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    Europe

    Vladimir Poutine à Versailles: nouveau test diplomatique pour Emmanuel Macron

    media Emmanuel Macron a prévenu qu'il tiendra un discours «sans concession» sur l'Ukraine. REUTERS/Philippe Wojazer

    Le président français reçoit ce lundi 29 mai son homologue russe pour une visite de travail. Le rendez-vous entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se déroulera dans le parc du château de Versailles, résidence des rois Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Les deux hommes vont inaugurer au Grand Trianon une exposition sur Pierre le Grand, empereur de toutes les Russies.

    Il y a 300 ans, au château du Grand Trianon, la cour de Versailles accueillait Pierre le Grand, un tsar particulièrement tourné vers l’Europe. Une Europe que les présidents russe et français appréhendent désormais, à l'heure de ce tricentenaire, chacun à leur manière. Le premier la voit comme une entité affaiblie dépourvue d’indépendance, le second s’est donné pour objectif de la relancer.

    Moscou n'avait pas parié un kopek sur la victoire d'Emmanuel Macron, rappelle notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne. Vladimir Poutine avait des relations anciennes et bonnes avec François Fillon. Il voyait par ailleurs dans le Front national un mouvement nationaliste et anti-européen comme il les aime. Entre les deux tours, et même après, les médias russes ont ainsi mené une campagne agressive contre M. Macron.

    Macron, Poutine... les deux hommes sont des pragmatiques. Alors, Emmanuel Macron profite de cet évènement historico-culturel pour faire de la diplomatie. Et pour Vladimir Poutine, une invitation à Versailles ne saurait se refuser. Elle compense largement le rendez-vous manqué entre François Hollande et le chef du Kremlin en octobre dernier pour l'inauguration du centre culturel russe de Paris.

    Poutine veut sortir son pays de l'isolement

    L’accueil prévu au Trianon a de quoi séduire les Russes. A Moscou, la presse y voit un grand honneur. Le journal Moskovski Komsomolets écrit tout bonnement qu’Emmanuel Macron va recevoir Vladimir Poutine avec les honneurs dus à « un père ». Et de tisser un point commun entre Pierre Le Grand et Vladimir Poutine, deux hommes qui ont voulu ouvrir la fenêtre de la Russie sur l’Europe, selon MK.

    Le président russe a besoin de l'Europe. Ses rodomontades anti-européennes n'ont mené la Russie nulle part, et les relations avec Donald Trump ne sont pas au niveau espéré. Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se sont téléphoné le 18 mai dernier, à l'initiative de Moscou. Quoi qu'il en dise, le chef du Kremlin souhaite sortir de l'isolement. Il va donc à Paris pour « tâter le terrain ».

    Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se retrouveront d’abord en tête-à-tête puis ils déjeuneront entourés de leurs délégations, avant de visiter l’exposition consacrée au tricentenaire de la visite de Pierre le Grand au Grand Trianon. Une fois qu’il aura pris congé de son hôte, Vladimir Poutine fera un détour par le quai Branly de Paris, et sa cathédrale orthodoxe aux bulbes dorés.

    Le Grand Trianon, ou «Trianon de marbre»

    Les Russes couvrent Macron de louanges

    La presse officielle russe regrette la dégradation des relations entre la Russie et l’Europe depuis trois ans, même si elle n’en évoque pas les causes. « Depuis presque 200 ans, la France a toujours été un élément important pour le positionnement de la Russie en Europe. Ces relations ont été ébranlées sous l'ancien président Hollande, mais dans l'ensemble cette tradition est bien enracinée dans la politique russe », explique le spécialiste russe des relations internationales Fiodor Loukianov.

    « On constate en Europe, ces dernières années, un déséquilibre intérieur de pouvoir et d'influence, ajoute-t-il. L'Allemagne, sans forcément le vouloir, s'est retrouvée dans une position hégémonique. Ce n'est pas dans l'intérêt de la Russie, même si traditionnellement, on a eu de bonnes relations elle - mais maintenant tout a changé. Et le rôle de la France en tant que contrepoids à l'influence allemande est important pour la Russie actuellement, car c'est un pays enclin à être plus pragmatique sur certaines questions que l'Allemagne. »

    Les Russes veulent voir dans cette invitation de M. Macron, qu’ils qualifient à Moscou de « Wonderking de la politique », une preuve d’indépendance de Paris vis-à-vis de Berlin et Washington. L’ambassadeur de Russie en France, Alexander Orlov - qui a souvent reçu Marine Le Pen -, ne tarit plus d’éloges concernant le chef de l'Etat français, qualifié de président « compétent et brillant ».

    La Syrie et l'Ukraine au menu de la rencontre

    La rencontre de Versailles sera l’occasion d’évoquer deux sujets sensibles pour Emmanuel Macron et Vladimir Poutine : la Syrie et l’Ukraine. Le président français, qui a affirmé au sommet du G7 en Sicile que « la Russie a envahi l'Ukraine », a prévenu qu'il aurait un « discours exigeant » et « sans aucune concession » sur ce dossier.

    Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin, rappelle qu’il s’agit d’une rencontre informelle qui ne se traduira pas par la signature d’un document. De fait, il ne faudra pas s’attendre à des évolutions sur les grands dossiers où les désaccords sont les plus importants. Peut-être y aura-t-il en revanche des déclarations sur la lutte contre le terrorisme, la Lybie et quelques avancées sur le plan bilatéral.

    Les deux hommes vont aussi tenter d’arrondir les angles après une campagne présidentielle française marquée par des soupçons de piratage informatique russe des équipes du mouvement présidentiel, En Marche ! Sans compter les propos peu amènes tenus par des médias proches du Kremlin sur le nouvel occupant de l’Elysée.

    La marque d'Emmanuel Macron

    La diplomatie selon Emmanuel Macron, c'est un savant mélange d'apaisement et de fermeté. Un mélange qui a déjà porté ses fruits ces derniers jours, puisque son entrée en matière sur la scène internationale a été unanimement saluée. Sa poignée de main de jeudi avec Donald Trump est encore dans toutes les mémoires. A travers ce geste, le président français a signifié qu'il souhaitait tenir tête à son homologue américain, sans le braquer pour autant.

    Ainsi, à l'issue de la réunion du G7 samedi à Taormine, Emmanuel Macron a tenu à positiver, et ce malgré l'opposition du président américain sur le climat. Cette stratégie faite de modération et de fermeté sera de nouveau à l'œuvre cette semaine. Outre la rencontre avec Vladimir Poutine ce lundi, le chef de l'Etat français recevra le Premier ministre indien Narendra Modi samedi 3 juin.


    ■ Les associations de défense des droits de l'homme protestent

    La visite du président russe Vladimir Poutine à Versailles ce lundi 29 mai ne suscite pas l'enthousiasme de tout le monde. Une manifestation était organisée dimanche après-midi à Paris, pour soutenir les opposants politiques en Russie et alerter sur les pratiques du régime, jugées peu démocratiques, comme l'explique Anne-Marie Goussard, présidente de la section française de la Société internationale pour les droits de l'homme, à l'origine de la mobilisation.

    Pas de liberté d'association, pas de liberté d'expression, pas de liberté de la presse, nous sommes solidaires avec les Russes qui subissent ce régime.
    Anne-Marie Goussard, présidente de la section française de la Société internationale pour les droits de l'homme 29/05/2017 - par RFI Écouter

    → À la Une de la presse française : La rencontre Macron-Poutine

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