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    France

    France: François Hollande sur le Chemin des Dames, un siècle après

    media François Hollande visite le cimetière français de Cerny-en-Laonnois, durant les commémorations du centenaire de la bataille du Chemin des Dames, dans le nord-est de la France, le 16 avril 2017. FRANCOIS NASCIMBENI / POOL / AFP

    Le président français a rendu hommage ce matin aux combattants du Chemin des Dames dans le nord-est de la France. Une bataille meurtrière débutée le 16 avril 1917 et qui s'est soldée par d’importantes pertes françaises. Elle a en conséquence longtemps été absente des manuels scolaires. Un oubli réparé en partie par Lionel Jospin en 1998. L'ancien Premier ministre était d'ailleurs aux côtés de François Hollande pour cette cérémonie du centenaire des combats. Cette commémoration constitue l'un des deniers gestes forts du chef de l'Etat à quelques jours de la présidentielle française.

    Avec notre envoyé spécial au Chemin des Dames,  Stéphane Lagarde

    Image forte que celle de Lionel Jospin et François Hollande, écoutant les élèves venus des Pyrénées pour entonner « Le chant de Craonne » et « Le chant des mutins », hymnes longtemps interdits de radio en France. En 1998, la visite du Premier ministre français en ces lieux avait soulevé une vive polémique. Aujourd’hui, l’heure est donc à l’apaisement.

    François Hollande a réservé un moment de grande solennité à ces combattants morts par dizaines de milliers sur le Chemin des Dames, à ceux aussi trop longtemps oubliés qui ont rendu les armes après avoir livré une bataille perdue d’avance. « Toute cette matinée, nous avons marché avec les fantômes », a affirmé le chef de l’Etat, en référence à l'ensemble de ces soldats aujourd'hui réhabilités.

    Pour Claude Vuaroqueaux, maire de Cerny-en-Laonnois, « ce qui est important, c’est qu’au niveau national, on reconnaisse les efforts que les soldats ont fait à cette époque-là, ce qui n’a toujours pas été évident. Ici, il est tombé un obus par centimètre carré ».

    Devoir de mémoire

    Mission accomplie, en tout cas pour aujourd'hui, aux yeux de Luc Goulet, président des retraités militaire de l’Aisne. Il a « chaud au cœur » devant « le nombre de porte-drapeau. Même des civils qui participent, ça fait du bien d’avoir les valeurs de la République et le devoir de mémoire soutenus ».

    Dans cette forêt de fer de barbelés et de mitraillettes allemandes, 15 000 soldats ont perdu la vie, rien qu’à  Cerny-en-Laonnois, village entièrement reconstruit après la guerre. Devant la petite chapelle au souvenir du village, la tribune installée pour les commémorations du centenaire est archipleine. Le bleu horizon, symbole des poilus, est visible sur toutes les boutonnières, jusque dans le glaçage des pâtes à chou du panier repas offert aux journalistes venus couvrir l’évènement.

    Tirailleurs sénégalais

    Parmi les invités, les garçons du lycée Jean de la Fontaine de Château Thierry en costume et cravate noire. Toute la classe a travaillé sur un court métrage dressant le portrait d’un tirailleur engagé dans les toutes premières vagues d’assaut et diffusé lors de la cérémonie. Une occasion de revenir sur quelques clichés dont celui du sacrifice : « On a beaucoup sollicité la mémoire de ces tirailleurs et pas toujours à bon escient », explique le professeur Vincent Bervas qui accompagne ces élèves.

    « Ils ont été certes des martyrs, mais au même titre que leurs congénères et lorsqu’on lit la correspondance des soldats », poursuit ce responsable Picardie de l’Association des Professeurs d’Histoire et Géographie. « On constate qu’il y a une véritable fraternisation entre les soldats métropolitains et soldats des colonies, et parfois plus de liens entre un soldat breton et un tirailleur sénégalais, qu’entre un breton et un marseillais ».

     ► Lire l'article : Centenaire du Chemin des Dames: le sacrifice des tirailleurs sénégalais

    Syndrome post-traumatique

    Parmi les clichés encore, celui des « colliers d’oreilles » soi-disant pris à l’ennemi par la troupe coloniale. L’image du soldat noir et invincible qui terrorisait les soldats allemands, parfois même du « soldat cannibale » faisait partie des « outils de propagande de l’armée française » rappelle encore l’historien. En dressant le portrait de l’un de ces tirailleurs, les lycéens de Château Thierry racontent le syndrome post-traumatique vécu par les soldats.

    Il est aussi ici question de la transmission de la mémoire vivante et active entre les générations. « C’est comme si une ville entière était venue se battre ici en France »
    affirme Nathan Bamogo, 18 ans. « Ces hommes venus de très loin ont été saisis par le froid. Il neigeait les premiers jours de l’offensive. Beaucoup en ont gardé de lourds traumatismes. Celui dont nous avons dressé le portrait avait peur de l’eau par exemple, dès qu’il voyait une goutte d’eau il repensait à ses peurs et ses angoisses passées ».
    « Avec la classe quand on raconte cette histoire, ajoute Nabil Taleb, 19 ans, on a l’impression de revivre la vie de ce tirailleur, ses émotions, les épreuves qu’il a traversé. »

    Nathan Bamogo et Nabil Taleb, élèves du lycee Jean de la Fontaine de Château Thierry. RFI/ Stephane Lagarde


    « L'Histoire n'est pas finie »

    Le président a rendu hommage aux fusillés, mais aussi un hommage appuyé aux tirailleurs sénégalais, aux zouaves, et aux supplétifs Kanaks parmi les premiers à partir à l’assaut de la Crête. Et le chef de l’Etat, fleur bleue des poilus et du centenaire à la boutonnière, d’évoquer les combats du jour : « l’Histoire n’est pas finie, l’Histoire bégaye » citant le terrorisme, les guerres et le nationalisme qui ressurgissent sous d’autres traits mais avec la même haine.

    Réhabilitation de l’histoire d’une région, le centenaire est aussi un hommage rendu au courage. André Rislin, ancien combattant raconte : « On a tous peur, mais il faut y aller quand même. C’est ça le courage, y aller quand on a peur. Sans ça on voit tous ces malheureux qui ont été tués, massacrés ».

    En parlant de lui-même, François Hollande renchérit : « Battons-nous jusqu’à notre dernier instant de responsabilité pour la mémoire et la paix ».

    commémoration du centenaire de la bataille du Chemin des Dames à Cerny-en-Laonnoisdans l'Aisne, le 16 avril 2017. ©Stéphane Lagarde/RFI

     

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