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    France

    La droite et (surtout) la gauche se noient sous la déferlante macroniste

    media Comme beaucoup d'autres socialistes, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis (ici le 4 janvier 2017) a été sèchement éliminé dès le premier tour des législatives. REUTERS/Christian Hartmann

    Jean-Christophe Cambadélis, Benoit Hamon, Henri Guaino : on compte par dizaines les noms des ténors du Parti socialiste (PS) et des Républicains (LR) qui n’ont même pas passé le premier tour des législatives. Tour d’horizon de ces personnalités reléguées au second plan de la vie politique française, alors qu’ils en étaient les principaux artisans depuis des années.

    Le minimum de 400 sièges annoncés pour La République en Marche (LREM), le parti du président de la République Emmanuel Macron, signifie une chose : l’hémicycle a été vidé de bon nombre de ses habitués, en tête desquels les grands noms du PS et de LR. Si Les Républicains, alliés au centriste de l’UDI s’en sortent mieux que le PS (21,56% des votes exprimés contre 9,51%), les deux partis sont en passe de réaliser leur plus faible score depuis leur création.

    La droite prend l’eau

    Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate centriste aux primaires de la droite et du centre fin 2016, est en ballottage défavorable face à un candidat LREM dans la 2e circonscription de Paris. Battue de 20 points, avec 18,13% des suffrages exprimés, NKM n’est pas la seule personnalité politique à avoir tenté sa chance dans la course à l’Elysée et à n’être pas assurée de faire partie de la nouvelle l’Assemblée.

    L’ancienne ministre de l’Ecologie peut toutefois se satisfaire d’avoir écrasé Henri Guaino : la plume très droitière de Nicolas Sarkozy est balayée dans la même circonscription, avec moins de 5% des votes exprimés. Dimanche, Henri Guaino a annoncé son retrait de la vie politique, non sans ressentiment vis-à-vis de son électorat qu’il qualifie de « bobo » ou encore de « pétainiste ».

    Autre personnalité de la droite mise en difficulté dans ces législatives : Eric Woerth. L’ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy arrive deuxième avec près de 7 points de retard sur la candidate LREM dans la 4e circonscription du Val d’Oise (nord-est de Paris). Ballottage défavorable pour Les Républicains aussi du côté de la 8e circonscription des Hauts-de-Seine (ouest de Paris) : le directeur de campagne d’Alain Juppé pendant la primaire de la droite et du centre, Gilles Boyer, arrive deuxième, et n’atteint même pas la moitié du score de son principal opposant, candidat pour LREM.

    Les troupes des Républicains et des centristes de l’UDI, qui représentaient 226 députés dans l’Assemblée actuelle, pourraient être deux fois nombreux dans le palais Bourbon version 2017. Pour l’heure cependant, il reste encore de nombreux candidats LR-UDI dans la course, et leur groupe parlementaire pourrait constituer le « premier parti d’opposition » à LREM, comme s’en réjouit avec retenue l’ancienne porte-parole de François Fillon pendant la campagne présidentielle, Florence Portelli, auprès du journal Le Monde.

    La gauche coule

    Aucun parti n’est épargné, mais les premières victimes de la vague macroniste sont les socialistes, qui pourraient voir les effectifs de leur groupe parlementaire divisés par dix, passant de 284 sièges à moins d’une trentaine.

    Les grands noms du parti de la rue de Solférino en ont pris pour leur grade. Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, candidat dans la 16e circonscription de Paris n’est ainsi même pas qualifié pour le second tour. Idem pour le candidat investi par la primaire socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, dont les 22,6% ne lui permettent pas de participer au prochain round.

    Dans certains départements, la déroute est complète. Au nord de Paris, en Seine-Saint-Denis, où le PS possédait huit des douze sièges de députés, les socialistes sont tous éliminés au premier tour, notamment au profit des candidats de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon (extrême gauche) et de LREM.

    ► Réécoutez nos éditions spéciales pour le premier tour des législatives

    Le naufrage est total également pour les anciens ministres de François Hollande. Si Najat Vallaud-Belkacem (Education nationale) peut s’estimer heureuse d’être en ballottage défavorable (deuxième derrière le candidat LREM avec 16,54% des voix dans sa circonscription de Villeurbanne, près de Lyon, dans le sud-est),tout comme Jean-Jacques Urvoas (Justice), largement distancé dans sa circonscription du Finistère, dans l'ouest (deuxième avec 20 points de retard sur le candidat LREM),  beaucoup de leurs anciens collègues ont pour leur part sombré :

    • Mathias Fekel, ex-Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur puis ministre de l’Intérieur pendant la fin du quinquennat Hollande (troisième dans la 2e circonscription du Lot-et-Garonne, sud-ouest)
    • Aurélie Filippetti, ex-ministre de la Culture devenue frondeuse (troisième dans la 1re circonscription de Moselle, nord-est)
    • François Lamy, ex-ministre délégué à la Ville (troisième dans la 1re circonscription du Nord) – qui a d’ailleurs fait preuve de son amertume sur Twitter, reprochant au gouvernement Hollande, dont il était membre, sa politique au cours du quinquennat

    • Christian Eckert, ex-secrétaire d’Etat au Budget (quatrième dans la 3e circonscription de Meurthe-et-Moselle, nord-est)
    • Pascale Boistard, ex-secrétaire d’Etat aux Personnes âgées (cinquième dans la 1re circonscription de la Somme, nord)
    • Kader Arif, ex-ministre des Anciens Combattants (cinquième dans la 10e circonscription de Haute-Garonne, sud-ouest)

    Outre La République en Marche, c’est souvent la France insoumise qui a damé le pion aux socialistes. C’est notamment le cas à Marseille, où le député sortant Patrick Mennucci a été éliminé dès le premier tour, battu notamment par le leader de LFI lui-même, Jean-Luc Mélenchon.

    Et sur les ruines du quinquennat Hollande, les écologistes n’ont pas non plus trouvé de quoi reconstruire. Pour preuve, les anciennes ministres du Logement écologistes Cécile Duflot (mai 2012-mars 2014) et Emmanuelle Cosse (février 2016-mai 2017) ont aussi été éliminées dès le premier tout, respectivement dans la 6e circonscription de Paris et dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis.

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