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    France

    Calais: la «jungle» se vide de ses habitants

    media La foule des migrants contenue par les policiers et les gendarmes lors de la première journée d'évacuation de la «jungle» de Calais, le 24 octobre 2016. PHILIPPE HUGUEN / AFP

    Au terme de la première journée d’évacuation du bidonville, 2 318 migrants ont quitté le camp de Calais. Ils ont été conduits vers des centres d’accueil et d’orientation. Le démantèlement se poursuivra toute la semaine.

    de notre envoyée spéciale à Calais,

    Dès les premières lueurs du jour, le bruit des valises traînées sur le sol fait écho à celui des moteurs des autobus. Par groupe de cinq, dix, ou trente, les premiers candidats au départ bravent la nuit noire et s’extirpent du camp sans se retourner. Ces Soudanais, Erythréens, Ethiopiens ou Afghans, n’y passeront pas une nuit de plus.

    « J’attends le bus, c’est tout ce que je sais »

    Hussein porte un bonnet noir, et une écharpe autour du cou. Ce Soudanais n’a pas beaucoup dormi. Il est arrivé au point d’accueil dès 6h du matin pour être sûr de partir dans les premiers bus. Le jeune homme attend patiemment dans la file, comme le font des dizaines d’autres migrants. « J’attends le bus, mais c’est tout ce que je sais. Il peut être à destination du sud de la France, ou du Nord, je ne sais pas où il va », dit-il.

    A l'entrée du point d'accueil, dans la file réservée aux mineurs isolés, [...] les adolescents doivent enlever leur cagoule, leur écharpe et ce qui couvre leur visage

    Ecoutez le reportage de notre envoyée spéciale, Alice Pozycki 25/10/2016 Écouter

    A l’ouverture des portes commence alors une course effrénée. Les derniers tentent de gagner quelques places. Face à eux, un mur de policiers et de gendarmes contient la foule. Pour rejoindre les bus, les migrants doivent patienter dans la file d’attente qui correspond à leur situation : majeur isolé, mineur isolé, famille, ou personne vulnérable.

    Sadik Lafan correspond au premier profil. L’attente lui paraît interminable. Centimètre après centimètre, il pousse son petit sac à dos du pied, et finit par gagner le premier sas. « Cela fait trois heures que j’attends dans cette file. Trois heures ! La police devrait faire attention aux gens, ça n’est pas ce qu’ils font. Ils laissent faire. Tout le monde se pousse. Ce n’est pas bien », juge-t-il.

    Des départs basés sur le volontariat

    Alekh Tashar est encore plus près du départ, il a déjà récupéré son bracelet qui précise la destination du bus. La pièce de plastique qu’il porte au poignet est verte. Alekh ne sait pas à quoi cette couleur correspond, mais il pense qu’elle le mènera à Toulouse. C’est en fait en Rhône-Alpes qu’est situé le centre d’accueil et d’orientation qui accueillera le jeune Afghan.

    A l’instar d’Hussein, de Sadik ou d’Alekh, 2 318 exilés ont quitté la jungle de Calais au terme du premier jour de l’évacuation. Tous étaient volontaires pour partir. Certains y vivaient depuis des mois, dans des conditions extrêmement précaires. Ce départ est parfois vécu comme un réel soulagement. « La jungle, c’est pour les animaux, on va enfin être considéré comme des humains », ironise un homme en blouson de cuir.

    Pour cette opération hors norme, le gouvernement souhaite « éviter l’usage de la force publique ». Pourtant dans la jungle, les réfractaires au démantèlement sont bien là.

    Derniers jours dans la « jungle »

    Loin de l’agitation du point d’accueil, à quelques centaines de mètres, l’ébullition qui régnait jusqu’à présent dans la jungle semble faire partie du passé. Certains abris portent déjà les stigmates des lieux abandonnés. Des vitres sont explosées par terre, le vent secoue les bâches percées. Au milieu des ruelles informelles, les migrants se réchauffent près de feux de bois.

    Une dizaine d’Afghans sont attroupés autour d’un large foyer alimenté par une palette de bois. Un homme verse de l’huile de tournesol sur les braises. A l’écart, Liakhat Domaj regarde le spectacle en souriant, il ne veut pas quitter le bidonville.

    « Cela fait onze mois que je suis ici. J’essaye de passer en Angleterre chaque jour, même si c’est impossible. Je ne veux pas partir, je veux traverser la frontière. Si la police intervient, je n’aurai pas le choix, je les suivrai. Mais s’il y a une nouvelle jungle, je reviendrai. Je suis prêt à revenir », lance le jeune homme d’un air déterminé.

    Pas de date butoir

    Natacha Bouchart, maire les Républicains de Calais, semble dubitative sur l’après-évacuation. « Cela fait vingt ans que Calais connaît cette situation et l’Etat ne donne aucune garantie sur sa gestion des migrants une fois l’évacuation terminée », regrette l’édile.

    Aucune date butoir n’a été annoncée par le gouvernement, qui s’engage à prendre le temps nécessaire pour que l’évacuation s’achève dans le calme.

    Pour le deuxième jour de l’opération, 2 700 personnes sont attendues pour rejoindre les centres d’accueil et d’hébergement. Au même moment, les engins de chantier feront leur entrée sur le camp pour démanteler les premiers abris vides.

    Sur la jungle de Calais, au 2e jour de son démantèlement, la police enregistre les candidats au départ vers un centre d'accueil et d'orientation (CAO). REUTERS/Philippe Wojazer

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