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    France

    Affaires Fillon: un drame politico-médiatique en cinq actes

    media François Fillon à la fin de sa conférence de presse, lundi 6 février 2017. REUTERS/Benoit Tessier

    Candidat de la droite et du centre à la présidentielle 2017 après sa victoire à la primaire en novembre, François Fillon est dans la tourmente depuis les premières révélations du «Canard enchaîné» sur une affaire d’emplois présumés fictifs concernant son épouse Penelope. Mais ce lundi 6 février, il a décidé de reprendre la main.

    Prologue

    Le 27 novembre 2016, François Fillon remporte la primaire de la droite et du centre. Contre toute attente, l’ancien Premier ministre s’est imposé au premier tour devant les deux favoris, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, avant de battre sèchement le maire de Bordeaux au second tour. Sa victoire est celle de la tortue contre le lièvre, qui trace sa route patiemment, imperturbable. C’est aussi celle d’une droite conservatrice et intègre que François Fillon prétend incarner. « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? » avait-il ainsi lancé en août 2016 à l’adresse de Nicolas Sarkozy, sans jamais le nommer. Les sondages le placent déjà au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen.

    Acte I : le pavé dans la mare

    Le Canard enchaîné jette le premier pavé dans la mare en révélant dans son édition du 25 janvier une affaire d’emplois présumés fictifs concernant l’épouse du candidat à la présidentielle. Penelope Fillon aurait touché environ 500 000 euros comme attachée parlementaire de son mari de 1998 à 2012. Elle aurait par ailleurs gagné 100 000 euros en tant que conseillère littéraire à la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, un proche de François Fillon. Rien d’illégal a priori. Sauf qu’à l’Assemblée nationale comme dans la circonscription de la Sarthe dont François Fillon est député, personne ne semble se souvenir avoir travaillé avec l’intéressée. De même, seules deux notes de lecture lui sont attribuées à la revue littéraire. De quoi alimenter les soupçons d’emplois fictifs. Le parquet national financier ouvre aussitôt une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics. Le « Penelopegate » vient d’éclater.

    Acte II : la riposte

    Le candidat à la présidentielle ne tarde pas à riposter. Invité du 20h de TF1 le 26 janvier, il dénonce des accusations « abjectes » qui « consistent à attaquer [sa] femme pour [l’]atteindre ». François Fillon affirme que son épouse travaille avec lui depuis toujours et souhaite que l’enquête, à laquelle il collabore, aille vite. Et comme pour anticiper de prochaines révélations, il confesse avoir également employé deux de ses enfants, « avocats de métier », pour des missions ponctuelles. Mais il le promet : s’il est mis en examen, il se retirera de la course à la présidentielle.

    Trois jours plus tard, en meeting à La Villette, François et Penelope Fillon sont accueillis par des applaudissements nourris. La famille de la droite et du centre veut montrer qu’elle fait front contre les accusations. Du sarkozyste François Barroin au centriste Jean-Christophe Lagarde, en passant par la juppéiste Valérie Pécresse, ses ténors se succèdent à la tribune pour l’assurer de leur soutien. « Non, François, tu n’es pas seul, nous t’aimons et nous te protégerons », lui déclare la présidente de la région Ile-de-France. Car l’ancien Premier ministre le réaffirme : à travers son épouse, c’est lui qu’on cherche à « casser ». « Si on veut m’attaquer, qu’on m’attaque droit dans les yeux, mais qu’on laisse ma femme en dehors de ce débat politique », ordonne-t-il.

    Acte III : la panique gagne Les Républicains

    Depuis une semaine, les révélations pleuvent dans la presse. Selon le site d’investigation Mediapart, François Fillon, lorsqu’il siégeait au Sénat entre 2005 et 2007, aurait empoché de l’argent destiné à rétribuer les assistants, grâce à un système de commissions occultes dont tout le groupe UMP profitait. Le Journal du dimanche précise que l’ancien sénateur aurait ainsi encaissé sept chèques d’environ 3 000 euros chacun. Des soupçons de conflits d’intérêts pèsent aussi sur sa société 2F Conseil, créée à son départ de Matignon. Alexia Demirdjian, présentée comme un « pilier » de l’équipe Fillon, est également dans le viseur. Selon Mediapart, elle aurait elle aussi bénéficié d’un emploi fictif au sein du groupe dirigé par Marc Ladreit de Lacharrière, le patron de la Revue des deux mondes.

