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    France

    Jean-Luc Mélenchon veut «remplacer» le PS

    media Jean-Luc Mélenchon à Marseille, le 11 mai 2017. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

    Jean-Luc Mélenchon était ce jeudi 11 mai à Marseille pour officialiser sa candidature aux législatives de juin dans une circonscription tenue par le socialiste Patrick Mennucci.

    « Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer », a lancé Jean-Luc Mélenchon ce jeudi à Marseille. Le leader de la France insoumise dit ainsi vouloir « tourner la page des gens qui nous ont trahis pendant cinq ans ». Il leur reproche d’avoir imaginé la déchéance de la nationalité, fait la loi El Khomri ou encore voté en commission le report de l’amnistie pour les syndicalistes.

    Evoquant les problèmes locaux de Marseille, Jean-Luc Mélenchon a demandé : « qu’est-ce qui mérite qu’il faille d’abord faire un concours d’entrée pour représenter ici la population ? » Car du côté du PS, ce qui est considéré comme un « parachutage » du chef de la France insoumise ne passe pas. Candidat à sa propre succession, Patrick Mennucci lui a ainsi promis un « affrontement complet ».

    Après s’être cassé les dents à Hénin-Beaumont contre le Front national en 2012, le député européen se présente contre un ancien camarade socialiste. Mais il le promet : il ne s’agit pas d’une affaire personnelle. « Je ne viens pas à cause de sa personne (…) Marseille m’a mis en tête. Et c’est à moi d’assumer, politiquement, cette situation », a déclaré celui qui a terminé quatrième de la présidentielle avec 19,6 % des voix au niveau national, mais premier dans la cité phocéenne avec 24,82 % des suffrages.

    La théorie du casse-noix détaillée en janvier pendant la campagne présidentielle – écraser le candidat socialiste entre le parti d’Emmanuel Macron et le sien – reste ainsi d’actualité pour les législatives. « Il veut dégager les députés de gauche les plus proches de lui et se retrouver seul », déplore David Cormand, le chef de file des écologistes. Se retrouver seul face à Emmanuel Macron dont il ambitionne d'être le premier opposant. Le fondateur de la France insoumise « souhaite faire la démonstration que le PS n'existe plus, confirme le chercheur Jean-Numa Ducange. Il a donc une volonté d'en découdre pour accélérer le processus. »

    L'ancien socialiste a pris acte de l'échec de sa stratégie de 2012 du Front contre Front. Il joue désormais la carte du « dégagisme ». Les partis traditionnels incarnent à ses yeux le « vieux monde » dont il entend se débarrasser. Y compris le parti où il aura passé 32 ans.

    Survivre

    Mais le Parti socialiste n'entend pas se faire « remplacer » si facilement. En profitant notamment de « l'espace permettant la recomposition du paysage politique » prévu par La République en marche, qui doit encore investir les 149 derniers candidats du mouvement aux législatives. La majorité présidentielle a d'ores et déjà désigné ses adversaires socialistes et, au contraire, les membres du PS avec qui une alliance est possible.

    Stéphane Le Foll, Jean-Marie Le Guen, Marisol Touraine, Myriam El Khomri… Ces ex-ministres du gouvernement, tous candidats socialistes, se retrouvent sans adversaires En marche ! face à eux pour les élections à venir. Bienveillance du mouvement du président d’un côté et bienveillance de ces potentiels futurs députés de l’autre. L’ex-porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll ne cesse de dire aux socialistes qu’il faut travailler avec le nouveau président. D’autres en revanche sont ciblés et ça depuis longtemps : François Lamy, le bras droit de Martine Aubry à Lille ou le frondeur Pascal Cherki.

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