi des leaders religieux ont rapidement réagi à cette décision très attendue qui devrait faire jurisprudence. Mais la polémique pourrait reprendre dès la rentrée parlementaire puisque le principal parti de droite souhaite porter un projet de loi.

    Le Conseil français du culte musulman (CFCM) se réjouit de la suspension de l'interdiction du burkini à Villeneuve-Loubet, en déclarant qu'il s'agit d'une « décision de bon sens », une « victoire du droit, de la sagesse ».

    « Cette décision de justice a symboliquement vocation à servir de modèle » et « les musulmans doivent être fiers de la France et de son État de droit », a réagi le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, dans un communiqué.

    Pour la Ligue des droits de l'homme qui avait saisi la plus haute juridiction administrative, cette décision « aura vocation à faire jurisprudence ».

    Il convient désormais que les maires en tire des conséquences et qu'ils puissent retirer ces différents arrêtés qui manifestement méconnaissent les libertés fondamentales
    Patrice Spinosi Avocat au Conseil d'Etat de la ligue des droits de l'homme 26/08/2016 - par RFI Écouter

    Les maires font de la « résistance »

    Plusieurs maires ont d'ores et déjà averti qu'ils ne retireraient pas leur arrêté. Parmi eux, Ange-Pierre Vivoni, le maire socialiste de Sisco en Haute-Corse, qui avait pris son arrêté au lendemain d'une violente rixe entre des Marocains de Furiani et des villageois dans sa commune mi-août. Idem pour Lionnel Luca, le maire (Les Républicains) de Villeneuve-Loubet, dont l'arrêté est le premier concerné. L'élu affirmant attendre une loi. « Loin d'apaiser, cette décision [du Conseil d'Etat] ne peut qu'aviver les passions et les tensions », a déclaré Lionnel Luca. « Seule une loi peut les prévenir. (...) Je m'y emploierai dès la rentrée parlementaire [...] L'islamisation progresse dans notre pays. Il y en a qui peuvent se réjouir, ils ont gagné un petit pas supplémentaire. »

    Le premier édile (LR) des Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône), Roland Chassain, n'a pas l'intention de rendre les armes. « Il faut que l'on adapte le droit dans ce pays et que ce soit une loi générale sur l'ensemble du territoire français. S'il n'y avait pas eu de troubles sur ma commune, je n'aurais pas pris l'arrêté. » Roland Chassin avait indiqué sur son blog que les services de sa ville avaient été « confrontés à des personnes ou des groupes de villes voisines qui voulaient privatiser des espaces de plages ».

    La droite veut légiférer

    Ainsi, les Républicains (LR) déposeront à la rentrée parlementaire une proposition de loi visant à « sécuriser » les décisions des maires qui ont pris des arrêtés anti-burkini, a annoncé vendredi Guillaume Larrivé, porte-parole du parti, juste après la décision du Conseil.

    A l'extrême droite, Marine Le Pen réclame elle aussi que le législateur prenne « ses responsabilités ».

    La gauche, de son côté, semble soulagée malgré les divisions qui perdurent. « J'espère maintenant que la polémique est dernière nous, indique Razzy Hamadi, député PS. Je ne doute pas que la droite et l'extrême droite vont maintenant demander une loi. Cette loi sera inévitablement en opposition, y compris avec nos principes constitutionnels, sur le même argument de disproportionnalité. »

    Fin de la polémique ?

    Le Premier ministre, Manuel Valls, s'est déclaré en faveur des arrêtés municipaux interdisant le port sur les plages de ce maillot de bain islamique. Mais trois de ses ministres s'y sont frontalement opposés. Cette ordonnance est « une claque pour le Premier ministre », a déclaré à Reuters le secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri.

    Le chef du gouvernement, qui se retrouve très isolé, s'est exprimé vendredi soir sur sa page Facebook : « Cette ordonnance du Conseil d’Etat n’épuise pas le débat qui s’est ouvert dans notre société sur la question du burkini. Ce débat n’est pas anodin. C’est un débat de fond, qui vient après d’autres (...) Il n'y a pas de liberté qui enferme les femmes ! C'est dénoncer un islamisme mortifère, rétrograde. Une vision que je n'accepte pas au nom même de la place que l'islam doit trouver dans notre société (...) Le silence serait sans doute plus confortable, pour ne pas risquer les généralisations, pour ne pas aviver des plaies ouvertes au sein de la société française. Mais rester silencieux, comme par le passé, c'est un petit renoncement. »

    Manuel Valls refuse donc de modérer sa position et affiche la cohérence de ses convictions, lui qui avait voté, avec la droite, la loi sur l'interdiction du voile intégral dans l'espace public. Quitte à s'isoler un peu plus dans son camp, il se positionne comme celui qui, à gauche, a le courage de s'attaquer à ce débat très sensible. La raison est simple : les thématiques de la République, de la laïcité, de la sécurité sont au coeur de son positionnement politique et c'est autour d'elles qu'il veut continuer à construire son image. Et puis le risque politique pris par le Premier ministre à court terme est calculé : les sondages montrent qu'une majorité de Français est opposée au burkini.

    Le Conseil d'Etat suspend l'arrêté anti-burkini de Villeneuve-Loubet

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