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    Présidentielle 2017: l'appel de la majorité des cultes à faire barrage au FN

    media Les représentants des principales institutions religieuses françaises, le 5 janvier dernier à l'Elysée (image d'illustration). ©GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

    Après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle le 23 avril, les principales instances religieuses de France n’ont pas tardé à réagir. La majorité des responsables religieux - juifs, musulmans ou protestants - invitent les électeurs à ne pas donner leur voix à la candidate du Front national. Sans toutefois citer systématiquement Emmanuel Macron. Plus discrète sur la question, l'Eglise catholique, elle, préfère ne pas donner de position explicite.

    Les évêques de France ne donnent pas de consigne de vote

    Dans un communiqué publié dimanche soir, la Conférence des évêques de France a fait savoir qu’elle ne prenait pas de position explicite en faveur d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen. L’Eglise catholique « n'appelle pas à voter pour l'un ou l'autre candidat mais, en rappelant les enjeux de l'élection, elle souhaite donner à chacun des éléments pour son discernement propre », souligne le porte-parole de l’institution, monseigneur Olivier Ribadeau-Dumas.

    Un positionnement qui ne surprend pas Pierre Bréchon, professeur à l’IEP de Grenoble. « Le catholicisme a toujours parlé à distance des élections, préférant donner des éléments d’éclairage, de contexte et incitant les croyants à s’intéresser au débat politique. » Le chercheur explique qu’en France, les Eglises « s’intéressent à la chose politique, elles ont une parole légitime, mais elles ne veulent pas contraindre le vote des électeurs », en raison notamment de « la diversité des croyants ». Les institutions religieuses estiment que « la décision relève de chacun ».

    Néanmoins, sur la question des réfugiés - une problématique chère à l’Eglise – il est difficile de ne pas y voir un message quand l’épiscopat souligne que « l'accroissement du phénomène migratoire, dû à de nombreux facteurs, est un constat, pas un combat. Quand certains pays accueillent des millions de réfugiés, comment notre pays pourrait-il reculer devant la perspective d’accueillir et d’intégrer quelques dizaines de milliers de ces victimes ? »

    Sur ce point, les évêques de France taclent-il le programme de Marine Le Pen ? Pierre Bréchon rappelle que, traditionnellement, l’Eglise s’oppose aux extrêmes, qu’elle estime ne pas être « conformes à l’évangile ». « La tendance catholique est de mettre en garde contre le vote FN », pointe-t-il, tout en soulignant que cette mise en garde est plus prudente qu’il y a 20 ou 30 ans. « Aujourd’hui, l’épiscopat est moins unanime. Dans le cadre de la dédiabolisation, il y a eu une évolution chez certains évêques et fidèles à ne plus complètement exclure le Front national. »

    Selon un sondage Ifop pour le magazine Pèlerin, 22% des catholiques ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour (19% des catholiques pratiquants et 23% des non-pratiquants). Un chiffre semblable pour Marine Le Pen (avec 15% des catholiques pratiquants et 23% des non-pratiquants).

    Les institutions musulmanes invitent à se mobiliser contre le FN

    Tout comme l’épiscopat, le Conseil français du culte musulman (CFCM) se refuse, en tant qu'institution cultuelle représentative et élue, à donner des consignes de vote. Néanmoins, le CFCM « invite » les musulmans de France « à se mobiliser pour faire triompher les valeurs d'ouverture, de fraternité et de solidarité ». « Nous devons rester unis et rassemblés pour faire échec aux démarches d'exclusion et de haine, ainsi qu'aux velléités d'amalgame et de stigmatisation qui menacent la cohésion nationale et le vivre ensemble », écrit le Conseil, sans nommer Marine Le Pen.

    L'instance cite en revanche le nom d'Emmanuel Macron pour vanter « son attachement à une laïcité qui garantit la liberté de croire ou de ne pas croire, et qui protège le libre exercice du culte, dans le respect des lois de la République », mais sans appeler directement à voter pour le candidat d'En Marche !.

    Issue de la mouvance des Frères musulmans, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) a appelé pour sa part « tous les musulmans de France, par-delà leurs opinions politiques, à ne pas se relâcher » au second tour « et à aller voter massivement pour faire barrage aux idées de xénophobie et de haine et donner au candidat Emmanuel Macron le score le plus large ».