    Ce mercredi 1er février, le Canard enchaîné en ajoute une couche : ce ne sont pas 500 000 euros que Penelope Fillon aurait perçus en tant qu’attachée parlementaire, mais plus de 830 000, car elle aurait commencé à être déclarée en 1988 et pendant six mois en 2013, pour un total de quinze années. Ses deux enfants auraient quant à eux touché 84 000 euros entre 2005 et 2007, non pas pour « des missions ponctuelles » mais en tant qu’assistants parlementaires à plein temps, alors qu’ils n’étaient pas encore diplômés, comme leur père le prétendait six jours plus tôt.

    Il n’en fallait pas plus pour que la panique gagne le parti de François Fillon. Au point d’envisager un plan B pour le remplacer. Le député Georges Fenech convie Les Républicains à se préparer à une éventuelle défection. Son collègue à l’Assemblée Philippe Gosselin lance même un appel à Alain Juppé, qui décline l’invitation à devenir un candidat de substitution. Devant ses troupes rassemblées à son QG de campagne, François Fillon dénonce un « coup d’Etat institutionnel » et leur demande « de tenir quinze jours ».

    Acte IV : du « Penelopegate » au « Fillongate »

    Les médias, eux, n’attendent pas. L’émission Envoyé spécial exhume dans son édition du 2 février un entretien accordé par Penelope Fillon au Sunday Telegraph en 2007 dans lequel elle explique n’avoir jamais été l’assistante de son mari et ne pas s’être occupée de sa communication. « Je me suis rendu compte que mes enfants ne m’ont jamais connue que comme une mère », confie-t-elle. Pour bon nombre de commentateurs, l’épouse du candidat passe alors du statut de complice à celui de victime. Il ne s’agit pas d’un « Penelopegate », mais d’un « Fillongate », s’insurgent-ils.

    Acte V : une nouvelle campagne ?

    Neuf jours après les premières révélations, François Fillon s’apprête à tenir une conférence de presse pour s’expliquer plus longuement sur ces affaires qui plombent sa campagne. Objectif de cet exercice aux airs d’opération de la dernière chance : solder la séquence et reprendre la main. Samedi, le candidat de la droite et du centre a fait distribuer des tracts réclamant la fin de la « chasse à l’homme ». « Trop c’est trop ! », s’offusquent ces billets qui ont été tirés à 3 millions d’exemplaires.

    A quelques heures de sa prise de parole, Le Monde publie de nouvelles révélations, selon lesquelles ses enfants embauchés comme assistants parlementaires auraient en fait travaillé, pour l’une, à la rédaction de son livre La France peut supporter la vérité, et pour l’autre, à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

    Mais ce lundi, devant les médias, François Fillon affiche le calme de celui qui n’a rien à se reprocher. La voix posée, le geste tranquille, il dément point par point tout ce dont on l’accuse. Et pour témoigner de sa bonne foi, il promet de publier sur son site internet les rémunérations perçues par son épouse. S’il se défend d’avoir enfreint la loi, il présente néanmoins ses excuses aux Français pour « l’erreur » d’avoir employé sa femme. « Une collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance », admet-il. « Quand la vérité aura été faite, quand chacun aura vu que le procès qui m’est fait est un procès diffamatoire, calomnieux, que le procès est complètement éloigné de la réalité des faits, les Français changeront d’opinion », affirme François Fillon qui accuse les médias d’en avoir « trop fait » pour le « lyncher » et l’« assassiner politiquement ». Mais ce lundi, promet-il, « c’est une nouvelle campagne qui commence ». Reste à savoir s'il s'agit réellement du dernier acte. 

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