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    France

    Des eurodéputés français sous le coup d'une enquête pour emplois fictifs

    media Marielle de Sarnez, actuelle ministre chargée des Affaires européennes, est visée par l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen. REUTERS/Benoit Tessier

    En France, une vingtaine d'élus de tous bords, dont la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez, sont visés par une enquête ouverte après des accusations du Front national (FN) sur d'éventuels emplois fictifs d'assistants au Parlement européen. Marielle de Sarnez a réagi ce mardi matin 30 mai, en annonçant qu'elle comptait déposer une plainte en dénonciation calomnieuse.

    La plainte déposée par Marielle de Sarnez vise Sophie Montel, qui a rédigé le courrier à l'origine de la procédure judiciaire. En mars dernier, cette eurodéputée frontiste a envoyé à la justice une lettre dénonçant l'usage par 19 de ses collègues d'assistants parlementaires ayant par ailleurs des fonctions au sein de leur formation politique respective.

    Cette contre-attaque du Front national est intervenue alors que le parti d'extrême droite et sa présidente Marine Le Pen sont eux-mêmes soupçonnés d'avoir eu recours à des emplois fictifs d'assistants parlementaires à Strasbourg.

    Une pratique courante

    Selon Florian Philippot, vice-président du FN, la démarche de Sophie Montel a pour but de montrer que les faits reprochés à son parti n'ont rien d'illégaux et sont une pratique courante.

    Les députés européens de droite Brice Hortefeux et Jérôme Lavrilleux font également partie des parlementaires dénoncés par l'extrême droite et concernés par l'enquête ouverte par le parquet de Paris.

    Marielle de Sarnez affirme pour sa part que son assistante a fourni un travail assidu dans sa mission et que sa situation a été vérifiée par Bruxelles. Reste que sur les questions de probité, le contexte politique est particulièrement sensible dans l'Hexagone, alors que le gouvernement prépare sa première loi du quinquennat sur la moralisation de la vie publique.

    Plusieurs eurodéputés visés ont démenti ce mardi les accusations d'irrégularité dans l'emploi de leurs collaborateurs. Et certains ont prévenu qu'ils allaient porter plainte pour diffamation.


    Les assistants parlementaires face aux polémiques autour de leur métier

    Ces suspicions d'emplois fictifs viennent à nouveau jeter le discrédit sur le métier d'assistant parlementaire. A Bruxelles, les premiers concernés souhaitent rétablir la vérité sur leur travail. Ils ont accepté de témoigner, mais veulent rester anonymes. Bertrand a 28 ans, il est assistant parlementaire depuis les dernières élections de 2014.

    « Il y a plusieurs assistants, bien souvent chez les eurosceptiques, qui ont finalement un peu traîné dans la boue toute une profession. Les assistants parlementaires sont des jeunes, bien souvent, qui se lèvent très tôt et qui bossent de 8h du matin au plus tard à 8h du soir au plus tôt. C’est ce que je fais tous les jours. »

    Conseil politique, relations presse, rédaction des discours, gestion de l'agenda, du courrier de l'eurodéputé... Il faut être polyvalent et travailler dans l'ombre, explique l'assistant. Alors, peut-on cumuler un tel poste avec celui de conseiller municipal ou charge de communication ? « Ça me parait difficile de cumuler les deux. Mais en tout cas je pense que ceux qui font ça, la plupart du temps sont à mi-temps, s’ils le font. Et ensuite, il y a des règles. »

    Cet autre assistant parlementaire, âgé de 26 ans, estime que c'est une question d'organisation. « Si c’est autorisé, c’est que c’est possible. Après, encore une fois, ça dépend énormément de l’organisation des bureaux, des taches que le parlementaire va confier à son assistant, etc. Avec une bonne organisation, en soi c’est possible. »

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