    Autre institution phare de l’islam en France, la grande mosquée de Paris avait déjà appelé lundi les musulmans « à voter massivement » pour le candidat d'En Marche !. Ce rejet évident d’un vote en faveur du FN n’étonne pas le chercheur en science politique Pierre Bréchon : « Les discours anti-immigration, anti-islam, anti-musulmans de Marine Le Pen poussent les institutions religieuses à considérer le FN comme une catastrophe. Et ils le disent plus fortement qu’avant. »

    Les musulmans français votent « traditionnellement à gauche » rappelle le professeur de l’IEP de Grenoble. Un vote qui, avec la situation du PS, a profité à Jean-Luc Mélenchon. Selon un sondage Ifop pour l'hebdomadaire Pèlerin, le candidat de la France insoumise est arrivé en tête chez les musulmans, à 37%, devant Emmanuel Macron (24%), Benoît Hamon (17%) et François Fillon (10%). Marine Le Pen, elle, a récolté 5% des suffrages.

    Le Crif lance « un appel clair » en faveur de Macron

    Sans équivoque sur la position à tenir, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a lancé dès dimanche soir un « appel clair à voter pour Emmanuel Macron » face à Marine Le Pen au second tour. Dans un communiqué, l’institution constate avec inquiétude qu’« au-delà de la satisfaction de voir un candidat défendant les valeurs démocratiques et républicaines en tête », « les candidats des extrêmes représentent plus de 40% des suffrages exprimés. »

    La vitrine politique de la première communauté juive d'Europe, forte d'un demi-million de membres, « appelle à une mobilisation la plus large qui soit pour faire barrage au Front national ». « Dans la configuration du deuxième tour, le Crif lance un appel clair à voter pour Emmanuel Macron », conclut l'organisation, qui avait appelé avant le premier tour à faire barrage aux « extrêmes », de Marine Le Pen à Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, en passant par Jean-Luc Mélenchon.

    Là encore, la position du Crif n’est pas surprenante, selon le chercheur Pierre Bréchon. « C’est dans sa tradition, le Crif a moins peur de se positionner », indique-t-il. « Même s’il y a eu des évolutions, l’image antisémite du Front national demeure », une image d’ailleurs ravivée par la dernière polémique sur les propos négationnistes qu’aurait tenus le nouveau président du FN par intérim, Jean-François Jalkh. « Du point de vue de l’histoire et du positionnement traditionnellement antisémite du FN, on voit mal comment le Crif ne pouvait pas se prononcer », estime le professeur en science politique.

    Et bien qu'il soit soumis à un devoir de « neutralité institutionnelle », le grand rabbin de France, Haïm Korsia confie à l'AFP que « dans ce cas de figure, il ne s'agit pas d'être neutre ». Ce dernier estime que « le choix est simple » et qu'« il faut appeler tous ceux qui croient et qui espèrent en la France à voter pour Emmanuel Macron, parce que c'est lui qui porte maintenant cette espérance de fraternité ». Le chef religieux estime que « s'abstenir c'est être complice ou trompeur ».

    La Fédération protestante ne veut pas d'une victoire de Le Pen

    Autre positionnement clair : celui de la Fédération protestante de France. Dans un communiqué publié ce mercredi 26 avril, l’institution souligne « combien ses engagements pourront être entravés en cas de victoire du Front national ». La FPF estime qu’une victoire de Marine Le Pen pourrait compromettre « la parole en faveur de la liberté religieuse, les actions pour l’accueil des exilés, les œuvres auprès des plus vulnérables, le plaidoyer sur les questions climatiques, et de façon plus générale le projet de promotion de la fraternité dans une société qui a besoin de se rassembler. »

    Bien que le texte n’appelle pas explicitement à voter pour Emmanuel Macron, il met en garde contre « les dangers de l’abstention » et dans un entretien avec le magazine Réforme, le président de la fédération, le pasteur François Clavairoly, souligne que le candidat d’En Marche ! a « une proximité intellectuelle avec l’un de nos meilleurs penseurs protestants, Paul Ricœur » et « qu’il porte une vision ouverte de la nation française, une conception positive de l’Union européenne », « ce qui le rapproche encore davantage de nous », conclut-il.

    La Fédération protestante de France, qui rassemble un grand nombre de sensibilités et représente plusieurs centaines de communautés, institutions et mouvements, dit vouloir « rester vigilante, attester de sa confiance dans la politique et contester tout ce qui mettrait en cause le message de l’évangile » à l’approche du deuxième tour. Selon le sondage Ifop pour le magazine Pèlerin, 30% protestants ont donné leur voix à Emmanuel Macron, contre 20% pour Marine Le Pen.

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