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    France

    Emmanuel Macron: une politique étrangère française à définir

    media Emmanuel Macron, le 4 mai à Albi. PASCAL PAVANI / AFP

    Emmanuel Macron entre cette semaine à l’Elysée et souhaite que la France retrouve sa ligne « gaullo-mitterrandienne ». Le nouveau président arrive au pouvoir dans un contexte particulier. Le nationalisme exacerbé prend de l’ampleur partout dans le monde. Il est incarné notamment par Donald Trump, Vladimir Poutine, ou encore le Brexit. A contrecourant, il souhaite une France profondément ancrée dans l’Europe et ouverte sur le monde. Mis à part ces grandes lignes, la politique étrangère du nouveau président reste à définir.

    L’homme « en marche » bouscule tous les repères, mais affiche ses priorités. Sa victoire « est pour la France » et aussi « pour l’Europe », et il le dit sur un ton grave dès le soir du dimanche 7 mai 2017, lors de sa première prise de parole en tant que président élu.

    « Je défendrai l’Europe, la communauté de destin que se sont donnés les peuple de notre continent. C’est notre civilisation qui est en jeu. Notre manière de vivre, d’être libres, de porter nos valeurs, nos entreprises communes et nos espoirs. J’œuvrerai à retisser le lien entre l’Europe, et les peuples qui la forment. Entre l’Europe et les citoyens. »

    Redynamiser l’Union européenne et mener des réformes pour une Europe plus juste. La mission s’annonce difficile pour Emmanuel Macron. Mais celui qui a fait barrage au Front National et plus largement aux europhobes n’a pas le choix. Il doit rapidement passer à l’action. « Ça ne pourra plus être exactement la même Europe qu’hier », avertit d’emblée Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences Po Paris, contacté par RFI.

    « L’Europe d’aujourd’hui est une Europe du statu quo. Elle fonctionne de cette façon pour pouvoir préserver son consensus. Ce serait quand même paradoxal qu’un candidat qui s’est engagé sur le changement et sur l’Europe reste muet sur les grandes évolutions européennes, comme ses prédécesseurs avaient tendance à l’être », explique le spécialiste des relations internationales, avant de rappeler que « le jeu européen est une partition à vingt-sept ».

    Au sein de l’Union européenne, tous les Etats restent souverains. Ils doivent donner leur accord pour le moindre changement. Si Emmanuel Macron veut rester fidèle à lui-même, il lui faudra faire des propositions concrètes pour l’Europe. « La principale difficulté, pour Emmanuel Macron, est de mener deux grands chantiers en même temps. Celui des réformes et celui du Brexit », ajoute Bertrand Badie.

    « Mettre l’Europe à équidistance de Moscou et de Washington »

    Pour sa première visite à l’étranger, Emmanuel Macron se rendra à Berlin, auprès de la chancelière allemande, Angela Merkel. Mais durant sa présidence, il devra affronter d’autres chefs d’Etat plus coriaces, notamment le président russe.

    Vladimir Poutine a réagi sans enthousiasme à l’élection d’Emmanuel Macron. Le langage du Krmelin est resté très diplomatique. Le président russe a néanmoins invité Emmanuel Macron à surmonter la méfiance mutuelle. Pour Bertrand Badie, le jeune président français peut très bien tenir tête à Vladimir Poutine. Pour y parvenir, Emmanuel Macron doit avoir une vision cohérente des relations internationales, surtout sur des dossiers importants comme la Syrie et le terrorisme.

    Son futur gouvernement et les différentes nominations aux postes diplomatiques détermineront sa vision sur la politique étrangère. « Il y a une grande idée qui circule et qui veut que face à un Poutine, il faut quelqu’un qui montre ses muscles et ses dents de carnivores », explique le professeur de science politique. « Chez les vieux routiers de la politique, il y a cette idée qu’un homme jeune ou qu’une femme élue à la tête d’un pays n’a pas l’expérience qui lui permet de résister aux ogres et aux monstres sacrés de la politique. Je dirais que c’est probablement important, parce que ça joue incontestablement dans la pensée des uns et des autres mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est une confrontation de vision, de moyens et de ressources », tient-il à préciser.

    Pour y parvenir, Emmanuel Macron affirme vouloir « placer la France, et l’Europe, à équidistance de la Russie et des Etats Unis ». Celui qui entre à l’Elysée cette semaine le clame haut et fort : il ne subira pas le diktat de Moscou. Il discutera aussi bien avec Vladimr Poutine qu'avec le partenaire américain, notamment du climat. « La ligne que je veux avoir pour la France, c'est une ligne que je qualifierais de gaullo-mitterrandienne, c'est l'indépendance de la France, c'est pour cela que je veux une France forte, qui fasse ses réformes, qui soit crédible et qui soit forte en Europe », détaille Emmanuel Macron.

    « Dynamiser la diplomatie française »

    Le jeune président devra donner une impulsion à la diplomatie française. « Le gros problème de la diplomatie française c’est qu’il faut qu’elle redémarre, qu’elle retrouve sa crédibilité », insiste Bertrand Badie. « Cela fait près de vingt ans que la diplomatie française n’a plus véritablement de crédibilité. Il faudra la restaurer. Si Emmanuel Macron trouve la formule pour restaurer ce qu’était la diplomatie du temps du général de Gaulle ou de François Mitterrand, il marquera un pas quelle que soit sa jeunesse et quelle que soit la force intimidante des autres dirigeants. Si au contraire il ne trouve pas la formule et bien je crains que cette élection française ne pèse pas beaucoup dans l’avenir du monde », conclut le professeur des universités.

    Cette diplomatie française devra également être active en Asie, avec le géant chinois mais aussi et surtout avec les pays du Sud. La coopération euro-africaine est l’une « des priorités » d’Emmanuel Macron.

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