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    Prix Bayeux 2016 : Les reporters disparus ont désormais aussi leur monument

    media Le secrétaire général de Reporters Sans Frontières Christophe Deloire a évoqué le mémoire d'Anna Politovskaïa, assasssinée il y a juste 10 ans à Moscou. Christophe Carmarans/RFI

    Comme chaque année depuis dix ans, un hommage a été rendu jeudi aux reporters tués durant l’exercice de leur métier au Mémorial des reporters de Bayeux, 787 depuis octobre 2006. Un nouveau monument a été dévoilé pour rendre hommage aux reporters disparus dont on est sans nouvelle depuis parfois des décennies.

    de notre envoyé spécial à Bayeux

    C’est un bel endroit, calme, paisible, dans un parc boisé, en lisière de la ville de Bayeux. Il fait face au Cimetière militaire britannique de la ville où les tombes de 4 648 soldats morts lors du Débarquement de juin 1944 sont disposées les unes à côté des autres, petites stèles blanches dont l’alignement, par son ampleur, impressionne. Cet endroit où nous étions hier jeudi, c’est le Mémorial des reporters de Bayeux, inauguré il y a tout juste dix ans, le 7 octobre 2006. Pas de tombes ici, juste de hauts cénotaphes rectangulaires où sont gravés, simplement, année après année, le nom des reporters tués dans l’exercice de leur métier, abattus parfois, de plus en plus souvent même, « en raison de leur métier » comme l’a rappelé lors de son allocution Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters Sans Frontières (RSF).

    Et puisque les chiffres ont un sens, on va les rappeler : sur les 2 000 noms gravés dans la pierre de ce mémorial qui recense les journalistes et techniciens abattus depuis 1944, 787 ont été tués ces dix dernières années, 110 en 2015, dont 67 en raison de leur métier. C’est terrible de le constater mais on ne peut s’empêcher d’y penser : si l’on avait aligné des tombes individuelles au lieu de cénotaphes collectifs, le cimetière des journalistes serait déjà à moitié aussi étendu que celui d’en face. Triste constat, d’autant que le chiffre va encore s’amplifier. Autrefois, du moins le plus souvent, les reporters étaient les victimes collatérales des conflits. Ils sont à présent devenus des cibles, des monnaies d’échange, voire les deux.

    Le souvenir d’Anna Politovskaïa

    Christian Hoche, Jean-Claude Guillebaud et Christophe Deloire jeudi à Bayeux. Christophe Carmarans/RFI

    En cette journée du souvenir, Christophe Deloire a tenu à rendre un hommage particulier à la journaliste russe de Novaïa Gazeta Anna Politovskaïa, assassinée il y a dix ans tout juste, le 7 octobre 2006, à Moscou dans une cage d’ascenseur. « C’était déjà la 21e journaliste assassinée depuis l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, la sixième de Novaïa Gazeta » a rappelé le secrétaire général de RSF, en référence à ce journal qui a dénoncé les atteintes aux droits de l’homme, la corruption et la guerre en Tchétchénie notamment. Pour honorer la mémoire de la journaliste assassinée, Elena Milashina est venue prendre la parole en anglais. Elle-même journaliste à Novaïa Gazeta, elle a été tabassée et gravement blessée à la tête en 2012 par les hommes de Ramzan Kadyrov, l’homme fort de Tchétchénie. «  En Russie nous n’avons que peu de soutien mais cela fait du bien de savoir que nous en avons dans le monde. Et de savoir qu’Anna est importante » a-t-elle dit.

    D’autres proches et témoins se sont succédé au micro, témoignages sobres, dignes et émus. Le président du jury Prix Bayeux 2016 Jean-Claude Guillebaud, écrivain et journaliste à L’Obs, s’est souvenu de son camarade Michel Laurent, « le dernier mort de la guerre du Vietnam », tombé à Hô-Chi-Minh-Ville, alors Saïgon, à l’âge de 29 ans fin avril 1975 aux côtés du journaliste du Figaro Christian Hoche, lui-même blessé et capturé par les vietcongs. Et aussi Claudine Kent, la compagne du photojournaliste de la chaîne publique américaine NPR, David Gilkey, abattu en juin dernier par les talibans avec son traducteur Zabihullah Tamanna ; puis Maryvonne Lepage, la mère de la photojournaliste Camille Lepage, morte à 26 ans en République centrafricaine en 2014 ; Déo Namujimbo dont le frère Docime Namujimbo a été assassiné à Bukavu en RDC en 2008 et Bochra, l’épouse du journaliste syrien Naji Jerf abattu à 38 ans le 27 décembre 2015 à Gaziantep en Turquie, alors qu’il s’apprêtait à trouver refuge en France avec sa famille, un destin si cruel.

    Un monument pour les disparus

    Une stèle à la mémoire des journalistes disparus a été dévoilée ce jeudi 6 octobre. Christophe Carmarans/RFI

    Une attention particulière a cette année été portée envers les disparus, ceux dont on est sans nouvelles après des années et dont on a perdu la trace, comme le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, enlevé près d’Abidjan le 8 mai 2004 alors qu’il enquêtait sur des affaires politiques et financières mettant en cause le régime en place.

    Rory Flynn est venue dire à son tour qu’elle ne désespérait toujours pas de retrouver un jour son demi-frère, le photographe de guerre Sean Flynn, le fils du légendaire acteur Errol Flynn, disparu au Vietnam en 1970. Un Monument aux reporters disparus situé à l’entrée du Mémorial a donc été inauguré. C’est la silhouette en ombre portée d’un reporter-photographe, silhouette qui symbolise l’absence physique de ceux dont le corps n’a jamais été retrouvé mais dont le souvenir ne peut s’estomper, malgré l’absence physique. Il a été dévoilé au son de l’Elégie de Gabriel Fauré interprété par un soliste au violoncelle alors que le soleil disparaissait peu à peu derrière les arbres, en cette fraîche fin d’après-midi à Bayeux.

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