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    France

    Calais entre soulagement et perplexité après le démantèlement de la «jungle»

    media Un CRS français empêche des migrants de retourner dans la « jungle » après qu'elle ait été démantelée. REUTERS/Pascal Rossignol

    Le démantèlement de la « jungle » est officiellement terminé, 5 500 migrants ont quitté ce bidonville que certains d'entre eux habitaient depuis plusieurs mois. De leur côté, les Calaisiens oscillent entre soulagement et perplexité. D'après des associations,  2 000 à 3 000 migrants seraient aujourd'hui livrés à eux-mêmes et dispersés dans la région.

    Avec nos envoyés spéciaux à Calais, Mathias Taylor et Alice Pozycki

    Sur la place du centre-ville de Calais, Brigitte marche d’un pas pressé. Pour elle, le départ des migrants est une bonne chose et va permettre de retrouver un peu de sérénité. « Je sais que le soir, si je sors et que je vois un migrant, automatiquement, j’ai quand même une appréhension et je change de trottoir donc je suis soulagée. », explique-t-elle en déplorant toute fois que la ville ait beaucoup changé ces derniers mois. « Dans le centre-ville, j’entendais plus parler anglais que français. Tout le monde fuit Calais, donc il n’y a rien à faire, ce sera beaucoup mieux pour tout le monde. »

    Le démantèlement de la « jungle » est donc un soulagement pour beaucoup d’habitants même si cela ne règlera certainement pas tous les problèmes. « C’était organisé, il y avait une école, ils avaient même l’électricité. Même eux ils avaient un point de chute, ils savaient où ils allaient. Cela nous permettait de garder notre ville propre. Là, les squats vont réapparaître, redoute une Calaisienne vêtue d’un manteau en fourrure violet. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. »

    Tous s’accordent à dire que Calais n’en a pas fini avec les migrants. Depuis 20 ans, la ville est un lieu de transit pour les candidats au passage vers la Grande Bretagne dont les côtes ne sont qu’à 24 kilomètres.

    2 000 à 3 000 migrants dans la nature

    D’après plusieurs associations, dont le Secours catholique et l’Auberge des migrants, entre 2 000 et 3 000 migrants auraient fui la « jungle » et seraient actuellement dispersés dans le Calaisis ou à Paris. Le démantèlement est officiellement terminé mais hier soir une centaine de migrants, dont des adolescents, ont passé la nuit dehors. Ce matin, ils ont tenté de rejoindre le camp d’accueil provisoire des mineurs isolés.

    Sac sur le dos, valise à la main, le petit groupe s’est dirigé vers le bidonville. A leur arrivée, un cordon de gendarmes mobiles s'est déployé pour leur en interdire l’accès avant de finalement les laisser entrer. Parmi eux un Afghan se faufile et ne sait pas où aller. « On a plus de 18 ans, explique-t-il. On a passé la nuit le long de cette route et on attend de pouvoir entrer dans les containers du camp ».

    Ce qu’il ignore, c’est que ces containers sont réservés aux mineurs. Dans ce groupe, certains sont encore adolescents, une bénévole anglaise leur explique qu’ils vont être enregistrés. Selon la préfète du Pas-de-calais, les mineurs seront tous pris en charge, quant aux autres, ils partiront à bord d’un autocar. Ou à pied vers d’autres villes de France. En tout cas, ils ne retourneront plus dans la « jungle ».

    La fin d'un monde

    De la « jungle », il ne reste plus rien. Les violents incendies de ces derniers jours ont détruit les commerces et les restaurants qui bordaient autrefois l'artère principale du bidonville. Seules les carcasses restent, calcinées, ravagées par les flammes.

    Enter les cendres, certaines tentes et cabanes de fortune tiennent encore debout... mais les toiles, les bâches sont éventrées, déchirées par le vent de la côte. A l'intérieur des abris subsistent les restes d'un quotidien de misère : là une couverture, ici une vieille paire de chaussures abandonnées. A même le sol ou sur un coin de table, les restes d'un repas, les briques de lait ouvertes témoignent d'un départ précipité.

    Les ruelles informelles autrefois bouillonnantes sont aujourd'hui vides. Et seul le travail des engins de chantier vient troubler ce silence pesant. Entre les bouteilles de gaz abandonnées, les gamelles laissées à terre, les canalisations défoncées crachent un flot continu de jet d'eau.

    Un an et demi après l'installation des premières tentes, la « jungle » de Calais offre un autre spectacle de désolation, une ambiance de fin du monde. Mais dans le bidonville, les chants, les rires, et les cris résonnent encore.

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