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    France

    Info RFI/L’Express: Damien Philippot dans l’équipe de campagne de Marine Le Pen

    media Dans les nouveaux locaux de campagne du Front national, en novembre 2016. RFI/Pierre Firtion

    C'est une confirmation : Damien Philippot, le frère du vice-président du Front national, joue désormais un rôle au sein de l’équipe de campagne de Marine Le Pen. L’ancien sondeur de l’IFOP dirige l’un des huit pôles thématiques, le pôle « rédaction », une cellule chargée de rédiger les documents de campagne. L’organigramme est en passe d’être finalisé. Le parti est désormais en ordre de marche pour attaquer la campagne dès janvier.

    (Avec Alexandre Sulzer, de L’Express)

    « S’il démissionne de l’IFOP, c’est pas pour regarder la télévision toute la journée ». Le mois dernier, l’un des cadres du Front national annonçait ce qui était en train de se jouer : l’intégration de Damien Philippot à l’équipe de campagne de Marine Le Pen. Mais le frère du vice-président de Front national allait-il jouer un rôle officiel ? Désormais, la réponse ne semble plus faire de doute. Oui, l’ancien sondeur de l’IFOP va intégrer l’organigramme de campagne de Marine Le Pen.

    Selon les informations recueillies par RFI et L’Express, Damien Philippot dirige depuis plusieurs jours le pôle « rédaction », un organe à la fois chargé de rédiger les documents de campagne, tels que les argumentaires, et de répondre aux nombreuses sollicitations médiatiques. « C’est bien lui qui s’en occupe », ont confirmé à RFI et à L’Express plusieurs sources au sein du parti.

    Si sa nomination n’est pas encore officielle, elle devrait l’être début janvier. Un organigramme avec son nom circule d’ailleurs en interne depuis quelques jours. L’ancien directeur adjoint du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP gère ainsi une équipe de rédacteurs, composée entre autres de Marie-Amélie Dutheil de la Rochère, l’assistante parlementaire de son frère au Parlement européen, et de Thomas Laval, vice-président du groupe FN dans le Grand Est. Signe de son rôle grandissant, le nouveau venu a également participé à au moins une réunion programmatique en présence de Marine Le Pen, de son frère Florian, ainsi que de Jean Messiha, le coordinateur du projet.

    Ancien conseiller occulte de Marine Le Pen ?

    Sa nomination annoncée n’a rien d’une surprise. La rumeur de son arrivée au sein de l’équipe frontiste se faisait persistante depuis son départ de l’IFOP le 9 novembre dernier. L’ancien sondeur était soupçonné de jouer depuis des années un rôle de conseiller occulte de la candidate d’extrême droite. « On l’a vu rapidement après l’arrivée de Florian », raconte un cadre frontiste. C’est d’ailleurs ensemble que les deux frères ont rencontré pour la première fois Marine Le Pen en 2009.

    A l’origine de cette rencontre, Paul-Marie Couteaux. Ce dernier, aujourd’hui en froid avec la présidente du Front national, a récemment confié à l’AFP : « J'ai revu Damien Philippot ensuite assez souvent » au siège du FN à Nanterre. A-t-il alors aidé Marine Le Pen à l’insu de son employeur ? En d’autres termes, s’est-il servi des données produites par l’IFOP pour donner discrètement un coup de main à la candidate d’extrême droite ? Le principal intéressé a toujours démenti ces accusations. Quoi qu’il en soit, Damien Philippot va maintenant passer de l’ombre à la lumière. Lui qui, à en croire l’entourage de Marine Le Pen, dispenserait également ses conseils en matière d’enquêtes d’opinion.

    Pas de direction de pôle pour son frère Florian

    Son frère Florian Philippot n’apparaît lui en revanche à aucune direction de pôle. Ce qui n’étonne en rien ce cadre frontiste : « Nous, les dirigeants, on n’est pas là pour s’occuper de l’aspect technique ». Une analyse partagée par cet autre proche de la candidate : « Je pense qu’il n’était pas demandeur, il a déjà été directeur de campagne, il ne voulait pas être intégré à la gestion quotidienne de la campagne ». Marion Maréchal-Le Pen elle non plus ne figure pas dans cette partie de l’organigramme. « Elle n’a pas souhaité y être, elle fait les choses de son côté », relate ce haut dirigeant qui ajoute : « Marion, comme Florent, ne veut pas s’occuper du nombre de chaises… ».

    Leur absence n’aurait donc rien d’une sanction. « Ils font partie du conseil stratégique, insiste un responsable frontiste pour qui les deux conservent un rôle politique éminent. Et puis Marine Le Pen a choisi les directions de pôle il y a un mois et demi. Il n’y a eu aucune évolution depuis la semaine dernière ». Sous-entendu, depuis le violent différend qui les a opposés. Un épisode qui a provoqué de gros remous en interne. A tel point que Jean-Lin Lacapelle, le secrétaire national aux fédérations, a dû se rendre en urgence à Lyon en fin de semaine dernière pour rappeler à l’ordre les secrétaires départementaux qui avaient trop ouvertement soutenu Marion Maréchal-Le Pen lors de cette montée en tension.

