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    Le Dalaï Lama en visite en France

    media Le Dalaï Lama lors d'une conférence à Bruxelles, le 11 septembre 2016. REUTERS/Eric Vidal

    Après deux jours à Bruxelles, le chef spirituel des bouddhistes est cette semaine à France pour la première fois depuis cinq ans. A Paris tout d’abord puis à Strasbourg le week-end prochain. Son programme est chargé. Tenzin Gyatso parlera bien sûr religion et culture tibétaine, mais aussi « dialogue interreligieux » et « droit et environnement ». Il accordera une audience à près de 3.000 exilés tibétains. En revanche aucune rencontre politique au niveau gouvernemental n’est prévue.

    Le Dalaï Lama reste avant tout le chef spirituel des bouddhistes, et cela depuis 66 ans. Mais il est devenu bien davantage : « Il n’est pas seulement la conscience des Tibétains, il est devenu une sorte de conscience universelle, rappelle le sénateur André Gattolin, membre du groupe d’information pour le Tibet. Prix Nobel de la paix, il est porteur d’un discours sur la non-violence. C’est aussi quelqu’un qui, face à un besoin de spiritualité, établit une connaissance qui se veut détachée des pouvoirs de l’Eglise. Dans ses derniers discours, il a par exemple une réflexion approfondie sur la laïcité. Son message dépasse largement le cadre d’une religion ou d’un territoire, c’est pour cela qu’il a autant de popularité et d’influence. »

    Devenu chef du gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde, après l’échec du soulèvement du Tibet contre Pékin en 1959, il a -en 2011- renoncé à toute fonction gouvernementale, séparant le religieux du politique. Il n’empêche, le Dalaï Lama reste la bête noire du gouvernement chinois. « Il est toujours considéré comme un fractionniste, comme quelqu’un qui recherche l’indépendance de la Chine, alors que sa position a toujours été de trouver un compromis, une forme d’autonomie provinciale du Tibet en Chine. Aujourd’hui, face à la puissance grandissante de la Chine sur les plans économiques et diplomatiques, la plupart des pays occidentaux - dont les relations avec Pékin influent fortement sur la balance commerciale - hésitent à inviter et à recevoir le Dalaï Lama. »

    En 2014, lorsque l’Afrique du Sud avait refusé de donner un visa au Dalaï Lama afin qu’il participe au sommet des Nobels de la paix, Desmond Tutu s’était dit honteux de voir son pays « courber l’échine devant Pékin ».

    Autocensure

    A Paris, ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault ne recevront Tenzin Gyatso. Officiellement ce n’était pas envisagé, ce que confirme le sénateur André Gattolin, du groupe Europe Ecologie Les Verts.

    « Le Dalaï Lama n’a pas sollicité de rencontres politiques parce qu’il veut se cantonner à son rôle spirituel. Donc il n’a pas fait de demande officielle à être reçu par l’Elysée ; en d’autres temps, il l’aurait fait, mais il est à présent dans une situation différente. C’est aussi, concède André Gattolin, une façon de rendre sa visite possible, sans créer trop de problèmes avec les autorités françaises qui effectivement sont devenues extrêmement frileuses quand il s’agit de relations diplomatiques avec la Chine. »

    Le Dalai Lama l’a dit lui-même dans les colonnes du Monde, « Je n’ai rien à dire aux officiels, je préfère parler du bonheur ». Il n’y a pas non plus été invité…

    Ce qui ressemble fort à de l’autocensure ne frappe pas que les responsables politiques, si l’on en croit les spécialistes. « Je devais animer à Strasbourg une conférence avec la projection du documentaire Que reste-t-il de nous ?, explique la sinologue Marie Holzman, et tout a été annulé sans aucun commentaire. Une association prévoyait un lâcher de ballons aux couleurs du drapeau tibétain, l’événement n’aura pas lieu. Le problème, c’est que le gouvernement chinois avance masqué, et que l’on ne sait pas toujours qui signe ces interdictions… ».

    A Paris, le prestigieux institut de Sciences Politiques a également annulé une conférence au motif qu’elle aurait été redondante avec celle prévue au Collège des Bernardins – annulation qualifiée de « suspecte » par l’Obs.

    Desmond Tutu et Dalai Lama, au Cap, le 21 août 1996. REUTERS/Mike Hutchings

    Une visite au Sénat

    Le Dalaï Lama sera tout de même officiellement reçu au Sénat. Une poignée de main avec quelques députés et sénateurs ne déclenchera sans doute pas les mêmes foudres qu’une rencontre avec un président.

    La dernière, celle de Nicolas Sarkozy fin 2008, avait eu lieu à Gdansk en Pologne, et la réaction de Pékin avait fait trembler les milieux économiques. Plus tôt dans l’année, à la veille des JO en Chine, le parcours de la flamme avait été perturbé à Paris par des manifestations pro-Tibet. L’Union européenne était en pleines négociations avec Pékin.

    La journaliste de l’Obs Ursula Gauthier se souvient d’une crise « extraordinaire ». « Les autorités chinoises ont pensé que cette grande figure morale allait mettre leur triomphe en danger… Ils ont été extraordinairement en colère on le sait, puisqu’ils ont interrompu les discussions au motif de ce qui s’était passé avec la flamme olympique, explique la grande spécialiste du Tibet. Il y eut quelques contrats suspendus, des représentations auprès de l’ambassade, ils se sont plaints à Paris, etc. donc les hommes d’affaires ont eu extrêmement peur. Mais dès l’année suivante nous étions de nouveau très amis avec la Chine, en témoigne la visite de Nicolas Sarkozy. Donc en réalité l’intérêt économique reprend toujours le dessus ! » Ursula Gauthier expulsée fin 2015 de Chine, où elle était correspondante de l’Obs, en sait quelque chose.

    L’un des rares chefs d’Etat à recevoir régulièrement le Dalaï Lama est le président américain, Barack Obama. La dernière fois c’était en juin dernier, sans que cela prête à conséquences. Pour la chanteuse américaine Lady Gaga, qui avait, elle aussi, rencontré Tenzin Gyatso avant l’été, il n’en a pas été de même : Pékin l’a interdite de séjour sur le sol chinois.

    Le Dalaï Lama et Barack Obama, lors d'un entretien à la Maison Blanche en février 2014. White House photo/Pete Souza/ Reuters

     

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