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    France: les surveillants de la prison de Villepinte mobilisés

    media Des gardiens de la maison d'arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, marchent en direction de la prison, ce jeudi 13 avril 2017, pour protester contre la surpopulation et l'insécurité carcérales. PHILIPPE LOPEZ / AFP

    Après Fleury-Mérogis, c'est au tour des surveillants de la maison d'arrêt de Villepinte d'exprimer leur colère face à la surpopulation carcérale et à l'insécurité dans les prisons en France. Une soixantaine de surveillants ont bloqué, ce jeudi matin 13 avril 2017, cet établissement pénitentiaire dans le nord de Paris, qui accueille près de 1 100 détenus pour 587 places.

    Avec notre envoyé spécial à la maison d’arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, Stéphane Lagarde.

    « Est-ce qu’on est motivé ou pas ? Est-ce qu’on va le foutre, ce feu ? », lance un surveillant. « Oui ! », répondent en chœur ses collègues. De la détermination, mais une ambiance bon enfant. Depuis 5h30 ce jeudi matin, barricades de palettes et slogans barrent l’entrée de la maison d’arrêt de Villepinte. Un tas de pneus et de palettes a été enflammé par les manifestants peu avant 07h30.

    A la mi-journée c'était opération distribution de tracts au rond point proche de la prison, sur fond de Marseillaise pour se donner du courage.

    « Nous sommes les oubliés de l’Etat, ma prison va craquer », disent les slogans. Blaise Gangbazo, du CFTC Syndicat libre justice, détaille : « Là, on n’en peut plus. Avec la surpopulation carcérale, c’est énorme, presque 200 %. Et on espère le désencombrement de l’établissement, parce que les collègues travaillent dans l’insécurité totale. »

    « Qui dit surpopulation dit des tensions, parce qu’ils se battent pour [savoir] qui va dormir dans le lit. Et puis même, après, au niveau de leur intimité : prendre la douche et aller aux toilettes devant tout le monde, ce n’est pas évident non plus. Ça peut arriver qu’il y ait des conflits », explique Nicolas du syndicat Ufap-Unsa.

    Saturation des « quartiers arrivants », des matelas au sol, et jusqu’à quatre détenus dans 10 mètres carrés... La situation de la maison d’arrêt de Villepinte serait pire que celle de Fleury-Mérogis. La direction a initié le « stop-écrou » (la fin des incarcérations) il y a quinze jours, expliquant au juge que l’établissement n’était plus en mesure d’accueillir de nouveaux arrivants. Elle condamne aussi la montée des tensions et des violences.

    Pas assez de personnel pour le nombre de détenus

    A Villepinte comme à Fleury-Mérogis, il n'y a qu'un seul surveillant pour plus de 80 détenus. Erwan Souadi, de Force ouvrière (FO), raconte son quotidien : « On est tous au bord du burn-out. Il y a des gens qui craquent complètement sur les coursives, qui n’en peuvent plus, puisqu’ils n’ont plus de repos ; qui sont face à une population pénale toujours plus violente et surtout en surnombre. C’est-à-dire qu’on n’arrive plus à gérer au quotidien. C’est vraiment un appel au secours. Ce qu’on voudrait, c’est qu’enfin on nous regarde avec respect et qu’on nous apporte des solutions concrètes et rapides. »

    Les représentants de l’ensemble des métiers de la prison étaient là, ce jeudi matin, avec les surveillants. Evelyne Cadel, secrétaire générale FO des personnels d’insertion et de probation, chargés de préparer la sortie des détenus, atteste : « Le problème est le même, que ce soit pour eux comme pour nous. La surpopulation pénale, ça veut dire que, nous, on a parfois entre 120 et 180 dossiers à suivre. Ça veut dire que l'on voit les personnes trop rapidement. On n’a pas le temps de faire notre travail correctement. »

    Du changement, c'est ce que réclament également les personnels des maisons d’arrêt de Bois-d’Arcy, Châteaudun, Meaux, Nanterre et Versailles, venus soutenir leurs collègues de la maison d’arrêt de Seine-Saint-Denis.

    Parmi les solutions à mettre en œuvre, les syndicats espèrent une accélération des recrutements de personnels et un désengorgement rapide des prisons d’Ile-de-France vers des établissements en province.

    Nicolas Dupont-Aignan sur place fait des propositions

    Les personnels en colère ont eu la visite d'un candidat à la présidentielle française, Nicolas Dupont-Aignan qui a, dit-il, une solution pour désengorger les prisons. « Il y a une solution immédiate : il y a suffisamment de casernes désaffectées en France pour que, dans les six mois, on récupère quelques milliers de places pour des primo-délinquants qui doivent être sortis de ces établissements. Quand je regarde les programmes de mes concurrents, je m’aperçois qu’ils ne sont pas du tout à la hauteur de l’enjeu. Ce n’est pas 10 000 places qui vont régler le problème, c’est 40 000. En Grande-Bretagne, il y a un système judiciaire qui fonctionne et il y a, à peu près, 90 000 places de prison. Nous sommes à 57 000. Cela veut bien dire que notre pays a fait des économies sur la sécurité et que le gouvernement de Monsieur Fillon est autant responsable que le gouvernement de Monsieur Valls ou de Monsieur Macron. Cela fait dix ans qu’on paie un laxisme judiciaire et qu’on se met les mains sur les yeux pour ne pas voir leur situation. J’ai visité cet établissement, il y a deux ans. Si je suis élu, j’ai prévu le recrutement de 5 000 gardiens. Ce sont les grands oubliés de la République, ils ont raison. Ils sont traités comme des chiens », a-t-il jugé.

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