    Des proches de Marine Le Pen à tous les postes

    Ces huit directions de pôles rassemblent surtout des très proches de la candidate. Associés à la direction du pôle « Idées-Image », l’ancien transfuge de l’UMP Sébastien Chenu et le revenant – par ailleurs beau-frère de Marine Le Pen – Philippe Olivier. Jean-Lin Lacapelle, le puissant secrétaire national aux fédérations – qui travaille au renouvellement de l’appareil – a en charge la « mobilisation militante ». Les « finances » sont gérées par l’inamovible Jean-Michel Dubois. « L’International » reste la chasse gardée de Ludovic de Danne. Michel Guiniot s’occupe lui de récolter les 500 parrainages, une tâche plus simple que par le passé – il aurait déjà réuni 400 promesses de parrainages – en raison du grand nombre d’élus locaux que compte aujourd’hui le parti.

    Le jeune conseiller régional Kévin Pfeffer, secrétaire départemental du FN en Moselle et très proche de Florian Philippot, devrait lui hériter lui de la « logistique » aux côtés de l’une des sœurs de la présidente, Yann Le Pen, de la secrétaire nationale aux adhésions, Sandrine Leroy et de Mickaël Ehrminger, secrétaire général du collectif des « usagers de la santé ». Quant à Jean Messiha, haut fonctionnaire et porte-parole des Horaces, il a en charge la rédaction du « projet ». L’ancien « gudard » [Le GUD est une organisation étudiante d'extrême-droite NDLR] et ami intime de la présidente, Frédéric Chatillon, lui, n’apparaitrait pas au sein de cet organigramme.

    Des coordinateurs régionaux relais de terrain

    Les chefs de pôle se sont déjà réunis à deux reprises au sein d’un comité de pilotage. Ces directeurs participent également tous les quinze jours au conseil stratégique, sorte de bureau politique de campagne qui rassemble tous les ténors du parti, de Florian Phillipot à Marion Maréchal-Le Pen, en passant par David Rachline, Louis Aliot, Bruno Bilde, Jean-Lin Lacapelle ou encore Philippe Olivier. Un conseil stratégique qui s’est réuni à deux reprises et dont la prochaine réunion est prévue pour le 9 janvier.

    Outre les ténors, d’autres cadres sont appelés à jouer un rôle important dans les prochains mois. Ce sont les coordinateurs régionaux. A la tête de cinq grandes régions, ces responsables seront chargés d’assurer la mobilisation des élus et d’organiser les déplacements de la candidate. Là encore, ce sont des proches de la présidente ou de Florian Philippot qui devraient truster les postes, comme Philippe Emery (région Nord), Aurélien Legrand (Ile-de-France), ou encore Sophie Montel (Est).

    Marine Le Pen va démarrer sa campagne dès janvier

    Des équipes qui sont déjà dans les starting-blocks, car contrairement à ce qu’elle avait annoncé, Marine Le Pen va démarrer sa campagne dès janvier. Une accélération certainement pas étrangère à la victoire de François Fillon à la primaire de droite et aux bons sondages d’Emmanuel Macron. Le 4, elle adressera ses vœux à la presse, puis participera le lendemain à l’ultime convention thématique (consacrée à entrepreneuriat et à l’innovation), avant d’entamer – peut-être dès le 6 – une première phase de déplacements. Sept ou huit sont prévus pour le seul mois de janvier, au rythme de deux par semaine. « Elle ira là où les autres ne vont pas », explique un de ses proches. « A la rencontre des Français qui pourraient pâtir d’une victoire de François Fillon », ajoute son directeur de campagne David Rachline.

    Lors de ces déplacements centrés sur la ruralité, la santé et l’immigration, la candidate d’extrême droite entend multiplier les rencontres avec les acteurs locaux. Et éventuellement, tenir de petits meetings sur des places de villages, ou dans des salles des fêtes, un peu à la façon de Donald Trump et Bernie Sanders lors de la campagne américaine.

    Entre temps, Marine Le Pen aura débuté autour de la mi-janvier son « cycle de conférences », comme le qualifie un de ses soutiens. Des rendez-vous réguliers qui lui permettront de détailler des points de son programme sur des sujets difficiles à développer en meeting, tel que la diplomatie. Des déplacements à l’étranger « sont également dans les cartons pour janvier ou février », ajoute un dirigeant frontiste. Comme quoi, à la veille de Noël, le parti semble en ordre de marche. Prêt à monter au front.

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