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    France

    François Roustang, un parcours de vie hypnotique

    media François Roustang a laissé derrière lui une oeuvre abondante. ® Odile Jacob

    Le philosophe hypnothérapeute François Roustang est décédé le 23 novembre à l’âge de 93 ans. Il était une référence internationale dans le domaine de l’hypnose par la force d’une pensée qu’il a décrite dans de nombreux ouvrages.

    François Roustang s’est éteint dans la nuit du 22 au 23 novembre. Hypnothérapeuthe reconnu mondialement, son parcours est à l’image de sa capacité à absorber les choses et le temps. Durant sa vie, il a pour ainsi dire fait le grand écart, du religieux à l'hypnothérapie, en synthétisant brillamment la pensée de nombreux intellectuels ou médecins. Jacques Lacan, René Girard, Carl Jung, Sigmund Freud, Milton Erickson, Leon Chertok, Gregory Bateson... ont nourri le terreau du parcours inédit de ce remarquable penseur thérapeute.

    Une expérience allait changer son mode de pensée : l’hypnose

    Un parcours inédit car ses débuts dans la vie furent... religieux chez les jésuites : la compagnie de Jésus. Puis après avoir réglé quelques comptes avec le fonctionnement de l’église dans un article intitulé : « Le troisième homme », il fut relevé de ses vœux par le pape. Trop moderne ? Condamné à vivre dans la « vraie » vie ? C’est en tout cas à bras le corps, après une analyse, qu’il va s'intéresser aux travaux des écoles freudienne et lacanienne. Vouloir comprendre les fonctionnements de l’être humain était alors sa quête. Et une expérience allait changer son mode de pensée : l’hypnose.

    Sortir de l'ornière de la pensée analytique

    « L’hypnose ? Les effets n’avaient rien à voir avec ce que j’avais entendu. Ce fut un moment joyeux et libérateur » confie-t-il au magazine Psychologies. C’est en 1983, en compagnie de René Girard, qu’il va lâcher prise par les soins d’hypnothérapeutes américains formés par Milton Erickson. Dans le cas d’Erickson, on parle plus volontiers de suggestion : un état de conscience modifié (l'école de Palo Alto fut pionnière dans le domaine). Joie et libération... François Roustang s’attache alors à remettre cette pratique ancestrale au goût du jour. Non sans oublier de notifier, encore avec impertinence, son désaccord avec Jacques Lacan et les héritiers de Freud. Une école freudienne qu’il juge définitivement soumise devant les « maîtres » Freud ou Lacan. Lui avait trouvé le moyen de sortir de l'ornière de cette pensée analytique trop réfléchie qui, selon lui, se regarde trop dans un miroir, jusqu’à la mise en abyme et le danger de la disparition du reflet ; au point d’oublier l’humain. François Roustang pouvait alors faire son chemin, libre de pères trop encombrants.

    Troublante question : à quoi aboutit-on si on ne fait rien ?

    En exergue de son roman best-seller, La fin de la plainte, on peut lire « Se connaître est La démangeaison des imbéciles » George Bernanos, puis juste en dessous « C’est le corps tout entier qui est l’esprit » Gao Panlong. Il y a ce refus de la plainte chez François Roustang, cette analyse qui ne cesse jamais, ses pensées qui clouent les patients comme des victimes sur le fameux divan noyé d’interminables questions… Cesser les jérémiades ! Mais tout de suite aussi penser à son corps comme solution. Il n’hésite pas à affirmer ainsi dans Il suffit d’un geste que c’est par un simple mouvement du corps qu’on peut apprendre à changer, à guérir. « L’origine de nos souffrances est donc essentiellement un défaut de position. » dit-il dans Psychologies magazine. On en arrive au lâcher prise : « La question la plus troublante est la suivante : à quoi aboutit-on si on ne fait rien, si on en vient à supprimer tout ce qui fait une action, laquelle suppose toujours une intention ? [...] En tout cas, c’est le « ne rien faire » que l’on cherche à produire lors de l’induction à l’état hypnotique. »

    « Sinon, vous pouvez vivre »

    Rien de sorcier ou de chamanique, dans ces pratiques mais du bon sens mélangé à de la surprise organisée par le thérapeute. L’écrivain Emmanuel Carrère a décrit sa rencontre avec François Roustang dans son roman Le royaume. L’écrivain s’y décrit comme au bout du rouleau, sans espoir devant François Roustang qui lui a alors répondu : « Vous avez parlé du suicide. Il n’a pas bonne presse de nos jours, mais quelquefois c’est une solution. » Après avoir laissé s’installer un silence, le thérapeute conclut : « Sinon, vous pouvez vivre. » Fin de la cure. La solution est donc là, mais on ne savait pas la voir (aveugle que nous sommes), ni la faire naître (impotent que nous sommes).

    La pensée de François Roustang est un constant rappel à l’action dans le lâcher prise. Dans Comment faire rire un paranoïaque, il cite Kierkegaard : « La décision est une folie parce qu’elle est un saut dans l’inconnu et dans la nouveauté » mais explique « on va du passé au futur par la décision, c’est à dire en abandonnant l’infantile qui est toujours rêve de tout garder. » Dans le même livre, il a ces mots : « A la fin d’une analyse, il n’y a qu’un mot pour dire tout et rien, pour exprimer l’achèvement de ce qui commence, pour traduire non pas la la plénitude d’une frondaison, mais la vigueur irrépressible d’un germe : ' je suis vivant'. »

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