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    France

    France: la ministre des Armées Sylvie Goulard quitte le gouvernement

    media Sylvie Goulard renonce à être ministre des Armées à cause de l'enquête sur le MoDem. RFI / Pierre René-Worms

    La ministre française des Armées, Sylvie Goulard, a annoncé ce mardi 20 juin sa décision de ne plus faire partie du gouvernement. Elle affirme vouloir «démontrer librement» sa «bonne foi» dans l'enquête sur les assistants parlementaires qui vise son parti, le MoDem. Elle était attendue au salon aéronautique du Bourget ce mardi.

    Présente lundi dans les allées du salon aéronautique aux côtés du président Emmanuel Macron, Sylvie Goulard était à nouveau attendue ce mardi au stand du ministère de la Défense ainsi qu’au pavillon du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas). Les généraux et les colonels de l’armée de l’air avaient mis leur plus belle chemisette blanche pour l’accueillir, mais Sylvie Goulard n’est pas venue et les journalistes ont reçu un communiqué sur leur téléphone portable expliquant qu’elle avait décidé de démissionner du gouvernement.

    Elle est rattrapée par l'enquête préliminaire concernant les conditions d’emplois des assistants au Parlement européen du MoDem dont elle est issue. « Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi (..)  L’honneur de nos armées ne saurait être mêlés à des polémiques », a-t-elle déclaré.

    Emmanuel Macron « respecte son choix »

    Sylvie Goulard devait porter au salon du Bourget un message sur la défense européenne et sur la consolidation des industries du secteur à l’échelle du continent. La nouvelle a donc totalement surpris les exposants français et étrangers venus au salon.

    Emmanuel Macron a « accepté » sa démission et « respecte son choix », a déclaré l'Elysée. Même son de cloche pour le garde des Sceaux, François Bayrou, qui respecte la décision « personnelle » de Sylvie Goulard, en l'assurant de sa « solidarité ».

    Bayrou et de Sarnez sous pression

    La décision de l'eurodéputée met en tout cas la pression sur les deux autres ministres MoDem du gouvernement. Marielle de Sarnez, chargée des Affaires européennes a laissé entendre dans Le Parisien qu'elle pourrait elle aussi partir: « Tout est ouvert pour moi, ma mission au gouvernement ou la présidence du groupe MoDem à l'Assemblée ». La pression est surtout maximale pour François Bayrou. Le ministre de la Justice s'est déjà fait recadrer la semaine dernière pour avoir fait pression sur les médias qui enquêtent sur cette affaire. Il est censé porter ce qu'Emmanuel Macron considère comme un texte fondateur: la loi de moralisation de la vie publique.

    Plusieurs noms circulent déjà pour remplacer Sylvie Goulard. D’abord, Jean-Pierre Raffarin, le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense au Sénat. Mais aussi Gwendal Rouillard, tout juste élu député à Lorient et qui vient de rejoindre La République en marche. Il est membre de la commission de Défense de l’Assemblée et c’est un proche de Jean-Yves Le Drian, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.


    Les réactions à l'Assemblée

    A l'Assemblée ce mardi matin, il y avait beaucoup de journalistes pour accueillir l'arrivée des députés élus, notamment des novices de La République en marche. Mais cette rentrée parlementaire a été parasitée par la démission de Sylvie Goulard.

    Les députés de droite étaient peu nombreux et pourtant ils avaient beaucoup à dire. « Monsieur Bayrou doit démissionner » Le Républicain Eric Ciotti dénonce un « mélange des genres ». « Madame Goulard manifestement est impliquée dans une affaire qui concerne le Modem, présidé par monsieur Bayrou, lequel monsieur Bayrou est garde des Sceaux et a connaissance des éléments de l’enquête qui pourrait le viser. Donc on est dans un conflit d’intérêts, dans une confusion des genres qui est insupportable. »

    Les réactions sont beaucoup, beaucoup plus mesurées chez les nouveaux élus de La République en marche comme Gabriel Attal, député de 28 ans : « Je vous avoue vraiment que je n’ai aucune info parce que ça a était annoncé quand je venais de rentrer, et je ne sais pas… »

    Entre réponse gênée et langue de bois, l'élu En marche! Guillaume Vuilletet fait tout de même passer un message : le renouveau va encore prendre du temps. « Ça ne peut pas être simplement le coup d’éponge sur le tableau noir. Il y aura en effet des choses qui témoignent, avec des partis politiques qui existaient avant, et dont il va falloir changer les habitudes. Donc qu’il y ait un feu de traîne, oui, c’est sans doute le cas. Oui, nous allons écrire une nouvelle page, avec de nouvelles règles. »

    Si certains émettent des réserves sur l'avenir des ministres Modem, tous saluent l'arrivée programmée de Richard Ferrand à la tête du groupe parlementaire, pourtant, lui aussi, est sous la pression d'une enquête de la justice pour favoritisme.

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