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    France

    Voter aux législatives: le parcours du combattant des Français de l’étranger

    media Des centaines de mètres de queue et jusqu'à deux heures d'attente : c'est le calvaire qui attendait les expatriés français à Montreal, au Québec, lors du premier tour de la présidentielle française, fin avril 2017 REUTERS/Dario Ayala

    Ils seraient près de 2,3 millions de Français à vivre à l’étranger selon les estimations du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Tous ne sont pas inscrits sur les listes électorales de leur pays de résidence, loin de là. Parmi ceux qui le sont, 80% se sont abstenus lors des dernières élections législatives, en 2012. Un chiffre qui pourrait encore augmenter avec la suppression du vote en ligne cette année : il ne reste plus aux Français de l’étranger qu’à s’armer de courage et de patience s’ils veulent faire entendre leurs voix dans l’élection.

    Pour la seconde fois, les expatriés français sont appelés aux urnes pour élire des députés. « En 2012, c’était la première fois que les Français de l’étranger élisaient leurs députés, ils ne savaient pas qu’ils étaient représentés », rappelle le député socialiste Pouria Amirshahi. Lui qui ne candidatera pas à sa propre succession, dans la neuvième circonscription des Français de l’étranger, veut voir le verre « à moitié plein » : « Aujourd’hui ils savent que des députés les représentent. Sauf qu’avec l’abandon du vote par internet, il va falloir redoubler d’efforts pour les mobiliser. »

    Cet abandon « a suscité beaucoup d’émotions », selon Gérard Martin, secrétaire général de l’association des Français du monde. En témoignent les nombreux commentaires sur le site de l’association, dans un article sur la présidentielle française : « C’est ridicule et honteux de ne pas être capable d’organiser des élections en ligne en 2017 », lance une internaute. « Il y a fort à parier que la suppression du vote en ligne pénalise majoritairement les électeurs de gauche qui sont moins concentrés dans les capitales économiques dotées d’un bureau de vote », pronostique une autre.

    S’il ne convainc pas tout le monde, l’argument avancé par les autorités pour justifier l’abandon du vote en ligne est celui de la menace de cyber attaque. Pour Gérard Martin, « ce renoncement est compréhensible, car il est dû à des raisons de sécurité. » Et au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, on explique que le risque d’abstention élevée du fait de la suppression du vote par internet « est un moindre mal par rapport au risque d’irrégularités en cas de piratage des systèmes ».

    « Je ne sais pas où je vais aller voter ! »

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    Alors comment voter, quand on habite à l’étranger ? Plusieurs milliers de personnes font le choix de rester inscrites en France, et font procuration. Cela pose bien entendu un problème de mal-inscription : si la carte d’électeur ou la propagande électorale reviennent à la mairie qui les envoie parce que l’électeur n’habite plus à l’adresse à laquelle il dit résider, les services municipaux peuvent le radier des listes électorales.

    Surtout, on ne peut pas se dispenser d’un passage à l’ambassade ou au consulat pour faire procuration. Et c’est là que le bât blesse. Au ministère, on explique qu’ « en fonction de la géographie de la communauté française, des tournées consulaires ont été organisées pour récupérer les procurations. » C’est le cas aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Chine et en Argentine. Mais dans d’autres pays comme en Israël ou au Portugal, où il faut parfois une journée de transport pour se rendre à l’ambassade ou au consulat, les électeurs et les électrices français sont plus ou moins livrés à eux-mêmes.

    Le problème est le même pour ceux qui veulent voter en personne. Une source diplomatique explique que « la très grande majorité des Français ont un bureau de vote à moins de 50 kilomètres de chez eux. » Dans les faits, ils sont parfois très éloignés : « Quelques fois à plusieurs centaines de kilomètres », déplore le secrétaire général de l’association des Français du monde Gérard Martin.

    « Depuis que le consulat de Porto a fermé je ne sais pas où je vais aller voter ! Si je dois me déplacer sur Lisbonne (1000 kilomètres aller-retour), je pense que je ne ferais pas le déplacement », écrit une internaute très remontée sur le site de Français du monde. « En Espagne pareil, je dois à aller à Madrid, 4h30 de voyage, une journée de travail de perdue, une honte… Je n’irai pas voter », abonde une autre. Certains bureaux sont installés hors des consulats ou des ambassades, mais cela n’empêche pas les dysfonctionnements, comme en ont témoigné les longues files d’attente à Montréal notamment, au moment de la présidentielle.


    Le vote par la poste

    Dernier recours pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, que ce soit pour faire procuration ou pour voter : le vote par correspondance. Pour cela, il fallait se manifester avant le 14 avril auprès des services consulaires. Une sorte de préinscription, qui permet à l’administration d’envoyer le matériel électoral (enveloppe, bulletins, …) à l’avance.

    Mais là aussi il y a un biais : « Il faut que l’enveloppe avec le bulletin soit dans le bureau de vote le jour où il a lieu. Dans certains pays, cela suppose de voter avant la fin de la campagne », remarque Gérard Martin, le secrétaire général de l’association des Français du monde. Les services postaux n’étant pas toujours fiables dans beaucoup de pays, il arrive aussi que les courriers avec le matériel électoral ou avec le bulletin de vote arrivent en retard... voire jamais.

    119 000 personnes ont tout de même fait le choix de voter par correspondance. Dans la première circonscription (Amérique du Nord), cela représente 25% des électeurs : « Cette proportion élevée s’explique par la taille des pays, la dispersion de la communauté française, et la fiabilité des services postaux canadien et états-unien », précise-t-on du côté du Quai d’Orsay.

    A noter que si le premier tour des législatives a lieu une semaine plus tôt à l’étranger qu’en France (le 3 juin aux Amériques, le 4 juin dans le reste du monde, contre le 11 juin sur le territoire national), c’est pour laisser aux services consulaires le temps d’envoyer la propagande électorale entre les deux-tours. Preuve que même les autorités françaises sont au faîte des difficultés pour faire parvenir un courrier dans certains pays. Pourtant elles refusent d’aider financièrement ceux qui doivent faire de longues distances pour voter – ou même de payer pour l’envoi d’un vote par correspondance via une entreprise privée, parfois plus efficace que les services postaux. « Le vote est un droit, on fait en sorte que tous les Français de l’étranger puissent l’exercer, se défend le ministère. Mais subventionner quelqu’un avec l’argent du gouvernement pour le pousser à voter, c’est un peu limite… »

    « Quand on est Français à l’étranger, on représente la France »

    Officiellement, un Français ou une Française qui déménage à l’étranger est censé s’inscrire auprès du consulat – rien d’obligatoire, mais cela facilite le travail de l’administration française. Actuellement, les services consulaires français comptent 1,7 million de ressortissants hors du territoire national. Mais les estimations du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères du nombre total de Français de l’étranger sont plus proches des 2,3 millions. Parmi eux, 1 309 006 sont inscrits, au 25 mai 2017, sur les listes électorales de l’étranger, et pourront, s’ils le souhaitent et qu’ils y parviennent, participer aux élections législatives.

    En moyenne, ils sont 40% à voter pour les élections présidentielles (44% au premier tour d’avril 2017) – deux fois moins pour les législatives de 2012. Pourtant, Pouria Amirshahi veut croire que la participation serait plus importante cette année : « D’ici ou d’ailleurs, on reste français », tranche-t-il. Le député PS sortant de la circonscription du Maghreb et de l’Afrique exhorte ses concitoyens par-delà les frontières : « Quand on est Français à l’étranger, on représente la France. Il faut donner une belle image de notre pays, faire preuve de civisme et aller voter. » Encore faut-il en avoir les moyens.

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