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    La France mènerait sa propre guerre contre les jihadistes français de Mossoul

    media Des membres de l'armée irakienne, au nord-ouest de Mossoul, le 5 mai 2017. REUTERS/Danish Siddiqui

    En France, un article du Wall Street Journal fait polémique dans les milieux de la défense. Selon les journalistes américains, les forces spéciales françaises feraient appel depuis des mois à l'armée irakienne pour éliminer les jihadistes français installés à Mossoul. Une partie de l'armée irakienne serait donc employée comme un sous-traitant afin de mener des exécutions extrajudiciaires. Des accusations rejetées dans l'entourage des forces spéciales, lequel entourage précise que la priorité reste « d'arrêter et de capturer ces jihadistes », mais reconnait qu'il y a bien un échange d'informations avec les troupes irakiennes.

    Selon le Wall Street Journal, les forces spéciales françaises mènent leur propre guerre dans les rues de Mossoul, cherchant à retrouver la trace des français jihadistes installés dans cet ancien bastion de l'organisation Etat islamique.

    A en croire des officiers irakiens interrogés par le journal, des Français, sous l'uniforme irakien, recherchent et localisent les cibles qui les intéressent, mais ce sont les soldats irakiens qui, d'une certaine manière, « terminent le travail » en les éliminant physiquement.

    Dans la ville de Mossoul, les forces anti-terroristes irakiennes (ICTS) et les forces spéciales françaises ont le même ennemi : Daech. A Paris, on rappelle régulièrement que « la France ne vise les jihadistes français en tant que Français, mais en tant que membre de l'organisation Etat islamique ». « Quand la France vise un chef français, c'est avant tout parce que la position qu'il occupe dans l'organisation fait de lui une cible suffisamment importante pour qu'il soit éliminé » résume une source militaire.

    Avant la bataille de Mossoul, les services français disposaient d'informations très claires de l'organisation des français jihadistes à Mossoul : là où ils vivaient, dans quel immeuble, quel appartement, etc... Tout ou une partie de ces informations ont certainement été transmises aux forces irakiennes, que les Français appuient dans la reconquête de Mossoul.

    Jihadistes français

    A la lecture de l'article du Wall Street Journal, on peut s'interroger. Les Français ont-il vraiment donné une liste de cibles (HVT) à l'armée irakienne pour qu'elle fasse le travail ? La réponse est venue ce matin de Paris. Pour le porte-parole de l'état-major des armées, le colonel Patrick Steiger, « la mission des forces spéciales est de conseiller et d'appuyer les forces irakiennes ».

    Une source proche des forces spéciales, interrogées par RFI, assure « qu'aucune liste de ciblage n'a été transmise ». En revanche, ce qui arrive souvent, c'est qu'après une bataille menée par la coalition, les Français essayent d'identifier les restes des combattants jihadistes pour trouver des indices ou vérifier si tel ou tel chef n'a pas péri dans l'affrontement. Ces informations sont capitales, et peuvent avoir des répercussions directes sur la sécurité des Français.

    Mossoul, prise par l'organisation Etat islamique en 2014, a abrité par le passé le jihadiste français Abdelilah Himiche alias Abu Souleymane, ancien légionnaire devenu chef de brigade jihadiste. « Ces hommes auraient été dispersés et envoyés se battre dans les premières heures de la bataille de Mossoul-Est » indique à RFI un spécialiste des questions jihadistes. Autre cas de radicalisation : Maxime Hauchard, le Normand converti parti faire le jihad sous le nom d'Abu Abdallah, devenu l'un des bourreaux de Daech.

    Il y a également Rachid Kassim, qui a téléguidé des actes de terrorismes sur le sol français, dont probablement les attaques sanglantes de Magnanville et de Saint-Étienne-du-Rouvray. Rachid Kassim a été tué dans une frappe de drone en février dernier. Il s'agissait d'une élimination ciblée, à la demande des Français et avec l'aide des Américains.

    Au nom de la « légitime défense collective »

    Pour l'Irak, la France assure être intervenue au nom de la « légitime défense collective »: le droit pour l'Irak de faire appel à des alliés pour se défendre face à une agression, c'est à dire contre Daech. Sauf que l'organisation Etat islamique n'est pas un Etat, même si en 2014 elle disposait de moyens militaires comparables à ceux d'une armée étatique. Le ministère français de la Défense estime donc que « c'est le droit des conflits armées qui s'applique » et donc le jihadiste français en Irak est un « combattant » alors que c'est un justiciable dès lors qu'il arrive sur le sol français.

    Depuis janvier 2015, la justice française considère que ceux qui ont rejoint la Syrie ou l’Irak et qui ont participé aux combats ont systématiquement des projets terroristes en France, donc qu’ils entrent dans la catégorie « association de malfaiteur terroriste criminelle » passible de 30 ans de prison.

    Sur le terrain, la France maintient qu'elle ne fait pas de listes de Français à éliminer. Elle refuse d'ailleurs le terme « d'élimination ciblée », même si des bombes françaises ont très certainement déjà tué des jihadistes français en Irak ou en Syrie. Enfin, il faut bien reconnaitre que personne ne sait si les arguments du ministère de Défense tiendrait longtemps si la famille d'un jihadiste venait à porter plainte contre le soldat français ayant tué l'un de ses proches au Levant. Le cas ne s'est jamais présenté.

    Dans l'article du Wall Street Journal, un haut responsable irakien conclut : « Les Français préfèrent s'en occuper ici, parce qu’ils ne veulent pas avoir à le faire chez eux en France. »

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