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    France

    France: les autorités se préparent à un nouvel afflux de migrants

    media Des migrants à l'entrée du camp de migrants à la Porte de la Chapelle, le 14 mars 2017. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

    Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a visité ce mardi 14 mars le centre de premier accueil des migrants de la Porte de la Chapelle au nord de Paris, ouvert en novembre, qui propose un hébergement pendant 5 à 10 jours. Le centre frôle la saturation. Chaque matin entre 150 et 200 personnes se bousculent à l'entrée. Le ministre a promis qu'assez de places seraient ouvertes pour assurer la « fluidité » du centre parisien d'accueil des migrants, qui frôle la saturation alors que la pression migratoire risque de se maintenir au printemps.
     

    Reportage Porte de la Chapelle, Stéphane Lagarde

    « Vous êtes prêts ? Attention… Vos photos sont en cours d’impression ». Souriez, vous êtes arrivés. Après un entretien avec les personnels d’Emmaüs c’est une cabine Photomaton qui attend les migrants. Des photos aux normes officielles pour préparer son dossier de demande d’asile, Sinan affiche un grand sourire. Voilà pourtant trois jours que cet ancien journaliste irakien de 27 ans, venu chercher refuge en France, dormait dehors en attendant de pouvoir entrer.

    Les 400 places du centre de premier accueil de La Chapelle dépendent aussi de celles des structures où partout en France se sont redirigés les migrants.
    Cristina, bénévole : « Je crois qu’ils acceptent environ 80 par jour, mais ça dépend des départs. Donc, ça dépend du nombre de lits qui sont disponibles. Vous n’avez qu’à voir dehors, vous prenez les gens qui font la queue. Avant, il y avait des tickets, mais ils commençaient à vendre les tickets entre eux, donc maintenant il n’y a plus de tickets ».

    Plus de 20 000 migrants accueillis en 18 mois

    A l’extérieur les tickets ont été supprimés pour éviter les trafics. Des associations offrent une boisson chaude à ceux qui patientent : « On a écoulé au moins 300 gobelets ». Trois cents gobelets pour 150 à 200 personnes qui attendent chaque jour devant les grilles. En visite, Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, estime que « l’objectif c’est d’éviter des campements sauvages sur lesquels les migrants sont à la prise de tous les trafics, de tous les trafiquants ».

    Le Ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux au centre d'accueil des migrants à la Porte de la Chapelle, le 14 mars 2017. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

    Le ministre promet des places supplémentaires si nécessaire. Depuis dix-huit mois, le centre du 18e arrondissement de Paris a vu passer plus de 20 000 migrants. « C’est un enjeu particulièrement important. La pression ne se relâche pas. Quand je regarde aujourd’hui la pression qu’il y a sur l’Italie, la pression qu’il y a à la frontière italo-française, la pression qu’il y a à la frontière allemande avec ces déboutés du droit d’asile et en majorité Afghans, qui cherchent à retrouver une perspective dans notre pays, je n’imagine pas que le printemps génère moins de tensions migrations et de flux que n’en ont connu l’hiver ou l’automne dernier (…) Il va falloir trouver des places supplémentaires et c’est la mobilisation à laquelle j’appelle les services de l’Etat et les associations », déclare Bruno Le Roux.

    Améliorer les conditions sanitaires

    Pour Isabelle Roux, responsable de l’association Charonne, les capacités d'accueil du centre sont dépassées. Elle insiste sur la nécessité de sécuriser actuellement le centre et d’améliorer les conditions sanitaires d’accueil : « Concrètement, tous les jours, il y a entre 100 et 150 personnes qui attendent. Ils sont pieds nus. Il y a de plus en plus de tentes devant la grille de l’établissement. J’avais proposé, sur la gestion de la proximité de l’environnement, qu’il y ait éventuellement des toilettes type « chantier » qui puissent être posées, puisque la grosse difficulté pendant des semaines et qui dure encore, c’est que j’ai une pissotière. La grille est une pissotière. (…) Tout ça, ce sont des conditions de manque d’hygiène qui favorisent un environnement absolument pas ''sécure'', au-delà des tensions que ça peut causer aussi entre les personnes qui attendent. Nous avons aussi des résidents là. Ces personnes me disent au quotidien, notamment les femmes, qu’elles ont peur de rentrer le soir avec ce nombre impressionnant de personnes ».

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