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    France

    Création d'une alliance internationale pour sauver le patrimoine menacé

    media Char russe au milieu des ruines de Palmyre, le 4 mars 2017. REUTERS/Omar Sanadiki

    Paris, Abou Dhabi et l'Unesco lancent ce lundi 20 mars au Louvre une alliance internationale pour la protection du patrimoine culturel menacé par le terrorisme et la guerre. L'objectif est de réunir les premières espèces sonnantes et trébuchantes d'un fonds de 100 millions de dollars.

    L'idée de cette initiative est née deux ans plus tôt presque jour pour jour, le 18 mars 2015, lors d'une visite de François Hollande, au Louvre déjà. Il s'agissait alors de dénoncer les saccages de sites archéologiques par le groupe Etat islamique (EI) et le régime syrien. Cruelle coïncidence : au moment même où le chef de l'Etat français s'exprimait, un commando jihadiste prenait d'assaut le musée du Bardo à Tunis, faisant une vingtaine de morts.

    De discours à l'Unesco en sommet du G7 et d'appel en marge de l'Assemblée générale de l'ONU en conférence à Abou Dhabi, l'idée a fait son chemin. Réunie en décembre, la Conférence d'Abou Dhabi a décidé, outre la création du fonds, de celle d'un « réseau international de refuges », des musées nationaux ou de pays tiers où pourraient être entreposées les oeuvres menacées. Et à moins de deux mois de la fin du mandat de François Hollande, l'Elysée le souligne: « Nous voulons vraiment graver dans le marbre cet engagement » en collectant dès lundi « au moins la moitié » des 100 millions de dollars prévus pour la période 2017-2019.

    La France, pour sa part, doit confirmer une contribution de 30 millions de dollars, dont 15 seraient versés dès le mois d'avril et le reliquat en 2018. Mais d'autres donateurs dévoileront leurs contributions à cette occasion. Ces sommes financeront des actions préventives ou d'urgence pour lutter contre le trafic illicite de biens culturels et engager des opérations de restauration. Particularité de ce fonds dont les statuts viennent d'être déposés à Genève par Jack Lang et Mohamed al-Mubarak, représentants spéciaux des dirigeants français et émirien : il doit associer étroitement donateurs publics et privés sur le modèle du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

    « L'ombre du drapeau noir »

    Paris a d'ailleurs pressenti un philanthrope américain, Tom Kaplan, dont la collection Leiden du Siècle d'or hollandais est en ce moment même exposée au Louvre, pour prendre la tête de son conseil d'administration. L'objectif est de lancer les premiers projets d'ici à la fin du premier semestre, les zones reprises à Daech en Irak figurant en tête des priorités. Les ministres de la Culture irakien et malien exposeront du reste leurs attentes lundi au Louvre.

    « Daech reflue mais à mesure que l'ombre du drapeau noir se replie, apparaît de plus en plus évidente l'ampleur des destructions », souligne-t-on à Paris où l'on considère que cette initiative est « la continuation par d'autres moyens de la lutte contre le terrorisme [...] Nous avons face à nous un champ gigantesque de restaurations et de reconstructions qui participera aussi à la redynamisation économique de ces pays. »

    Une centaine d'invités de marque ont été conviés au Louvre, experts et représentants d'institutions aussi prestigieuses que le Musée de Pergame de Berlin ou les fondations américaines Andew W. Mellon ou Smithonian Institution qui oeuvrent déjà en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel.

    En mars 2001, le saccage par les talibans des Bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, avait créé un premier électrochoc dans l'opinion internationale. Mais il a été suivi depuis de nombreuses autres destructions irréparables. A coups de pioches, de marteaux piqueurs, de bulldozers ou d'explosifs, l'EI, Al-Qaida et leurs affidés se sont acharnés depuis sur les cités antiques de Palmyre, de Ninive ou d'Hatra, les mausolées de Tombouctou, le musée de Mossoul et bien d'autres sites encore.

    (avec AFP)

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