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    France

    Les moments forts du grand débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen

    media Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du grand débat de l'entre-deux-tours, mercredi 3 mai 2017. REUTERS/Eric Feferberg

    Le traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours de la présidentielle française s’est tenu ce mercredi 3 mai, à Paris. Sommés de convaincre les indécis et les abstentionnistes pour remporter l'élection de dimanche, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont livré un duel féroce, voire violent. Retour sur les moments forts d’un débat haut en couleur.
     

    La confrontation tant attendue a bien eu lieu. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés durant un peu plus de 2h30 lors du débat de l'entre-deux-tours, apothéose médiatique d’une campagne longue de plusieurs mois. Battue au premier tour et toujours distancée dans les intentions de vote pour le second, Marine Le Pen s’est, comme attendu, montrée très offensive dès l’entame du débat.

    Elle s’est employée à faire d’Emmanuel Macron, « l’enfant chéri du système et des élites ». « M. Macron est la candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, la guerre de tous contre tous », a-t-elle lâché d’entrée. « Votre stratégie c’est simplement de dire des mensonges, mais vous ne proposez rien », a alors répondu Emmanuel Macron, sur la défensive.

    Le débat a vite tourné en un échange violent entre les deux candidats. Les interventions de la candidate FN ont souvent tourné au réquisitoire sur les grands dossiers industriels comme sur la politique économique et sociale. « Vous êtes la France qui se soumet aux exigences de l'Union européenne, à la concurrence internationale déloyale (…), vous n'avez pas d'esprit national, vous ne pensez pas à l'intérêt supérieur de la nation », a-t-elle lancé.

    L'épisode emblématique de l'entre-deux-tours, la visite à l'usine Whirlpool d’Amiens le 26 avril, a été l’objet d’une nouvelle passe d’armes. Le candidat d’En Marche ! a accusé son adversaire d'y avoir « profité de la détresse des gens ». « Je ne vais pas me planquer » dans une rencontre avec l'intersyndicale, a répondu Mme Le Pen. « Je suis la candidate du pouvoir d'achat, vous êtes le candidat du pouvoir d'acheter... acheter la France », a conclu la candidate du FN.

    Marine Le Pen à Macron : « vous avez une complaisance pour le fondamentalisme islamiste »

    Le débat s’est ensuite tourné sur la sécurité et le terrorisme. Il faut « retrouver nos frontières, expulser les fichés S étrangers de notre territoire, mettre en œuvre la déchéance de nationalité », a énuméré Marine Le Pen, avant d’accuser le centriste pro-européen d'avoir une « complaisance pour le terrorisme islamique ».

    Le candidat d’En Marche ! s’est défendu en assurant que la menace terroriste était sa « priorité ». « En tant que chef des armées, en tant que responsable de la sécurité, je serai intraitable et je mènerai la lutte sur tous les plans contre le terrorisme islamiste. Mais ce qu’ils attendent, le piège qu’ils nous tendent, c’est celui que vous portez, c’est la guerre civile », a répondu Emmanuel Macron.

    Deux projets antagonistes sur l’Europe

    Interrogée sur sa vision de l’Europe, Marine Le Pen a appelé à ce que l’Union européenne laisse sa place « à l’alliance européenne des nations libres et souveraines, c'est-à-dire la vision première de l’Europe où les différents peuples européens conserveront leur souveraineté. » « Je souhaite entrer en négociations pour faire naître cette alliance européenne, organiser une conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Après les négociations je ferai un référendum constitutionnel que je soumettrai aux Français, a-t-elle promis. Je veux arracher l’Europe des mains de l’Union européenne. »

    Emmanuel Macron interpelle Marine Le Pen sur son projet pour l'euro 04/05/2017 - par RFI Écouter

    A quatre jours du scrutin, Marine Le Pen a réitéré sa proposition de transformer l'euro en « monnaie commune », qui serait utilisé comme l'a été selon elle l'ECU, tout en réinstaurant une monnaie nationale. « C'est n'importe quoi Mme Le Pen, ça n'a jamais existé, a répliqué Emmanuel Macron. Votre bidouillage (...) n'a aucun sens, d'ailleurs il manifeste une impréparation crasse. Je suis contre tout ce qu’a dit Marine Le Pen, c’est un projet mortifère et dangereux. Je suis le candidat d’une France forte dans une Europe qui protège. Je ne veux pas de perte d’emploi et de productivité par la sortie de l’euro. C’est ce que vous proposez. »

    « Je ne veux pas du nationalisme que vous portez. Le protectionnisme et l’isolationnisme, c'est votre projet, le repli et la guerre avec l’autre on l’a connu pendant des siècles, on l’a payé », a enfin déclaré le candidat d’En Marche !.

    Macron attaque Le Pen sur ses affaires judiciaires

    Après un court passage sur l’école, le seul thème sur lequel les candidats ne se sont pas écharpés, le duel est redevenu houleux quand les deux candidats ont été appelés à s’exprimer sur le fonctionnement des institutions. Emmanuel Macron s’en est alors pris à Marine Le Pen. « Le parti des affaires, c'est le vôtre. Le parti de ceux qui ne vont pas devant les juges, c'est le vôtre. La différence entre vous et moi, c’est que vous êtes sous le coup d’une procédure judiciaire sur votre patrimoine », a répondu le candidat d’En Marche ! après une attaque de son adversaire sur son patrimoine.

    Dans une ultime passe d’armes au moment de conclure, Emmanuel Macron a dénoncé le programme de Marine Le Pen comme « un projet qui vise à vivre de la peur et dans les mensonges ». « C’est ce qui a nourri votre père et l’extrême droite française pendant des décennies. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça, elle ne sera pas divisée, mais il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez, vous êtes son parasite », a lâché Emmanuel Macron.

    Rarement un débat télévisé n’aura été si houleux.

    Edition spéciale débat de l'entre-deux-tours 1ère partie 04/05/2017 - par RFI Écouter
    Edition spéciale débat de l'entre-deux-tours 2e partie 04/05/2017 - par RFI Écouter

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