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    France

    Crise sociale en Guyane: forte mobilisation et blocage politique

    media Des milliers de guyanais ont répondu à l'appel des syndicats en se rassemblant pour manifester leur mécontentement le 25 mars 2017. Jody Amiet / AFP

    Alors qu’une mission interministérielle a été dépêchée en Guyane, touchée depuis le 20 mars par un vaste mouvement social, les 37 syndicats réunis au sein de l’Union des travailleurs guyanais (UTG) ont voté samedi 25 mars la grève générale à partir de demain lundi. Entre temps les manifestants ont pris position sur les axes routiers guyanais et paralysent le département et leurs représentants refusent de rencontrer la délégation gouvernementale arrivée de Paris.

    Avec nos confrères d'Outre-Mer 1ère,

    « On n’en peut plus », scandent en dansant une trentaine de personnes. Ils vont faire le tour du sens giratoire et sont encouragés au passage par tous ceux qu’ils croisent.
    Les ronds-points de Guyane sont devenus des lieux de vie. Sous des tentes, assis sur des chaises en plastique, barbecues, cartes ou discussions, les ingrédients d’une ambiance bon enfant pour une mobilisation sans faille.

    Marie-Sylvie est enseignante : « Je suis là parce que je suis convaincue que ça suffit et qu’il est tant que l’Etat français nous prenne au sérieux. Voilà. Et parce que l’insécurité, on n’en peut plus. Moi je suis enseignante, les problèmes d’éducation on n’en peut plus. On a 29 élèves devant nous, c’est juste pas possible », se désole-t-elle.

    Les « 500 frères contre la délinquance » mobilisés

    Pour dénoncer le malaise social, une vingtaine de collectifs organisent sur ce rond-point un meeting sous la houlette des « 500 frères contre la délinquance ». Depuis sa création il y a deux mois, ce collectif fait sensation. Pour son porte-parole, Mickaël Mancée, c'est « l’exaspération » qui est à l'origine de sa création. « Ce n’était plus possible de vivre comme ça dans le département, affirme-t-il. Beaucoup trop de meurtres, beaucoup trop de délinquance. On a l’impression que la Guyane allait devenir une zone de non-droit et ça ne peut plus continuer comme ça ».

    La Guyane est de loin le département le plus violent de France.

    Blocage politique

    Depuis l’annonce vendredi soir de Bernard Cazeneuve d’envoyer une délégation interministérielle en Guyane, les élus et les collectifs citoyens déclarent les uns après les autres refuser toute rencontre. Cette délégation interministérielle est loin de répondre à l’attente des Guyanais.

    Le premier point d’achoppement est le refus de la ministre des Outre-Mer, Ericka Bareigts, de venir jusqu’en Guyane. Pour elle, cette mission doit faire le point sur les revendications et c’est à Paris que le travail se fera. Dimanche, la ministre a assuré ne pas avoir « peur » de se rendre sur le territoire guyanais. « Nous sommes avec une mission interministérielle de haute qualité, des gens qui connaissent parfaitement le territoire et qui ont le pouvoir de décider », a assuré Mme Bareigts chez nos confrères d'Europe 1.

    Mais pour le président de la collectivité Rodolphe Alexandre, les parlementaires, l’ensemble des collectifs citoyens et les maires de Guyane, il est indispensable que des ministres concernés fassent le voyage.

    Autre visiteur annoncé, Elie Domota, le charismatique leader de l'Union générale des travailleurs guadeloupéens et chef de file du collectif contre la vie chère LKP, « Liyannaj Kont pwofitasyo ». Il avait été l'un des moteurs de la mobilisation sociale de 2009 en Guadeloupe.

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